Mesures d'urgence pour l'approvisionnement en eau en période de sécheresse

Plusieurs années de sécheresse consécutives dans les Prairies ont causé une pénurie d'eau et de fourrages dans de vastes régions de l'Alberta et de la Saskatchewan. En raison de cette pénurie de fourrages dans plusieurs régions, bien des agriculteurs ont déplacé leur bétail dans des terres cultivées dépourvues de source d'approvisionnement en eau ou dans des pâturages où les sources d'eau tarissaient.

Voici quelques-unes des mesures temporaires qui sont utilisées et recommandées par les éleveurs de bétail pour abreuver les animaux pendant les périodes de sécheresse :

  • Transport de l'eau
    Le transport de l'eau est souvent onéreux et laborieux, mais cette solution peut s'avérer la plus pratique en cas de pénurie temporaire d'eau. Les frais de transport sur cinq kilomètres, au moyen d'un réservoir de 1 250 gallons fixé à l'arrière d'un camion, s'élèvent à environ 35 $ par charge. Il en coûte environ 600 $ par mois pour abreuver 50 couples vache-veau. L'eau provient habituellement d'installations de chargement ou de puits avoisinants, ou de mares-réservoirs profondes.
  • Équipement de pompage d'urgence
    En cas d'urgence, on peut louer auprès d'organismes privés ou publics des Prairies de l'équipement de pompage d'eau, y compris des pompes et des tuyaux pour l'irrigation permettant de transférer l'eau de sources éloignées vers des mares-réservoirs asséchées.
  • Puits artésiens inactifs
    Des puits situés dans des terres agricoles abandonnées, qui n'ont pas servi pendant plusieurs années, peuvent être réactivés en installant de l'équipement de pompage. Des génératrices portables peuvent servir de source d'énergie d'urgence pour pomper l'eau.
  • Aqueducs portatifs
    Les aqueducs portatifs peuvent servir à approvisionner en eau les pâturages et les terres cultivées situés à quelques kilomètres de la source d'eau. Un aqueduc d'un kilomètre (environ 3 000 pieds) composé de tuyaux d'un pouce peut transporter plus de 22 litres d'eau (cinq gallons en système impérial) par minute, ce qui correspond à environ 5 455 litres (1 200 gallons) en quatre heures. Un kilomètre d'aqueduc, comprenant un système d'auge, coûte moins de 2 000 $. L'aqueduc peut être segmenté aux 100 mètres et doté de coupleurs de type « cam-lock » afin de pouvoir transporter le système vers d'autres sites.
  • Petites mares-réservoirs d'infiltration
    Des mares-réservoirs d'infiltration peuvent être creusées temporairement dans les champs où il existe des zones humides permanentes. Si cette zone humide est attribuable à une nappe phréatique à niveau élevé, il peut être possible d'utiliser une pelle rétrocaveuse pour creuser une petite mare-réservoir (environ 30 pi par 30 pi sur 10 pi de profondeur) permettant l'infiltration de l'eau. En clôturant la mare-réservoir et en pompant l'eau dans un auge avoisinant, cela empêchera le bétail de venir piétiner la mare-réservoir et de contaminer l'eau. L'eau doit être testée avant de commencer les travaux de creusage, car elle peut être trop saline pour le bétail.
  • Sources existantes d'approvisionnement en eau de surface
    Lorsque la qualité de l'eau le permet, les zones humides qui sont pratiquement asséchées et dont la profondeur en eau n'est que de trois à quatre pieds peuvent servir d'approvisionnement en eau à court terme. Ces zones doivent cependant être clôturées et dotées d'un système de pompage. Le bétail qui s'abreuve directement dans une zone humide peut la transformer presque instantanément en bourbier. Il est également facile de perdre un animal de valeur qui s'embourbe dans la boue. L'abreuvement à distance peut permettre de préserver la qualité de l'eau et de prévenir la perte de bétail.

Même si les longues périodes de sécheresse obligent les producteurs à se tourner vers des solutions de rechange temporaires, celles-ci ne visent aucunement à remplacer les sources d'approvisionnement en eau à long terme, à l'épreuve des sécheresses, dans les endroits où il faut se doter de sources d'approvisionnement en eau permanentes.

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