Est-ce possible d’améliorer la production laitière de la truie?

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De nos jours, dans les élevages de truies au Canada, on retrouve des lignées génétiques hyper prolifiques. Ces truies donnent souvent naissance à plus de porcelets que le nombre de tétines qu’elles ont pour les nourrir et elles n’arrivent pas à produire tout le lait nécessaire à une croissance optimum de leurs porcelets. Chez les cochettes (truies ayant une première portée), plusieurs manifestent un problème de maigreur qui affectera le développement de leurs glandes mammaires, ayant un effet négatif sur la croissance des porcelets.

La chercheuse Chantal Farmer (PhD), du Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke, a dirigé de nombreux projets de recherche dans ce domaine. Réalisés avec divers collaborateurs de l’industrie porcine (Swine Innovation Porc, Ontario Pork, Trouw Nutrition, le Centre d’insémination porcine du Québec et l’Université de Guelph), ces travaux ont mené à des découvertes pouvant aider les producteurs à  maximiser la production laitière des truies.

Ainsi, il existe un indice important à évaluer pour assurer un rendement maximal  des glandes mammaires des truies en première lactation (1ère portée). Le producteur peut mesurer l’épaisseur du gras présent dans le dos des truies, aussi appelé gras dorsal, en fin de gestation. Mme Farmer a en effet démontré qu’il était directement lié à leur développement mammaire.

« Avoir trop de gras dorsal ou pas assez de gras dorsal en fin de gestation occasionne un développement réduit des glandes mammaires. Le niveau de gras dorsal idéal pour maximiser le développement mammaire de cochettes Yorkshire × Landrace se situe entre 17 et 26 mm. »

– Chantal Farmer, chercheuse scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada

C’est dans ces conditions que les truies peuvent avoir la meilleure production de lait possible pour leurs petits.

Mais que peut faire le producteur lorsqu’il note un gras dorsal sous les 17 mm chez une cochette en fin de gestation même si elle est bien nourrie? Doit-il, après la mise bas, retirer 1 ou 2 porcelets des truies démontrant des signes avant-coureurs de maigreur pour les passer à des truies plus grasses, et ce afin de réduire la demande de lait de leur portée? Ce n’est pas si simple. En effet, d’autres résultats de recherches menées par Mme Farmer démontrent qu’une tétine non utilisée pendant la première lactation d’une truie produira moins de lait lors de sa deuxième lactation (2ème portée). Selon elle, « les tétines qui ont été utilisées en première lactation ont un développement mammaire accru par la suite. Elles produisent donc plus de lait que les tétines qui n’ont pas été utilisées en première lactation. »

Ces travaux montrent aussi que lorsqu’une tétine a été utilisée au moins deux jours en première lactation, le développement mammaire lors de la gestation suivante n’est pas affecté à la baisse. Il suffit donc que l’éleveur s’assure que les truies ayant une première portée aient un petit porcelet pour chacune de leurs tétines au minimum pendant les deux premières journées suivant la mise bas. Il sera possible ensuite de retirer des porcelets des truies démontrant des signes de maigreur, et ce sans affecter leur potentiel futur de lactation.

Ces découvertes offrent des possibilités nouvelles de grande valeur pour les fermes spécialisées en élevage de truies. La mesure de l’épaisseur de gras dorsal des truies en fin de gestation et la nécessité d’utilisation de toutes les tétines pendant au moins deux jours après la mise bas, sont des outils faciles à mettre en place et qui peuvent faire une réelle différence.

En utilisant ces nouveaux principes de régie de maternité, les éleveurs de truies au Canada pourront aider leurs truies hyper prolifiques à produire dès leur première portée autant de lait qu’elles en sont capables, sans hypothéquer leur potentiel de lactation futur. Du même coup les porcelets auront un taux de croissance accru grâce aux glandes mammaires utilisées au meilleur de leur capacité. Ces nouvelles façons de faire permettront d’augmenter la rentabilité des fermes porcines canadiennes.

Principales découvertes (avantages)

Photographies

Une photo de la chercheuse Chantal Farmer, tenant dans ses mains une copie de son livre The Gestating and Lactating Sow.

Chantal Farmer, Ph.D., éditrice du livre The Gestating and Lactating Sow, et récipiendaire du prix ‘’Canadian Society of Animal Science Fellowship’’.

Gros plan de l’abdomen d’une truie allaitant ses porcelets.
Une truie allaitant ses nombreux porcelets.

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