Le travail du sol et la fertilisation synthétique à long terme affectent le fonctionnement du sol et les rendements des cultures dans une rotation maïs–soya dans l'est canadien.

Ziadi, N., Angers, D.A., Gagnon, B., Lalande, R., Morel, C., Rochette, P., et Chantigny, M.H. (2014). « Le travail du sol et la fertilisation synthétique à long terme affectent le fonctionnement du sol et les rendements des cultures dans une rotation maïs–soya dans l'est canadien. », Canadian Journal of Soil Science, 94(3), p. 365-376. doi : 10.4141/CJSS2013-067  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L'adoption de pratiques de conservation peut induire des changements bénéfiques aux propriétés du sol et aux rendements des cultures dans laquelle l'ampleur varie en fonction des conditions du sol et du climat mais habituellement s'accroît avec le temps. Une expérience en champ de longue durée a été initiée en 1992 à L'Acadie au sud du Québec sur un loam argileux pour évaluer l'effet du travail du sol [labour conventionnel avec une charrue à versoir (LC) vs. pratique de conservation (PC)], de la fertilisation N synthétique (0, 80, et 160 kg N ha1) et de la fertilisation P synthétique (0, 17,5 et 35 kg P ha1) sur le fonctionnement du sol et le rendement en grains d'une rotation maïs–soya. Le travail du sol a été effectué à chaque année alors que l'application de fertilisants a été faite seulement à l'année de maïs. Les résultats obtenus après 12 à 20 années d'implantation ont indiqué que la PC a favorisé l'accumulation de C organique, la disponibilité du NO3-N, P et K, la biomasse et l'activité microbiennes, et la structure des communautés microbiennes dans la couche supérieure du sol, probablement en raison des résidus de culture laissés à la surface du sol. La pratique de LC a donné lieu à une plus grande teneur en C organique du sol en profondeur, près de la couche de labour ce qui a favorisé l'activité microbienne à cette profondeur. Par contre, les émissions de N2O du sol n'ont pas été affectées par le travail du sol. La fertilisation en N et P a augmenté la disponibilité de ces nutriments mais a eu un effet non significatif sur la biomasse, l'activité et la structure microbienne du sol. Des relations linéaires ont été établies entre le P disponible dans le sol et les bilans de P cumulatifs obtenus sous LC ou avec 0 kg P ha1 dans la PC. Les rendements des cultures ont varié annuellement dans cette étude mais en moyenne le LC a procuré 10% plus de maïs et 13% plus de soja que la PC. Le rendement du maïs a augmenté linéairement avec l'ajout de N synthétique à chaque année alors que le rendement du soya a été affecté par le N résiduel, et que les deux cultures n'ont pas répondu à la fertilisation phosphatée. La réponse au fertilisant azoté n'a pas été peu affectée différemment par le travail du sol ou la présence de P. Malgré les coûts plus élevés associés au labour, la rentabilité du LC était plus grande que sous PC dans ce loam argileux principalement en raison des rendements plus élevés. Des pratiques de gestion spécialisées (ex. semis différé, meilleure sélection d'herbicides, culture de couverture à l'automne, travail du sol sur le rang) pourraient aider à améliorer les performances en PC dans ces sols frais, humides et de texture fines.

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