Incidence des précipitations durant la période végétative et du travail du sol sur l’absorption et la récupération de l’urée marquée au 15N par le blé de printemps en milieu semi-aride.

Malhi, S.S., Soon, Y.K., et Brandt, S.A. (2009). « Incidence des précipitations durant la période végétative et du travail du sol sur l’absorption et la récupération de l’urée marquée au 15N par le blé de printemps en milieu semi-aride. », Canadian Journal of Soil Science, 89(4), p. 403-411. doi : 10.4141/CJSS08060  Accès au texte intégral (en anglais seulement)

Résumé

Les précipitations durant la période végétative affectent la récupération du N, surtout en milieu semi-aride. Pourtant, on saisit mal l’influence de la répartition des précipitations durant la saison de croissance. Les auteurs ont entrepris une étude de sept ans (de 1997 à 2006) afin d’évaluer cette incidence ainsi que celle du non-travail du sol comparativement au travail du sol ordinaire sur l’absorption du N des engrais par le blé de printemps (Triticum aestivum L.) cultivé sur chaume et bonifié avec de l’urée marquée au 15N à raison de 40 kg de N par hectare, sur un tchernoziom brun foncé de la Saskatchewan, au Canada. Deux des sept années qu’a duré l’expérience se sont caractérisées par des précipitations proches de la normale durant la période végétative, une a connu des précipitations supérieures à la moyenne et quatre, des précipitations inférieures à la normale. Le travail du sol n’affecte pas la récupération du 15N par le blé, mais la quantité de 15N recouvrée dans les 15 premiers cm du sol s’établit en moyenne à 47 % sans travail du sol contre 39 % quand le sol est travaillé (P = 0,02). L’absorption du N total et du 15N est plus touchée par l’année, en raison de la répartition variable des précipitations pendant la période végétative. À l’exclusion d’une valeur ultra faible de 3,8 % (1,5 kg de N par hectare) en 2002, attribuable à une grave sécheresse, le blé récupère en moyenne 47,5 % de 15N (de 30 à 57 %), don’t 12 à 20 % venait du N des engrais. Les précipitations en mai présentent une corrélation significative avec l’absorption du 15N et du N total (r = 0,605 et 0,699, respectivement). La quantité de 15N récupérée dans l’épi est négativement corrélée aux précipitations en juin (r = -0,624), sans doute parce qu’une hausse de la teneur en eau accroît la minéralisation du N dans le sol, ce qui dilue la réserve de 15N. Durant le remplissage du grain, l’absorption du N du sol varie entre 12 et 30 kg par hectare, comparativement à une quantité négligeable (< 7 %) pour le 15N. On en déduit que dans cette région semi-aride, l’absorption du N des engrais subit plus l’influence des précipitations du mois de mai que des précipitations les autres mois de la période végétative.