Climatic indicators for crop infection risk: Application to climate change impacts on five major foliar fungal diseases in Northern France.

Launay, M., Caubel, J., Bourgeois, G., Huard, F., Garcia de Cortazar-Atauria, I., Bancal, M.-O., et Brisson, N. (2014). « Climatic indicators for crop infection risk: Application to climate change impacts on five major foliar fungal diseases in Northern France. », Agriculture, Ecosystems and Environment, 197, p. 147-158. doi : 10.1016/j.agee.2014.07.020  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Étant donné que les conditions météorologiques ont une incidence importante sur la fréquence et la gravité des maladies des plantes cultivées, on peut obtenir des indications précieuses pour la planification des activités agricoles grâce aux outils permettant d’évaluer la pression exercée par les champignons pathogènes et de déterminer quelles cultures sont possibles à l’échelle régionale en fonction des conditions climatiques projetées pour l’avenir. La présente étude visait à élaborer deux indicateurs climatiques, soit l’efficacité moyenne de l’infection et le nombre de jours d’infection, dans le but de quantifier les effets possibles des conditions météorologiques sur la fréquence et la gravité des infections. Nous avons d’abord établi une fonction d’infection simple et continue afin de rendre compte des variations de la température quotidienne et de la durée d’exposition à l’humidité. Nous avons ensuite paramétré cette fonction au moyen d’ensembles de données publiés sur cinq grandes maladies fongiques touchant des cultures du nord de la France : la jambe noire (phoma) chez le colza oléagineux, le mildiou chez la pomme de terre, le mildiou chez la vigne, la rouille des feuilles chez le blé et la rayure réticulée chez l’orge. Enfin, nous avons calculé l’efficacité moyenne de l’infection et le nombre de jours d’infection pour le passé récent (1970–2000) et pour la période 2070–2100 visée par le scénario climatique A1B. Nous avons constaté une diminution globale du risque d’infection par le mildiou, chez la pomme de terre et la vigne, pour tous les mois de la période au cours de laquelle les plantes hôtes sont sujettes à l’infection. Les différences observées étaient plus importantes pour les trois autres maladies, selon le degré de compensation entre température accrue et humidité moindre. Dans les conditions climatiques projetées pour l’avenir, les maladies surviendraient plus tard durant la saison, et la pression des maladies serait plus forte à la fin de l’automne. Au printemps, le risque d’infection lié aux conditions climatiques surviendrait plus tôt dans le cas de la rouille des feuilles chez le blé et de la rayure réticulée chez l’orge, mais la pression exercée par ces maladies serait plus faible au mois de mai. Ces résultats montrent qu’il est nécessaire d’utiliser une échelle infra-annuelle (mensuelle ou saisonnière) pour analyser de façon pertinente l’incidence du changement climatique sur le risque d’infection. Les indicateurs décrits peuvent facilement être adaptés à d’autres agents pathogènes et être utilisés pour la planification des activités agricoles à l’échelle régionale et à moyen terme, lorsqu’on a besoin d’outils d’aide à la décision pour prévoir les tendances futures et les risques de maladie qui y sont associés.

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