Pathogen threat and unfamiliar males rapidly bias the social responses of female mice.

Kavaliers, M., Colwell, D.D., Cloutier, C.J., Ossenkopp, K.-P., et Choleris, E. (2014). « Pathogen threat and unfamiliar males rapidly bias the social responses of female mice. », Animal Behavior, 97, p. 105-111. doi : 10.1016/j.anbehav.2014.09.006  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Il apparaît de plus en plus clairement que la menace de pathogènes influe sur les préférences et les réponses sociales. En outre, chez les humains, la présence d’étrangers accroît la sensibilité à la menace de pathogènes, ce qui favorise la préférence pour les membres de son propre groupe et l’évitement des individus extérieurs à celui ci. On ne sait pas très bien si un effet similaire du contexte social sur les réponses à la menace de pathogènes existe chez d’autres espèces animales. Nous montrons ici que les réponses de souris de laboratoire femelles, Mus musculus, aux mâles sont elles aussi rapidement affectées par la présence de mâles non familiers ou infectés. Des souris femelles ─ animaux dont les réponses sociales appétitives et aversives sont déterminées par des signaux olfactifs ─ brièvement (1 min) exposées aux odeurs urinaires d’un mâle non familier ont par la suite plus nettement montré une aversion pour les odeurs de mâles subcliniquement infectés par le nématode Heligmosomoides polygyrus. Inversement, une brève exposition aux odeurs de mâles infectés a atténué les réponses des femelles aux odeurs des mâles non familiers normalement préférés, et accru leur préférence pour les mâles familiers. Ces résultats vont dans le sens du concept de socialité « assortative » (assortative sociality), la présence d’une menace de pathogènes et d’individus non familiers incitant les femelles à plutôt préférer les individus familiers et non infectés (préférence pour les membres du groupe, correspondant chez l’humain à l’ethnocentrisme) et à éviter les individus non familiers (évitement des individus extérieurs au groupe, correspondant à la xénophobie). Ainsi, comme chez les humains, l’information sociale associée à la présence d’une infection peut rapidement modifier les préférences sociales normales des souris femelles. Ces changements rapides des préférences sociales pourraient avoir des implications pour la compréhension de l’évolution des interactions sociales et de la composition des groupes.

Date de modification :