Les agents de lutte biologique durable : une armée permanente sur le pied de guerre

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Le récent travail de recherche de la scientifique Roselyne Labbé, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), offre désormais une solution de protection des cultures accessible aux agriculteurs canadiens : une armée permanente sur le pied de guerre.

Mme Labbé et son équipe du Centre de recherche et de développement de Harrow ont mis au point une méthode pour protéger les cultures contre les ravageurs de façon plus durable. L’achat et la dissémination des agents de lutte biologique pour contrer les ravageurs occupent généralement une part substantielle des coûts engagés par les producteurs. Une fois leur mission accomplie, ces agents tendent toutefois à quitter les cultures, parce que leur source de nourriture, les ravageurs, est éliminée.

Dans l’optique d’accroître la colonisation des cultures, Mme Labbé propose notamment d’y introduire des aliments additionnels afin de soutenir les insectes désirables qui se nourrissent des ravageurs. Qui plus est, cette méthode prolonge la présence des agents bénéfiques dans les cultures et permet une approche de lutte biologique préventive plutôt que réactive.

« Personne n’adopterait un animal de compagnie pour ensuite le laisser mourir de faim, alors pourquoi le ferait on avec nos agents de lutte biologique? Il faut soutenir ces organismes de quelque façon que ce soit jusqu’à ce que les ravageurs gagnent naturellement le milieu. De plus, les agriculteurs peuvent maintenant offrir des ressources aux organismes bénéfiques sans causer de problèmes supplémentaires à leurs cultures. »

- Roselyne Labbé, chercheuse, Agriculture et Agroalimentaire Canada

L’équipe a travaillé avec deux agents de lutte biologique en particulier : Orius insidiosus et Dicyphus hesperus. Ces insectes se nourrissent tous deux de ravageurs nuisibles et sont indigènes à l’Amérique du Nord. En somme, les recherches ont confirmé qu’Orius jugule efficacement les invasions de thrips, tandis que Dicyphus fonctionne bien pour contrer la présence d’aleurodes. Ces deux prédateurs sont aussi reconnus pour se nourrir d’autres ravageurs.

Orius et Dicyphus ont été mis à l’essai en raison de la capacité du premier d’élire domicile dans un éventail de cultures (dont les poivrons, les concombres et les cultures ornementales), et de celle du second d’éliminer les ravageurs dans les plantes de tomates, une culture où il est particulièrement difficile d’implanter certains agents de lutte biologique, notamment Orius.

« Plusieurs insectes bénéfiques ont de la difficulté à s’établir dans les cultures de tomates, à cause d’obstacles physiologiques ou de la toxicité de celles-ci à leur égard. En introduisant rapidement des populations de prédateurs généralistes comme Dicyphus dans la culture, les producteurs peuvent prolonger la protection de leurs cultures serricoles. »

- Roselyne Labbé, chercheuse, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Durant l’essai, les œufs d’Ephestia et les kystes d’Artemia constituaient les sources alimentaires de prédilection de Dicyphus. Les kystes d’Artemia sont importants, car ils facilitent l’établissement de Dicyphus et constituent une source de nourriture peu coûteuse, mais à l’inverse, les œufs d’Ephestia, bien que très nutritifs, sont plus dispendieux. Ces derniers étaient, avec le pollen, la source d’alimentation de choix d’Orius.

« Il est évident que les aliments ne se valent pas tous en matière de survie et d’installation des différentes espèces prédatrices. Il était primordial, dans nos recherches, de pouvoir distinguer la valeur relative de chacun de ces aliments pour les prédateurs fréquemment utilisés au Canada. De cette façon, nos producteurs pourront choisir les aliments qui leur conviennent le mieux pour améliorer les mesures de protection de leurs cultures. »

- Roselyne Labbé, chercheuse, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Mis à part quelques détails qui restent à préciser, Mme Labbé affirme que les producteurs peuvent utiliser ce nouvel outil dès maintenant. Lorsque les prédateurs sont disséminés dans les cultures pour la première fois, il vaut mieux opter pour de la nourriture à haute teneur nutritive, tels les œufs d’Ephestia. Les sources alimentaires moins dispendieuses, comme le pollen ou les kystes d’Artemia, peuvent être utilisées par la suite.

Principales découvertes et avantages

Photos

Plan rapproché de l’insecte Orius insidiosus.
Le prédateur Orius insidiosus au stade adulte.
Le prédateur Dicyphus hesperus posé sur une feuille.
Le prédateur Dicyphus hesperus avant la maturité, à l’état de nymphe.
Une grappe de points blancs sur une feuille, qui sont en fait des œufs d’un papillon  		du genre Ephestia.
Des œufs de papillon Ephestia (aliment additionnel) sur une feuille de plante de poivron.

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