Operant conditioning of urination by calves.

Vaughan, A., de Passillé, A.M.B., Stookey, J.M., et Rushen, J.P. (2014). « Operant conditioning of urination by calves. », Applied Animal Behaviour Science, 158, p. 8-15. doi : 10.1016/j.applanim.2014.06.009  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’accumulation de matières fécales et d’urine dans les fermes laitières est préoccupante pour la santé des bovins et des humains, de même que pour l’l’environnement. On admet généralement que les bovins n’ont pas de contrôle sur la défécation ni sur la miction. Nous avons voulu vérifier si on pouvait apprendre aux veaux à uriner à un endroit précis en procédant par conditionnement classique ou opérant. Vingt-quatre veaux femelles Holstein ont tour à tour fait partie d’un groupe traité et d’un groupe témoin (expérience 1 : n = 12; âge médian, écart = 39, 31 à 50 jours; expérience 2 : n = 12; âge médian, écart = 50, 29 à 64 jours). Pour l’expérience 1, nous avons appliqué une méthode de conditionnement classique, pour laquelle nous avons fait entrer les animaux dans une stalle où nous leur avons injecté un diurétique. Au cours de la période d’entraînement (jours 1 à 5), les veaux traités ont été placés de façon répétitive dans la stalle (150 cm × 45 cm × 120 cm), où on leur a injecté un diurétique par voie intraveineuse (0,5 mL/kg) afin de provoquer la miction. Au cours de la période de test (jours 6 à 15), les veaux ont été retenus dans la stalle pendant 10 minutes sans injection de diurétique, et nous avons alors enregistré la miction, la défécation et la vocalisation. On a suivi une procédure identique avec les veaux du groupe témoin, mis à part le fait que de l’eau saline a été utilisée à la place du diurétique. Au cours de la période d’essai, les veaux ayant subi un conditionnement classique n’ont pas uriné plus souvent que les veaux du groupe témoin (moyenne ± erreur type : 4,3 ± 1,28 vs 6,0 ± 1,41, pour les veaux du groupe traité et du groupe témoin, respectivement). Pour l’expérience 2, les veaux ont subi un conditionnement opérant. Les jours d’entraînement, ils ont été placés dans la stalle, ont reçu un diurétique par voie intraveineuse (0,5 mL/kg) et, lorsqu’ils avaient uriné, étaient libérés de la stalle et recevaient environ 250 mL de lait comme récompense. Les jours d’essai, ces veaux étaient placés dans la stalle, mais sans recevoir de diurétique; les veaux qui avaient uriné recevaient du lait; les veaux qui n’avaient pas uriné à l’intérieur de 15 minutes écopaient d’une « prolongation » de 5 minutes et ils recevaient un diurétique le jour suivant. Les veaux témoins, qui étaient reliés par un joug à un veau traité, n’ont jamais reçu de diurétique, mais ils ont été retenus dans la stalle tout comme les autres et ont reçu les mêmes « récompenses » ou « punitions » que leurs vis-à-vis sujets à un conditionnement opérant le jour précédent. Nous avons comparé les données sur la miction, la défécation et la vocalisation dans la stalle les jours d’essai concernant le groupe traité à celles du groupe témoin. Les veaux entraînés par conditionnement opérant avaient uriné plus souvent dans la stalle que ceux du groupe témoin (moyenne ± erreur type = 5,25 ± 0,95 vs 2,32 ± 0,52). Les résultats de notre expérience montrent qu’il est possible d’entraîner les bovins à uriner dans des endroits spécifiques à l’aide d’une méthode de conditionnement opérant.

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