Les cultures de couverture : une solution pour protéger les Grands Lacs

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Les Grands Lacs du Canada représentent environ 20 % de la réserve d’eau douce mondiale. Nous sommes tributaires de cette réserve pour notre alimentation en eau potable, pour nos productions agricoles et nos activités nautiques de plaisance. C’est pourquoi il faut voir à conserver la propreté de l’eau des Grands Lacs. À cette fin, Xueming Yang, Ph. D., chercheur scientifique à Agriculture et Agroalimentaire Canada, s’efforce d’empêcher les éléments nutritifs excédentaires des terres agricoles d’aboutir dans les Grands Lacs. De plus, sa recherche peut servir à améliorer la qualité des sols et de l’eau partout au pays.

Les cultures sont fertilisées avec des engrais de synthèse pour leur fournir les éléments nutritifs essentiels dont elles ont besoin pour leur croissance. Or, après la récolte de ces cultures, des éléments nutritifs non utilisés sont encore présents dans le sol et peuvent causer des problèmes. En effet, les pluies peuvent transporter ces surplus à proximité des masses d’eau et favoriser la prolifération d’algues nuisibles qui asphyxient des zones aquatiques, dites zones anoxiques.

En étudiant la rotation maïs-soya-blé d’automne, une pratique courante dans la zone autour du lac Érié, le chercheur Yang et ses collègues ont trouvé que, selon le type de sol, jusqu’à 90 % de l’azote résiduel s’échappait du sol et aboutissait dans les cours d’eau, les rivières et les Grands Lacs, dans le sud de l’Ontario, polluant ainsi l’eau et entraînant la formation de zones anoxiques.

Heureusement, ils ont aussi trouvé une solution possible; l’utilisation de cultures de couverture dans les champs sous rotation maïs-soya-blé d’automne peut contribuer à absorber l’azote excédentaire. Bien que leurs études sur les cultures de couverture rustiques d’automne ne soient encore qu’aux premières étapes, ils ont constaté jusqu’à maintenant que les cultures de vesce velue et de trèfle rouge donnaient les résultats les plus prometteurs, en particulier si l’une culture de couverture est semée après la récolte du blé d’automne et que l’autre est semée en culture intercalaire dans le maïs.

« Ceci est vraiment important, car l’intégration de deux cultures de couverture dans une rotation maïs-soya-blé d’automne d’une durée de trois ans donne dans la biomasse de la culture de couverture une quantité significativement plus grande de carbone et d’azote. Ceci signifie que les cultures principales ont moins besoin d’apport d’azote de synthèse, et aussi que le sol contient moins d’azote excédentaire avant l’hiver, moment où l’essentiel du lessivage se produit. Cette pratique accroît aussi la matière organique et la biodiversité dans le sol, contribuant à améliorer la santé générale du sol. »

- Xueming Yang, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

En plus des bienfaits pour la santé de l’eau et des sols, ce système serait aussi plus économique pour les producteurs. La vesce velue et le trèfle rouge sont des légumineuses (Fabacées) dont les racines sont associées à des bactéries qui convertissent l’azote gazeux (N2) de l’air en ammonium (NH4+), une forme d’azote assimilable pour la plante hôte. Selon Yang, Ph. D., l’utilisation de cultures de couverture, comme la vesce velue et le trèfle rouge qui absorbent des éléments nutritifs de l’air, peut réduire substantiellement les dépenses des producteurs en azote de synthèse, en plus de fournir une source d’azote organique qui est acceptable en production biologique.

« Si un producteur conventionnel songe à se convertir au biologique, ce genre de système pourrait l’aider. Étant donné que la demande en produits frais biologiques monte en flèche ces dernières années, je crois que les producteurs et les consommateurs retireraient de grands avantages de l’utilisation d’un tel système. »

- Xueming Yang, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Il faut du temps pour améliorer la santé d’un sol, mais d’ici quelques années, le chercheur Yang et son équipe sauront plus précisément comment s’y prendre. Ils ont cependant bon espoir que les cultures de couverture qui sont capables d’absorber les éléments nutritifs excédentaires dans le sol, comme la vesce velue et le trèfle rouge, figureront au nombre des solutions pour protéger les Grands Lacs. En effet, ces cultures de légumineuses pourraient empêcher la formation de zones anoxiques, en plus d’être capables de fixer l’azote atmosphérique au profit des cultures.

« Nous essayons de réduire les impacts environnementaux et de mettre en place des systèmes agricoles plus verts et durables et qui pourront être adoptés par les agriculteurs. »

- Xueming Yang, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Principales découvertes (avantages)

Galerie de photos

Champ luxuriant de vesce velue au printemps.
Champs de vesce velue.
Trèfle rouge tout en verdure qui s’étend à perte de vue au printemps.
Champs de trèfle rouge.
Yang, Ph. D. devant la caméra dans un champ de maïs. Il tient dans sa main droite un épi de maïs qui est encore attaché à un plant de maïs sur pied.
Xueming Yang, Ph. D., menant ses travaux de recherche dans un champ de maïs.

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