Accumulation des flavonoïdes pendant la croissance d’Achillea millefolium L. cultivée en milieu hydroponique.

Pedneault, K., Dorais, M., Léonhart, S., Angers, P., et Gosselin, A. (2013). « Accumulation des flavonoïdes pendant la croissance d’Achillea millefolium L. cultivée en milieu hydroponique. », Canadian Journal of Plant Science, 94(2), p. 383-395. doi : 10.4141/CJPS2013-282  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

L’usage de remèdes à base de plantes médicinales pour la santé a considérablement grandi, sur la planète entière, au cours des dernières décennies. Puisque la production en serre, en milieu hydroponique, autorise la normalisation des pratiques culturales, on pourrait recourir à cette technique pour atténuer les risques liés à la cueillette des plantes médicinales dans la nature, notamment la dispersion des espèces, les erreurs d’identification, l’adultération et une manutention peu hygiénique, tout en permettant l’obtention d’une grande quantité de biomasse non contaminée et uniformisée, à longueur d’année. Afin de mieux évaluer le potentiel de la culture hydroponique pour la production de plantes médicinales, les auteurs ont étudié le mode d’accumulation de l’apigénine, de la lutéoline, des glycosides de l’apigénine ainsi que de l’acide chlorogénique et de l’acide 5-cafféoylquinique dans les organes d’A. millefolium à cinq stades phénologiques, de 35 à 102 jours après les semis. Ils ont ensuite comparé ces résultats à ceux obtenus avec les plantes poussant au grand air, 122 jours après leur ensemencement. On constate l’existence de deux pics pour les flavonoïdes : le premier au début de la croissance (35 jours après les semis) et le second au début de la floraison (87 jours après les semis). Quatre-vingt-sept jours après l’ensemencement, la plupart des glycosides de l’apigénine se concentrent dans les racines (3,80 % P/P, selon le poids sec), tandis que l’apigénine et la lutéoline libres se retrouvent essentiellement dans les capitules de fleurs (1,25 % et 0,86 % P/P, respectivement, selon le poids sec). Le début de la floraison est le meilleur moment pour récolter la plante et recueillir la quantité optimale de flavonoïdes, c’est-à-dire le plus grand nombre de substances actives par plant et la biomasse la plus élevée en kilos par superficie cultivée. Cent-vingt-deux jours après l’ensemencement (4e stade phénologique), les plantes cultivées à l’extérieur étaient neuf fois plus petites que celles cultivées en milieu hydroponique au début de la floraison (87 jours après les semis), et la concentration de glycosides de l’apigénine dans leurs racines était cinq fois plus faible que celle relevée chez les plantes poussant dans des conditions hydroponiques. En conclusion, la culture hydroponique a raccourci de 29 % le temps nécessaire pour parvenir au quatrième stade phénologique, quand la concentration de composés bioactifs atteint son faîte chez la plante, comparativement aux achillées croissant en pleine terre. Par conséquent, la culture hydroponique constitue une bonne solution de rechange à la production au champ et pourrait donner une biomasse de plantes médicinales normalisée et de haute qualité, dont le rendement ne flavonoïdes approcherait 515 mg par plant.

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