Les abeilles n’apportent pas que le pollen à la serre

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Ça bourdonne dans les serres de fruits et de légumes – et ce ne sont pas que les abeilles qui se font entendre pendant qu’elles aident à la pollinisation.

Ça bourdonne aussi entre producteurs : l'utilisation des abeilles comme vecteurs fait beaucoup jaser d'elle comme solution de rechange de lutte contre les maladies et les insectes phytoravageurs qui soit efficace, écologique, rentable et non chronophage.

L’utilisation des abeilles comme vecteurs fait appel à l'activité naturelle de butinage des abeilles pour épandre les biopesticides directement aux plantes. Les biopesticides contiennent des spores vivantes d’un champignon trouvé dans la nature qui combat les maladies et les ravageurs trouvés couramment dans les cultures de fruits et de légumes. Seules d’infimes quantités de biopesticides sont utilisées, et celles-ci ne sont pas néfastes pour les abeilles, ni les plantes, les travailleurs des serres ou les consommateurs, mais elles sont efficaces pour maîtriser les diverses moisissures, les aleurodes, les pucerons, les thrips et les punaises du genre Lygus.

Ce processus novateur de transfert a été mis au point par des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et l’Université de Guelph.

"Les serriculteurs peuvent réaliser des économies considérables sur les coûts de la main-d’œuvre, car ils n’ont plus besoin de demander à des ouvriers d’épandre le produit. En outre, les abeilles transportent d'infimes quantités de biopesticides précisément là où c’est nécessaire, de sorte qu'on utilise une moindre quantité du produit, ce qui est rentable et respectueux de l'environnement."

– Les Shipp - Agriculture et Agroalimentaire Canada (retraité)

Comment une abeille devient-elle vecteur?

En biologie, un vecteur s'entend de tout ce qui disperse quelque chose d'un endroit à un autre.

Pour faire un vecteur avec une abeille, des plateaux de poudre de spores vivantes biopesticides sont placés aux sorties de la ruche. Au moment de quitter la ruche, les abeilles doivent marcher sur le plateau, et ramassent ainsi une petite quantité de poudre avec leurs pattes. Elles épandent ensuite les spores sur les feuilles, les fleurs et les fruits pendant qu'elles effectuent leurs activités naturelles de butinage, devenant ainsi des vecteurs, du plateau à la plante. Les spores germent, se développent et tuent éventuellement leur cible.

Bien que cela puisse sembler simple, il a fallu beaucoup de travail pour trouver le bon équilibre entre l'épandage d'une quantité suffisante de biopesticides par les abeilles pour qu'ils soient efficaces, mais sans nuire à leurs activités naturelles ou modifier le rendement des cultures.

Le processus a été peaufiné et approuvé par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada en 2013 à titre de produit de lutte biologique contre les insectes, permettant ainsi aux producteurs commerciaux d'utiliser et de perfectionner la technologie écologique.

Miser sur les abeilles

Cette recherche a déjà permis d’obtenir un certain rendement des investissements; en effet, une nouvelle entreprise a été établie en 2013 et travaille activement dans l’ensemble du Canada et aux États-Unis pour produire et commercialiser cette nouvelle technologie d’épandage.

Les scientifiques d’AAC poursuivent leurs recherches pour découvrir de nouveaux biopesticides qui peuvent être disséminés par les abeilles. Ils pourront aider à lutter contre d’autres menaces présentes dans les serres de cultures de fruits et de légumes, tout en améliorant les effets sur l’environnement et en permettant aux producteurs d’économiser temps et argent. Les essais récents visent à trouver des moyens de cibler les ravageurs dans les serres de poivrons et de tomates.

Dans l’avenir, les essais sur le terrain en cours permettront peut-être de déplacer la technologie à l’extérieur des serres et dans les champs de culture. Jusqu’à maintenant, les essais sur le terrain réalisés sur des cultures de tournesol et de pommes ont donné des résultats encourageants.

« Les technologies de recours aux abeilles comme vecteurs présentent un énorme potentiel pour les producteurs de poivrons et de tomates de serre. Nous cherchons à appliquer ces technologies à des cultures de serre comme les fraises, auxquelles s’attaque la maladie à l’origine du champignon Botrytis. Le recours aux abeilles comme vecteurs permettrait d’appliquer des produits antifongiques exactement là où se développent les champignons. C’est ce type de possibilité que nous souhaitons explorer. »"

– Roselyne Labbé (Ph. D.), Agriculture et Agroalimentaire Canada (chef de projet actuel)

Principales découvertes (avantages)

  • La technologie sur l’utilisation des abeilles comme vecteur a été mise au point par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), en partenariat avec l'Université de Guelph.
  • Les abeilles servent de véhicule, disséminant les biopesticides exactement là où ils sont le plus utiles, tout en n'étant pas néfastes pour les abeilles.
  • L’utilisation des abeilles comme vecteurs est écologique et rentable pour les cultivateurs, puisque seules d'infimes quantités de biopesticides sont utilisées.
  • La technologie de l'utilisation des abeilles comme vecteurs a été commercialisée et apporte une différence positive pour les cultivateurs au Canada et aux États-Unis. Des essais sur le terrain à l'extérieur des serres sont en cours.

Galerie de photos

La description de cette image suit
En quittant la ruche, une abeille recueille une quantité de biopesticides qu’elle épandra sur les fleurs, les fruits et les feuilles des plantes de la serre

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