Higher-level molecular phylogeny of darkling beetles (Coleoptera, Tenebrionidae).

Kergoat, G.J., Soldati, L., Clamens, A.-L., Jourdan, H., Jabbour-Zahab, R., Genson, G., Bouchard, P., et Condamine, F.L. (2014). « Higher-level molecular phylogeny of darkling beetles (Coleoptera, Tenebrionidae). », Systematic Entomology, 39(3), p. 486-499. doi : 10.1111/syen.12065  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les insectes représentent environ 60 % de toutes les espèces d’eucaryotes décrites à l’échelle mondiale, dont on estime le nombre à environ un million et demi. Les liens phylogéniques intra-ordres sont toutefois largement méconnus et demeurent à préciser chez la majorité des groupes d’insectes. C’est particulièrement vrai dans le cas des Coléoptères, l’ordre le plus riche en espèces, chez qui l’ADN a été séquencé chez moins de 4 % des espèces connues. Dans le cadre de cette étude, nous proposons un tout premier cadre phylogénétique des taxons de niveau supérieur fondé sur des données de séquençage de l’ADN pour la famille des Tenebrionidae, riche d’au moins 20 000 espèces. Même si les Tenebrionidae arrivent au septième rang de toutes les familles de Coléoptères pour ce qui est du nombre d’espèces, notre méconnaissance de la phylogénie et de la systématique de cette famille est telle que sa monophylie a été remise en question (tout comme celle des sous-familles et des tribus qu’elle contient). Dans le but de mieux comprendre l’histoire évolutive des Tenebrionidae, nous avons eu recours à diverses méthodes d’inférence phylogénétique (inférence bayésienne, maximum de vraisemblance et parcimonie) pour analyser un ensemble de données portant sur huit fragments de gènes chez 404 taxons (dont 250 espèces de Tenebrionidae). Même s’il n’englobe qu’une fraction des espèces connues de Tenebrionidae, le cadre phylogénétique ainsi obtenu fournit des informations importantes sur la systématique et l’évolution de la famille. Quelles que soient les méthodes utilisées, nos résultats appuient fortement l’hypothèse de monophylie de la famille et semblent attester la nature paraphylétique ou polyphylétique de plusieurs sous-familles et tribus importantes au sein de la famille, en particulier les sous-familles polyphylétiques Diaperinae et Tenebrioninae, pour lesquelles une révision approfondie s’impose. Les analyses phylogénétiques ont également mis en évidence certaines associations intéressantes chez plusieurs groupes, notamment le regroupement du genre Aphtora Bates avec les Phrenapatinae. Cette étude nous renseigne également davantage sur l’évolution du groupe et jette un éclairage nouveau sur certaines hypothèses controversées, notamment en ce qui a trait à la répartition relictuelle de la tribu des Elenophorini.

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