Towards an inventory of methane emissions from manure management that is responsive to changes on Canadian farms.

VanderZaag, A.C., MacDonald, J.D., Evans, L., Vergé, X.P.C., et Desjardins, R.L. (2013). « Towards an inventory of methane emissions from manure management that is responsive to changes on Canadian farms. », Environmental Research Letters, 8(3). doi : 10.1088/1748-9326/8/3/035008  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les émissions de méthane à partir des fumiers pourraient être substantiellement réduites. Les méthodes de quantification des émissions demeurent cependant approximatives et ne sont pas suffisamment détaillées pour rendre compte des changements dans les pratiques agricoles qui peuvent avoir une incidence sur les émissions. En prenant comme exemple la méthode canadienne d’inventaire des émissions, nous étudions trois aspects importants pour l’amélioration de la quantification des émissions : 1) obtenir des mesures d'émissions afin d'améliorer et de valider les estimations des modèles, 2) obtenir des données plus utiles sur les activités agricoles et 3) élaborer un modèle d'émission de méthane utilisant les données disponibles sur les activités agricoles. Au Canada, les enquêtes nationales réalisées sur la gestion du fumier manquaient d’uniformité et n’étaient pas conçues pour la collecte de données quantitatives. En conséquence, l’inventaire ne peut rendre compte de façon fiable des changements touchant les systèmes de gestion du fumier utilisés, ni même distinguer entre les fumiers stockés sous forme solide ou liquide. Pour régler le problème, nous avons réanalysé quatre enquêtes sur la gestion des exploitations agricoles menées au cours des dix dernières années et nous avons quantifié les changements dans la gestion du fumier qui pouvait être reliés à l’enquête agricole annuelle afin de créer une série chronologique continue. Dans l’industrie laitière d’une province, par exemple, le pourcentage de fumier stocké sous forme liquide (lisier) a augmenté de 300 % entre 1991 et 2006, ce qui a une grande incidence sur les émissions de méthane. En effet, le lisier émet plus de méthane que le fumier solide, mais ces émissions peuvent varier d’un ordre de grandeur, selon le mode de gestion du lisier. Même si l'on recueillait des données d'activité agricole plus complètes sur les systèmes de stockage de fumier, les recommandations par défaut du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne permettent pas de rendre compte adéquatement des effets des décisions de gestion des fumiers de façon à refléter les variations qui existent d’une exploitation agricole et d’une région à l’autre, dans les calculs d’inventaire. Nous proposons un modèle conforme au cadre établi par le GIEC, mais qui tient davantage compte de la gestion des fumiers grâce à une matrice de facteurs de conversion en méthane correspondant à des déterminants connus des émissions de méthane : température, temps de rétention et inoculum. Cette matrice serait alimentée par les données d'un modèle mécaniste d’émission de méthane vérifié par des mesures d'émission à la ferme. Pour appliquer ces facteurs de conversion en méthane, il faudra réanalyser les enquêtes agricoles afin de déterminer à quelle fréquence et à quels moments les ouvrages d’entreposage du lisier sont vidés, et il faudra continuer de recueillir régulièrement ces données. L’élaboration et la validation du modèle nécessiteront la réalisation de campagnes de mesure des émissions dans des exploitations agricoles représentatives pendant au moins un an ou un cycle de gestion du fumier (selon la plus longue des deux périodes). L’approche que nous proposons est une approche à long terme, mais elle est nécessaire afin d'établir les données de référence sur les émissions de méthane des divers systèmes de gestion des fumiers. Grâce aux améliorations proposées, l’inventaire des émissions associées à la gestion des fumiers tiendra mieux compte de l’évolution des pratiques des exploitations d’élevage au Canada.

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