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La caméline : un potentiel sur l’étagère

La valeur des banques de gènes

Il est important de noter la collaboration internationale des banques de gènes étant donné qu’une grande partie des ressources génétiques actuelles de la caméline a été recueillie et préservée par l’Institut Vavilov, en Russie, il y a plusieurs années. Si ce n’était pas pour des banques de gènes, cette précieuse ressource génétique ne serait pas facilement accessible aujourd’hui pour répondre aux besoins actuels.

« On aurait beaucoup de difficulté, et ce serait extrêmement dangereux et coûteux de recueillir ce matériel aujourd’hui puisque la plupart de ces cultures ont été recueillies des régions de l’Europe de l’Est et en Asie occidentale, soit des régions volatiles sur le plan politique, a signalé M. Gugel. Nous ne pouvons jamais oublier que c’est grâce au dévouement et à la passion du personnel de l’Institut Vavilov qui a protégé la caméline et d’autres ressources génétiques durant le siège nazi de Leningrad pendant la Deuxième Guerre mondiale. »

De nombreuses personnes dans l’industrie agricole ont entendu parler de Camelina sativa ou caméline, ancienne culture oléagineuse européenne qui présente de grandes possibilités pour l’agriculture canadienne.

Quelles sont au juste ces grandes possibilités? La caméline exige moins d’eau que le canola, subit une maturation précoce, et cette culture pousse dans les climats frais. De plus, elle convient bien comme matière première de bioproduits, par exemple le bioplastique dans le domaine des emballages, et peut servir de complément alimentaire ou de produit alimentaire destiné à la consommation humaine, ou alors d’aliment pour animaux riche en protéines destiné aux bovins, aux poissons, à la volaille et au porc.

Au Canada, la majorité des connaissances liées à la cameline découle du travail dévoué de nombreux chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). En 2013, une équipe de recherche publique-privée dirigée par Isobel Parkin, Ph.D. a réalisé le séquençage du génome de la caméline (en anglais seulement), mais bien avant cette réalisation, les chercheurs d’AAC M. Richard Gugel et M. Kevin Falk, Ph.D. ont dépoussiéré cette semence et lui ont donné vie.

Au bon endroit, au bon moment

La caméline est cultivée depuis des milliers d’années en Europe et Asie, et est arrivée au Canada en 1863. À plusieurs reprises, elle est considérée comme étant une culture commerciale. Ce n’est qu’en 1999 qu’elle s’enracine fermement dans l’esprit des chercheurs du Centre de recherches de Saskatoon d’AAC. Le Centre abrite également les Ressources phytogénétiques du Canada (RPC), et une équipe de sélectionneurs d’oléagineux est au courant du succès de la culture sœur de la caméline, c’est-à-dire le canola.

En tant que banque de gènes, les RPC conservent un dépôt d’information de différentes semences et autre matériel génétique. Les scientifiques régénèrent régulièrement les graines entreposées pour s’assurer que celles-ci sont toujours viables et recueillent des données de caractérisation des graines et des plantes en croissance pour ajouter de la valeur à la collecte. En 1999, Richard Gugel, conservateur aux RPC fait pousser de la caméline dans des essais au champ et consigne son uniformité, sa maturité précoce, l’absence de maladies et de problèmes parasitaires et sa performance agronomique relativement bonne dans son ensemble. Par ailleurs, les résultats les analyses d’huile, de protéines et d’acides gras sont prometteurs.

Parallèlement, on assiste à une vague d’enthousiasme pour les matières biologiques industrielles (à la fois l’huile et l tourteau). L’industrie a besoin d’une culture qui ne se croise pas avec d’autres cultures oléagineuses ou qui se combine à d’autres marchés des oléagineux et contamine facilement les cultures. Le moment était bien choisi de retirer la caméline du rayon et de l’intégrer au laboratoire de recherche.

Mise au point de nouvelles lignes

M. Kevin Falk, (aujourd’hui à la retraite), qui avait créé des variétés de canola de type polonais et de la moutarde éthiopienne (carinata), a accepté de travailler sur la caméline avec M. Gugel en tant que projet secondaire. À la suite de quelques essais au champ visant à évaluer ses qualités agronomiques et la qualité des semences, ils obtiennent les fondements d’un programme de sélection.

De premiers résultants prometteurs permettent à M. Falk d’obtenir le soutien de l’industrie nécessaire afin de poursuivre les recherches sur la caméline. La première variété issue s’appelle Midas, nom donné en raison de la couleur jaune dorée vive de l’huile.

Sans le travail de M. Gugel et M. Falk, ces graines de caméline seraient probablement toujours restées sur les étagères de la banque de gènes. À l’heure actuelle, la caméline est prête à germer, à pousser et à contribuer à l’industrie grâce à ces inventeurs d’AAC.

Et qui sait? Il y a probablement d’autres cultures préservées dans des banques de gènes qui n’attendent qu’on les retire des étagères pour les découvrir. Pas si mal du tout pour un projet secondaire!

Recherches sur la caméline

Aujourd’hui, les scientifiques d’AAC continuent de développer une culture pour le paysage agricole du Canada.

Christina Eynck (Ph.D.), à Saskatoon, met à l’essai de nouveaux cultivars dont les semences sont de plus gros calibre. Les scientifiques Dwayne Hegedus (Ph.D.) et Isobel Parkin (Ph.D.) ont collaboré avec des chercheurs de l’Université Dalhousie et de l’Université Mémorial à un projet portant sur l’utilisation de protéines et d’huile de tourteau de caméline dans l’alimentation des poissons d’élevage. L’étude a démontré que l’huile de caméline est suffisamment nutritive pour remplacer toutes les huiles de poisson dans les aliments pour poissons, ainsi qu’une partie des farines de poisson. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a approuvé le remplacement à 100 % de l’huile de poisson par l’huile de caméline dans l’alimentation des poisson. D’autres recherches sont en cours.

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Midas, développé à AAC, au début de la floraison.
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Pépinière de caméline au Centre de recherché de Saskatoon d’AAC à la fin juillet 2013.
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