Regulating biocontrol agents: a historical perspective and a critical examination comparing microbial and macrobial agents.

Sundh, Ingvar et Goettel, M.S. (2013). « Regulating biocontrol agents: a historical perspective and a critical examination comparing microbial and macrobial agents. », BioControl, 58(5), p. 575-593. doi : 10.1007/s10526-012-9498-3  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Depuis que les agents de lutte biologique microbiens ont été intégrés aux cadres de réglementation conçus à l’origine pour les pesticides chimiques, on s’aperçoit que ces cadres ne réunissent pas les conditions optimales pour l’évaluation et l’homologation des nouveaux produits de lutte biologique microbiens. Souvent, on affirme que cette situation a contribué à la lenteur relative de l’adoption des produits de lutte biologique microbiens. Contrairement à ces produits, les invertébrés non indigènes utilisés comme agents de lutte biologique sont réglementés dans bien des pays par des lois sur la quarantaine et la biosécurité destinées à empêcher l’introduction d’organismes exotiques, l’utilisation d’invertébrés indigènes comme agents de lutte biologique n’étant par contre généralement pas réglementée. Dans l’étude présentée ici, nous avons examiné les bases scientifiques qui pourraient étayer l’évaluation de ces deux grands groupes d’agents de lutte biologique dans des cadres différents. Nous comparons les risques potentiels des agents microbiens et des invertébrés, présentons une analyse rétrospective de l’élaboration et de la mise en œuvre des cadres de réglementation et comparons les exigences qui s’appliquent actuellement aux agents de lutte biologique microbiens à celles qui concernent d’autres applications faisant intervenir des microorganismes. Nous concluons entre autres que les risques écologiques sont de nature semblable pour les deux groupes d’agents de lutte biologique et que, dans les deux cas, l’évaluation de la sécurité environnementale la plus pertinente est celle gouvernée par les principes de la biologie et de l’écologie. Au point de vue de la santé humaine, la principale différence entre les agents de lutte biologique microbiens et les invertébrés utilisés comme agents de lutte biologique réside dans le fait que les agents microbiens peuvent causer des maladies infectieuses. Toutefois, nous n’avons trouvé aucune indication permettant d’affirmer que ce danger est plus grand dans le cas des microorganismes utilisés comme agents de lutte biologique microbiens que dans celui des microorganismes utilisés pour d’autres applications, pour lesquelles, en général, les exigences de la réglementation sont sensiblement moins strictes. Plusieurs projets internationaux ont permis de produire des lignes directrices utiles et des recommandations visant à simplifier l’évaluation et l’autorisation des agents de lutte biologique. À notre avis, tant que les agents de lutte microbiens seront évalués dans des cadres conçus à l’origine pour l’évaluation des produits chimiques, il restera un risque qu’un poids disproportionné soit accordé aux dangers chimiques et que les évaluations soient inutilement complexes. Nos conclusions nous amènent donc à voir d’un oeil favorable l’élaboration de nouveaux systèmes d’évaluation pour la réglementation des agents de lutte biologique microbiens; il pourrait être souhaitable d’envisager un cadre commun pour réglementer tous les agents de lutte biologique vivants. La recherche doit encore être approfondie sur certaines questions : il faudrait notamment déterminer dans quelle mesure l’utilisation des agents de lutte biologique microbiens entraîne l’augmentation de l’exposition des organismes non ciblés, caractériser la biogéographie et l’écologie microbienne d’agents de lutte biologique microbiens représentatifs et élaborer de meilleures méthodes pour l’évaluation des possibles propriétés toxiques et pathogènes des microorganismes dont on envisage l’utilisation comme agents de lutte biologique microbiens.

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