Le blé d’hiver de l’Ouest pourrait-il devenir le nouveau produit de qualité supérieure du Canada? Des progrès sont en cours pour concrétiser cette avancée

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Le blé d’hiver a de grands avantages environnementaux. Il contribue à réduire l’érosion par le vent et par l’eau, supplante de nombreuses mauvaises herbes et permet une économie générale d’énergie car il nécessite peu d’activités au champ.

Malgré ces avantages et les autres aspects positifs du blé d’hiver, le blé de printemps, particulièrement le blé roux de printemps de l’Ouest canadien (CWRS), est le type de blé le plus populaire dans l’Ouest canadien. Reconnu à travers le monde pour ses qualités meunière et boulangère, le blé CWRS atteint souvent un prix élevé sur les marchés mondiaux.

Le blé d’hiver est semé en automne et reprend sa croissance au printemps. Il peut donc profiter des pluies automnales et de la neige hivernale, contrairement au blé de printemps, qui, comme son nom l’indique, est semé au printemps.

Le blé rouge d’hiver de l’Ouest canadien (CWRW) a lui aussi des avantages intrinsèques que Robert Graf, chercheur scientifique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, veut utiliser comme fondement. Dans l’Ouest canadien, le blé d’hiver a un rendement grainier d’environ 25 % supérieur à celui du blé de printemps. Il présente une qualité meunière exceptionnelle et produit un pourcentage élevé de farine d’un blanc éclatant, à teneur en cendres faible (deux caractéristiques recherchées sur le marché), mais sa qualité boulangère n’est pas aussi bonne que celle du blé CWRS, de sorte que son prix est inférieur sur le marché.

Graf explique que l’objectif premier du projet est d’améliorer les revenus des producteurs, en réduisant l’écart entre le prix des deux types de blé. Pour combler cet écart, il veut mettre au point des variétés de blé d’hiver qui s’approchent davantage du blé de printemps, recherché par les boulangers et les meuniers. Ces résultats devraient idéalement entraîner une hausse du prix du blé d’hiver sur le marché.

« Les producteurs seraient plus enclins à cultiver du blé d’hiver s’ils pouvaient tirer de celui-ci un prix semblable à celui du blé rouge d’hiver de l’Ouest canadien, tout en obtenant un rendement de 25 % supérieur, car cela signifierait un énorme augmentation de leur revenu moyen. »

- Robert Graf, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Pour y arriver, Graf et son équipe ont travaillé en vue d’accroître la concentration en protéines du grain, la force du gluten et le taux d’absorption d’eau de la farine. Selon Graf, l’une des principales difficultés a été de trouver des lignées parentales de blé d’hiver convenables; il a exploré le matériel génétique de partout dans le monde, mais aucune lignée de blé d’hiver ne combinait toutes les améliorations recherchées.

Graf affirme qu’il faut beaucoup de patience, un œil aiguisé et un peu de chance. Il a examiné des milliers de lignées expérimentales de blé à l’affût des qualités recherchées autant par les producteurs que par les transformateurs finaux. Il a méthodiquement croisé ces lignées pour graduellement en combiner les caractères recherchés et a ainsi mis au point des lignées parentales dont il a sélectionné un certain nombre. Son équipe a inscrit un premier prototype à des essais d’enregistrement; bien que le grain de celui-ci ne possède pas encore la qualité de celui du blé CWRS, il présente des progrès majeurs et constitue une plateforme pour les améliorations futures.

Graf prédit que des variétés de blé d’hiver d’une qualité semblable à celle du blé CWRS pourraient être mises à la disposition des producteurs de l’Ouest canadien au cours des dix prochaines années.

« Dans le domaine de l’amélioration du blé d’hiver, il s’écoule généralement 12 à 15 années entre le croisement et la mise en production. Dans le cas du présent projet, nous ne disposions pas vraiment des parents nécessaires pour débuter le processus d’amélioration. Actuellement, nous sommes sur le point de pouvoir commencer à réaliser certaines de ces avancées. »

- Robert Graf, chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Une fois que ce blé d’hiver amélioré aura été mis au point, les producteurs de l’Ouest canadien disposeront d’une nouvelle option pour accroître leur revenu, et le Canada pourra maintenir son excellente réputation de producteur de blé de qualité.

Principales découvertes

  • Une équipe de chercheurs d’Alberta tente de combiner les qualités meunière et boulangère supérieures du blé de printemps aux rendements élevés et aux avantages environnementaux du blé d’hiver.
  • Lorsqu’il sera disponible, ce nouveau type de blé d’hiver de qualité supérieure permettra aux producteurs d’accroître leurs revenus tous en maintenant la qualité du grain produit.

Galerie de photos

Robert Graf agenouillé dans un champ de blé, regardant la caméra avec une gerbe de blé à la main.
Robert Graf examine une lignée de blé expérimentale.
Vastes champs contenant des lignées généalogiques de blé d’hiver.
Lignées généalogiques expérimentales de blé d’hiver.

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