Étude de la saturation en carbone dans les sols agricoles longtemps bonifiés avec du fumier.

Feng, W., Xu, M., Fan, M., Malhi, S.S., Schoenau, J.J., Six, J., et Plante, A.F. (2014). « Étude de la saturation en carbone dans les sols agricoles longtemps bonifiés avec du fumier. », Canadian Journal of Soil Science, 94(3), p. 281-294. doi : 10.4141/CJSS2013-012  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Habituellement, les sols agricoles s'avèrent plus pauvres en matière organique que les sols similaires laissés intacts, ce qui en réduit la fertilité. Les amendements organiques – le fumier, en particulier – renouvellent les réserves de matière organique, rendent le sol plus fertile et, éventuellement, séquestrent le carbone atmosphérique (C). L'application de la théorie de la saturation du sol en C permet d’établir quels sols pourraient stocker une grande quantité de C. La présente étude devait vérifier si cette saturation s'observe dans les sols de divers type des écosystèmes agricoles amendés pendant longtemps avec du fumier. À cette fin, les auteurs ont examiné le sol de parcelles agricoles de Chine et du Canada issu de sept expériences de longue haleine. Dans tous les cas, l'application de fumier augmente la concentration de C dans le sol brut, dans la fraction matière organique particulaire/sable et dans la fraction limon/argile. La régression asymptotique reposant sur les apports de C n'explique pas mieux la hausse de la concentration de C dans la fraction limon/argile que la régression linéaire, signe que cette fraction n'illustre pas le comportement de saturation en C. Néanmoins, 44% des valeurs calculées pour la charge de C dans la fraction limon/argile dépassaient la charge maximale présumée. On en déduit que cette valeur maximale pourrait être supérieure à 1mg de C par m2 dans de nombreux sols. L'influence des propriétés de la surface minérale du sol sur la concentration de C dans la fraction limon/argile dépend du site. Les fines particules de sol n'illustrent pas le comportement de saturation en C, sans doute parce que les apports en C courants ne compensent pas la forte carence au niveau de la saturation en C observée dans les sols intensément cultivés, ce qui pourrait vouloir dire que les sols de ce type continuent de servir de puits au carbone présent dans l'atmosphère.

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