Les chercheurs d’AAC découvrent une nouvelle bactérie dans le sol capable d’éliminer le désoxynivalénol (DON)

Pour planifier une entrevue

Relations avec les médias
Agriculture et Agroalimentaire Canada
1-866-345-7972
media.relations@agr.gc.ca

Durant des conditions particulièrement humides et pluvieuses, comme celles ayant touché de nombreux champs agricoles au Canada en 2018, certaines espèces de champignons prolifèrent et produisent des toxines qui contaminent le blé, l’orge et le maïs. Une des mycotoxines les plus courantes qui s’attaquent aux grains est le désoxynivalénol (DON), également appelé vomitoxine.

Une fois les grains contaminés par le DON, il est difficile d’éliminer cette mycotoxine, car le DON résiste au traitement thermique et aux méthodes de traitement courantes.

En outre, les grains contaminés par le DON sont impropres à la consommation humaine. Les grains contaminés par de petites quantités de DON peuvent être utilisés pour l’alimentation des ruminants, comme les vaches, mais des concentrations plus élevées rendent les grains toxiques pour les animaux également, entraînant des maladies et la perte de poids. Quoi qu’il en soit, la contamination des grains par le DON représente une perte économique pour les agriculteurs, tant sur les marchés nationaux qu’internationaux.

« La vomitoxine, ou DON, constitue un problème sérieux pour le maïs et d’autres cultures céréalières depuis longtemps, » affirme Ting Zhou, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). « En l’absence de solutions satisfaisantes, nous avons décidé d’essayer une approche nouvelle et créative. »

Les chercheurs d’AAC ont découvert une nouvelle espèce bactérienne dans le sol qui produit deux enzymes capables de convertir le DON en une forme non toxique. Leur approche novatrice concernant la conversion du DON à l’aide de méthodes biologiques offre une avenue viable pour l’élimination du DON à différentes étapes de la récolte. Étant donné les nombreuses possibilités quant à la méthode d’exécution et à l’application, cette découverte pourrait réduire ou éliminer les aspects négatifs du DON dans diverses industries.

« La bactérie et les enzymes capables d’éliminer le DON offrent une technologie novatrice pour résoudre ce problème récurrent et dévastateur. Elles peuvent être utilisées dans les traitements avant et après la récolte pour réduire efficacement les cas de contamination par le DON, ce qui est novateur. » – Ting Zhou, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Comparativement aux découvertes antérieures de bactéries capables d’éliminer le DON dans les grains contaminés, la nouvelle bactérie est plus efficace parce qu’elle n’a pas nécessairement besoin du DON comme source de nourriture pour croître. De plus, elle parvient à croître à des températures plus basses et en présence d’oxygène. Elle est donc tout à fait adaptée aux applications industrielles, puisqu’il serait éventuellement possible d’ajouter la bactérie, ou les deux enzymes purifiées seulement, aux grains récoltés en entreposage pour réduire la contamination à des concentrations acceptables pour les aliments pour animaux.

Ces recherches servent de fondement pour l’élaboration d’un traitement pour éliminer le DON dans les aliments pour animaux contaminés, plus particulièrement dans les systèmes d’alimentation liquide, dans le but de réduire la contamination à des concentrations acceptables à tous les points de vue.

« L’élimination des toxines, comme le DON, par des enzymes assure la sécurité de nos approvisionnements en aliments et en aliments pour animaux, ce qui se traduit par des retombées économiques importantes pour les agriculteurs canadiens. » – Sankaran KrishnaRaj, directeur, Recherche, développement et transfert de technologie, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Les prochaines étapes consisteront à établir des partenariats avec les industries pour mettre au point des produits commerciaux (microbes et enzymes) afin de lutter contre ce problème récurrent. Cette innovation d’AAC ouvre de grandes possibilités pour l’avenir des stratégies d’atténuation du DON.

Photographie

la description de cette image suit

Les chercheurs d’AAC, Ting Zhou et Xiu-Zhen Li, font des recherches
sur la nouvelle bactérie capable d’éliminer le désoxynivalénol (DON), également appelé vomitoxine.

Renseignements connexes

Date de modification :