Enteric methane emission, diet digestibility and nitrogen excretion from beef heifers fed sainfoin or alfalfa.

Chung, Y.-H., McGeough, E.J., Acharya, S.N., McAllister, T.A., McGinn, S.M., Harstad, O.M., et Beauchemin, K.A. (2013). « Enteric methane emission, diet digestibility and nitrogen excretion from beef heifers fed sainfoin or alfalfa. », Journal of Animal Science, 91(10), p. 4861-4874. doi : 10.2527/jas.2013-6498  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Nous avons utilisé huit génisses de race bouchère munies d’une canule dans deux courtes expériences séquentielles pour étudier les effets 1) du sainfoin, contenant des tanins végétaux condensés (TC), et de la luzerne, ne contenant pas de TC (ou d’un mélange de sainfoin et de luzerne contenant peu de TC); 2) du stade de maturité de la plante et 3) des effets de leurs interactions sur les émissions de méthane (CH4) entérique, la digestibilité de la ration et l’excrétion d’azote. Dans la première expérience, les légumineuses de la première saison de croissance ont été récoltées chaque jour et offertes fraîches aux génisses, qui recevaient soit du sainfoin à 100 % ou un mélange de 80 % de luzerne et de 20 % de sainfoin à la distribution. Nous avons mesuré la réponse des animaux aux stades de maturité végétale suivants : précoce (stade 2 à 3 : végétatif tardif à début bouton) et tardif (stade 5 : début floraison). Dans la deuxième expérience, les mêmes légumineuses ont été récoltées après la repousse (stade 4 : bouton avancé) et offertes comme foin aux génisses : sainfoin ou luzerne à 100 %. Dans les deux expériences, les génisses recevaient la quantité requise pour combler leurs besoins d’entretien. Lorsqu’elles ont reçu les fourrages frais (première expérience), la digestibilité des matières organiques du sainfoin était meilleure que celle du mélange luzerne-sainfoin (74,7 vs 70,9 %; P = 0,02), mais la digestibilité des protéines brutes (PB) avait tendance à être plus faible (73,2 vs 77,1 %; P = 0,059). Lorsque les légumineuses ont été consommées fraîches, il n’y a pas eu de différences entres les émissions de CH4 [25,9 g/kg de matière sèche ingérée ± 4,02 (erreur-type); 8.5 % de l’énergie brute consommée ± 1,26 (erreur-type); ou 36,8 g/kg de matière organique digérée ± 1,75 (erreur-type)] des vaches qui recevaient l’un ou l’autre type de plante. Les légumineuses fraîches étaient plus digestibles à un stade de maturité précoce qu’elles ne l’étaient à un stade plus tardif et, par conséquent, la quantité de CH4 entérique était plus élevée aux stades précoces (27,4 vs 24,4 g/kg de matière sèche ingérée; P < 0,004; 8,9 vs 8,1 % de l’énergie brute consommée; P < 0,008). Lorsque les légumineuses ont été consommées sous forme de foin (deuxième expérience), les matières organiques du sainfoin se sont révélées plus digestibles que celles de la luzerne (60,5 vs 50,3 %; P = 0,007), les protéines brutes, moins digestibles (64,2 vs 68,8 %; P = 0,004), et il n’y a pas eu de différence dans les émissions de CH4 (22,4 g/kg de matière sèche ingérée ± 1,29 (écart-type) et 7,1 % de l’énergie brute consommée ± 0,40 (écart-type). Selon les matières organiques digérées, les émissions de CH4 étaient plus faibles chez les génisses qui avaient consommé du sainfoin que chez celles qui avaient consommé de la luzerne (44,3 vs 59,0 g/kg; P = 0,008). Le pourcentage d’excrétion totale d’azote dans l’urine était inférieur chez les génisses qui avaient reçu le sainfoin que chez celles qui avaient reçu la luzerne, et ce, tant pour les plantes fraîches (première expérience) [74 vs 78 %; P = 0,017] que pour le foin (deuxième expérience) [64 vs 72 %; P < 0,001). Par ailleurs, la quantité d’azote totale excrétée dans l’urine était plus faible chez les génisses qui avaient reçu les légumineuses d’un stade de maturité plus avancé. En conclusion, par comparaison avec les génisses qui ont reçu le mélange de fourrages frais (luzerne à 80 % et sainfoin à 20%) ou le foin de luzerne (100 %) pour subvenir à leurs besoins d’entretien, chez celles qui ont reçu la ration d’entretien de sainfoin contenant des TC, une partie de l’excrétion d’azote est passée de l’urine aux matières fécales, sans qu’il n’y ait d’effet sur les émissions de CH4 entérique Comparativement aux légumineuses récoltées au début du stade de floraison, celles récoltées entre le stade végétatif tardif et le début du développement des boutons floraux ont donné lieu à une excrétion d’azote accrue ainsi qu’à des émissions de CH4 entérique plus importantes chez les bovins de boucherie recevant des rations d’entretien.

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