Émissions de N2O d'un assolement de pomme de terre de deux ans pendant la période végétative, dans un environnement humide, au Nouveau-Brunswick (Canada).

Snowdon, E., Zebarth, B.J., Burton, D.L., Goyer, C., et Rochette, P. (2013). « Émissions de N2O d'un assolement de pomme de terre de deux ans pendant la période végétative, dans un environnement humide, au Nouveau-Brunswick (Canada). », Canadian Journal of Soil Science, 93(3), p. 279-294. doi : 10.4141/CJSS2012-115  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Peu d’études se sont intéressées aux conséquences de l'assolement sur les dégagements de N2O. L’étude que voici quantifie les émissions de N2O de sept rotations de deux ans de pomme de terre au cours d'une période de trois ans, soit de 2008 à 2010, la pomme de terre ayant été cultivée en 2008 et en 2010. Les auteurs ont également déterminé si on peut prévoir la fluctuation des émissions cumulatives de N2O durant la période végétative en recourant aux indices de disponibilité des nitrates [exposition aux nitrates (EN), une mesure temporelle intégrée de la concentration de nitrates dans la couche superficielle du sol], de disponibilité du carbone (dégagements cumulatifs de CO2 pendant la période végétative) et d'aération (espace moyen des pores remplis d'eau pondéré dans le temps). Durant la phase «pomme de terre» de la rotation, les émissions cumulatives de N2O mesurées pendant la saison de croissance en 2008 et 2010 ont considérablement varié (de 0,39 à 1,49 et de 0,81 à 2,03kg de N par hectare, respectivement), même pour les parcelles sur lesquelles on avait appliqué la même quantité d'engrais azoté (193kg de N par hectare). L'EN a respectivement expliqué 52 et 70% de la variation des dégagements de N2O observée durant la période végétative, pendant la culture de la pomme de terre, en 2008 et 2010. La quantité de carbone disponible a elle aussi une incidence significative sur les émissions de N2O, comme le révèle la hausse de ces dernières quand les résidus de la culture antérieure augmentent les dégagements de CO2 en début de saison. Une grande part (67%) de la variation des émissions cumulatives de N2O observée entre les cultures de l'assolement s'explique par l'EN. Le choix de la culture en rotation double presque l’écart (0,9–1,7kg de N par hectare) des émissions de N2O durant l'assolement de deux ans. Les assolements de soja, de ray-grass d'Italie, de trèfle rouge et de pomme de terre engendrent de plus fortes émissions de N2O que les assolements de maïs, de canola et d'orge pendant la rotation de deux ans. Néanmoins, la gestion des engrais azotés durant la culture de la pomme de terre et les autres phases de l'assolement pourrait exercer une aussi grande influence sur les émissions de N2O éventuelles que le choix de la culture proprement dite.

Date de modification :