Conservation des précieuses ressources génétiques avicoles canadiennes : vous pouvez aider

La génétique avicole : quel est le risque?

Pour assurer la durabilité et la compétitivité à long terme de l'industrie de la volaille canadienne, il est essentiel de conserver la diversité des ressources génétiques avicoles du Canada.

Jusqu'ici, les productions de volaille industrielles ont été axées sur la création de races et de lignées commerciales possédant d'excellentes caractéristiques de croissance et de productivité, c'est-à-dire, produisant plus de chair et d'œufs en consommant moins de nourriture. Cette optique a amené l'industrie à n'exploiter qu'un nombre relativement limité de lignées commerciales dont la diversité génétique est inconnue.

Les races patrimoniales de volaille (c'est-à-dire les races qui existaient avant les années 1950) constituent un riche réservoir de gènes déterminant des caractéristiques comme la résistance aux maladies, la tolérance au stress, des profils uniques de flaveur des œufs et de la chair et une robustesse accrue. Or, selon Rare Breeds Canada, bon nombre des races patrimoniales sont rares et sont menacées de disparition.

Jusqu'à tout récemment, l'élevage était le seul moyen de préserver ces races patrimoniales, ce dont les aviculteurs et les éleveurs amateurs se chargent surtout, maintenant. Toutefois, l'élevage de petits troupeaux peut favoriser la consanguinité, l'appauvrissement génétique et l'augmentation des troubles de santé. Par ailleurs, élever plusieurs races dans une même exploitation peut mettre en péril leur pureté génétique. En plus des coûts élevés associés à l'élevage de races vivantes, ces facteurs ont poussé les intéressés à chercher des solutions technologiques et innovatrices rentables pour la conservation du matériel génétique avicole. Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), la Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme, Rare Breeds Canada et l'industrie ont piloté les travaux recherche à cet effet.

Le risque est évident. Sans une solution viable, l'industrie canadienne pourrait voir disparaître une partie importante de la diversité génétique avicole.

Une solution : la vitrification

Même si l'on ne peut pas envisager d'abandonner complètement l'élevage, le Canada doit malgré tout se doter d'un système complémentaire pour éviter de perdre un potentiel intéressant et assurer la contribution des races patrimoniales aux productions de volaille modernes. Dans le cas des espèces mammaliennes, le système utilisé est la cryoconservation, un procédé de congélation lente qui permet de conserver le matériel génétique (sperme, embryons ou tissus reproducteurs) à température ultra-basse dans l'azote liquide (-196°C).

Malheureusement, avec le sperme de volaille cryoconservé décongelé, le taux de fécondation est très faible.

Une percée technologique

Une équipe de chercheurs du Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique d'AAC à Agassiz (Colombie-Britannique), a réussi à adapter une nouvelle technique de conservation à basse température, appelée vitrification, pour conserver les gonades (c'est-à-dire les organes reproducteurs) de volaille mâles et femelles dans l'azote liquide.

À la différence de la cryoconservation, la vitrification est un procédé de refroidissement ultra­rapide des tissus : en théorie, les tissus ne sont pas congelés (il ne se forme pas de cristaux de glace), mais plutôt maintenus dans un état vitreux, comparable à celui du verre, à température ultra-basse. Pour être appliquée à la volaille, cette technique a été perfectionnée au moyen de diverses races de poulets et de cailles.

La régénération des lignées de volaille consiste à implanter par chirurgie les gonades vitrifiées décongelées chez un oiseau receveur, celui-ci, quel que soit son bagage génétique, produit alors une descendance de la race recherchée.

Le programme de vitrification aviaire à Saskatoon

Les experts en vitrification font maintenant partie du Programme canadien des ressources génétiques animales (PCRGA) dirigé par Carl Lessard (Ph. D.). Le PCRGA, une initiative conjointe d'AAC et de l'Université de la Saskatchewan à Saskatoon, élargit son mandat pour :

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