Profil du secteur de l'agriculture, de l'alimentation et de la pêche - Irlande

Mars 2016

Personne‑ressource : Mme Gerry Mongey
Ambassade du Canada à Dublin
Déléguée commerciale
Dublin, Irlande


Contenu


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Aperçu du secteur

L'industrie agroalimentaire est la plus ancienne et la plus importante industrie nationale de l'Irlande. Elle comprend l'agriculture primaire, la production d'aliments et de boissons, la pêche et la foresterie. On estime que le secteur exporte jusqu'à 90 % de sa production dans quelque 175 pays. La production agricole est dominée par le bœuf et le lait (69 % de la production agricole totale). La valeur totale des exportations irlandaises à destination du Canada est d'environ 1 milliard d'euros (13 % touchent les animaux et les aliments), alors que l'Irlande importe pour 345 millions d'euros de produits canadiens (15 % touchent les animaux et les aliments).

En 2015, l'Irlande a importé pour environ 7,4 milliards d'euros de produits alimentaires, de boissons et d'animaux vivants. Les principales catégories d'aliments et de boissons importés sont les fruits et les légumes (15,5 % des importations totales d'aliments, de boissons et d'animaux); les céréales et les préparations à base de céréales (13,6 %); la viande et les préparations à base de viande (12,9 %); les aliments pour animaux (10,5 %); les boissons (10,5 %); les produits laitiers et les œufs (9,3 %); le café, le thé, le cacao et les épices (7,3 %). Les sources principales d'importation sont la Grande-Bretagne (42 %) et l'Union européenne (UE) (42 %).

Exploitations et terres agricoles

L'Irlande a une superficie totale de 6,9 millions d'hectares, dont 4,5 millions sont utilisés pour l'agriculture et 0,73 million pour la foresterie. Pour ce qui est de la superficie agricole, 92 % de celle‑ci est recouverte d'herbe et le reste (8 %) est consacré aux cultures. Les principales cultures céréalières sont l'orge (70 %), le blé (24 %) et l'avoine (6 %). Le pays compte 6,9 millions de bovins (vaches laitières et bovins de boucherie), 5,2 millions de moutons et 1,5 million de porcs. On y trouve près de 140 000 exploitations agricoles, dont la taille moyenne est de 33 hectares. Toutefois, quelque 111 000 agriculteurs ont reçu des paiements du Department of Agriculture, Food and the Marine (ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Mer) (DAFM) en 2014, ce qui constitue une mesure plus précise du nombre d'agriculteurs actifs dans le pays.

L'âge moyen des producteurs est de 56 ans. Seulement 6,2 % des agriculteurs ont moins de 35 ans, tandis que 51 % ont plus de 55 ans (et 26 %, plus de 65 ans). Selon les données sur les paiements du DAFM, 4,7 % des agriculteurs ont moins de 35 ans et 30 % ont plus de 65 ans (moyenne de l'UE : 10 % des agriculteurs ont moins de 35 ans et 30 % ont plus de 65 ans).

En Irlande, seulement 37 % des exploitations agricoles sont considérées comme économiquement viables (production laitière et travail du sol principalement). Trente‑et‑un pour cent (31 %) des fermes sont viables en raison d'un revenu non agricole (dans 75 % des exploitations agricoles, les agriculteurs ou leur conjoint retirent des revenus non agricoles d'un emploi, d'une rente ou de la sécurité sociale), tandis que les 32 % restants sont économiquement vulnérables (élevage de bovins et d'ovins principalement).

Emploi et exportations

Le secteur agroalimentaire emploie directement quelque 169 000 personnes. L'agriculture primaire représente 5,7 % de l'emploi national, une proportion qui passe à 8,5 % pour l'ensemble du secteur agroalimentaire. Toutefois, l'agriculture primaire représente 8,1 % des exportations par rapport à 12,3 % pour le secteur agroalimentaire global. L'effet multiplicateur de la croissance et de l'investissement dans le secteur des produits agroalimentaires et des boissons est quatre à cinq fois plus important en matière d'emploi direct que l'investissement direct étranger. La moitié des exportations agroalimentaires proviennent d'entreprises nationales irlandaises. Le secteur agroalimentaire dépense 9,6 milliards d'euros en matières premières, qui proviennent de l'Irlande dans une proportion de 75 %, et 3 milliards d'euros en services (dont 55 % sont obtenus de l'Irlande).

En ce qui concerne les produits alimentaires irlandais, les principaux marchés d'exportation sont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays‑Bas et la Chine. Le Royaume-Uni représente 40 % des exportations d'aliments et de boissons, tandis que le reste de l'UE représente 31 % de ces exportations. La valeur des exportations d'aliments et de boissons en provenance de l'Irlande a augmenté de 51 % entre 2009 et 2015 (par rapport à une croissance de 27 % pour toutes les autres exportations). En tant que principal marché d'exportation, le Royaume-Uni offre une occasion unique, alors que la population devrait compter 10 millions d'habitants de plus d'ici 2030 (l'Irlande est le principal fournisseur d'aliments et de boissons du Royaume-Uni). L'Irlande est le plus important exportateur net d'ingrédients laitiers, de bœuf et d'agneau en Europe, et le plus grand exportateur de préparations en poudre pour les nourrissons dans cette région.

Les principales catégories d'exportations agroalimentaires sont : ingrédients et produits laitiers (30 %); bœuf (22 %); aliments préparés (17 %); boissons (12 %); autres viandes (12 %); produits de la mer (5 %). On estime que la valeur totale des exportations d'aliments et de boissons s'élève à 10,8 milliards d'euros, ce qui démontre le niveau élevé de production alimentaire et d'autosuffisance du pays. Les taux d'autosuffisance à l'égard des principaux produits agricoles sont les suivants : 1082 % pour le beurre; 689 % pour le bœuf; 687 % pour le fromage; 330 % pour la viande d'ovins; 276 % pour toutes les viandes; 207 % pour la viande de porc; 92 % pour les principales céréales; 77 % pour le blé.

En 2015, de grands changements se sont opérés sur le marché d'exportation : augmentation de 19 % des exportations en Amérique du Nord; hausse de 16 % des échanges commerciaux avec la Chine; hausse de 12 % des échanges commerciaux avec le Moyen‑Orient; recul de 14 % des échanges commerciaux avec l'Afrique (principalement attribuable à la réduction des exportations de produits laitiers et d'aliments préparés). Par ailleurs, les exportations en direction de la Russie ont chuté de 70 % en raison des suspensions commerciales.

Secteur des aliments et des boissons

Le secteur des aliments et des boissons représente un chiffre d'affaires de plus de 26 milliards d'euros, ou le quart de tous les produits manufacturés. Les statistiques suivantes montrent bien l'importance de ce secteur dans l'économie irlandaise : 73 % des matières premières irlandaises sont utilisées par le secteur des aliments et des boissons, tandis que les 27 % restants sont utilisés par tous les autres secteurs de fabrication. Le secteur compte environ 1200 entreprises, des petites et moyennes entreprises (PME) aux entreprises multinationales. Soixante‑douze pour cent (72 %) des entreprises emploient 50 personnes ou moins, et représentent 16,5 % de l'emploi total, faisant ressortir la petite échelle d'une grande partie du secteur. Plus de 70 % des entreprises d'aliments et de boissons appartiennent à des intérêts irlandais, et celles‑ci représentent plus de 60 % de l'emploi dans le secteur. Les entreprises non nationales sont généralement de grande envergure; par exemple, trois des principaux fabricants mondiaux de produits de nutrition pour nourrissons, à savoir Nestle, Abbotts et Danone, exploitent des installations de production en Irlande.

Secteur des fruits de mer

Le secteur comprend l'industrie de la pêche commerciale en mer, l'industrie de l'aquaculture et l'industrie de la transformation des fruits de mer. La flotte irlandaise de pêche en mer compte environ 1900 bateaux, dont plus de 90 % font moins de 15 mètres de long. Il y a 250 exploitations aquacoles et 170 établissements de transformation des produits de la mer. L'industrie irlandaise de la pêche se concentre dans les collectivités côtières où elle joue un rôle important dans l'économie locale. Le poisson frais représente les deux tiers du marché de détail irlandais, alors que le poisson congelé compte pour le tiers restant. En 2015, l'industrie des fruits de mer, qui fournit 11 000 emplois, a réalisé un chiffre d'affaires de 891 millions d'euros. Soixante‑deux pour cent (62 %) de la production est exportée. Les prises de poissons irlandaises représentent 4 % du nombre total de captures dans l'UE. Les exportations de fruits de mer en provenance de l'Irlande ont atteint 560 millions d'euros en 2015 (en hausse de 4 % par rapport à 2014). Les deux tiers des exportations de fruits de mer sont destinées aux pays de l'UE (France, Royaume-Uni, Espagne, Italie et Allemagne), alors que le reste est expédié vers d'autres pays (dont le Nigeria, le Cameroun, l'Égypte et la Chine).

En 2014, les importations totales de fruits de mer ont été de 224 millions d'euros. Parmi les produits importés, mentionnons les fruits de mer frais et congelés (36 %), les produits prêts à consommer (41 %) et les mollusques et crustacés (22 %). Les principales catégories de poissons frais ou congelés importés étaient le corégone (36 %), le saumon (31 %), le poisson pélagique (16,3 %) et d'autres espèces de poisson d'eau douce (16,3 %). Le poisson en conserve ou en pot (53 %), le saumon (23 %) et les produits prêts à cuire (17 %) dominent les importations de produits de poisson prêts à consommer. Les importations de mollusques et de crustacés ont augmenté de 17 % en 2014, surtout grâce aux augmentations de crevettes. La majorité des fruits de mer importés proviennent de la Grande-Bretagne (71 %), alors que la France (8,5 %), l'Allemagne (7,1 %), la Norvège (3,6 %) et l'Islande (1,8 %) sont d'autres sources importantes.

Distribution alimentaire

À l'instar d'autres pays européens, les principaux points de vente de produits alimentaires de l'Irlande sont : de nombreux supermarchés (Tesco, Dunnes Stores, SuperValu, Aldi, Lidl); des groupes (Costcutters, Londis, Mace); des détaillants indépendants (comme des dépanneurs); des magasins spécialisés; le secteur des services (hôtels, restaurants, entreprises). En Irlande, les modes de distribution alimentaire disponibles sont variés : service de transport personnel; service de transport à forfait; centres de distribution (pour les détaillants ou les entreprises de services alimentaires); libre‑service (grossistes); transport groupé ou en collaboration; distributeurs régionaux ou nationaux; distributeurs de services alimentaires. Le mode de distribution idéal dépend de chaque producteur et de chaque produit. L'éventail des fournisseurs est large dans toutes ces catégories, et le Bord Bia – Irish Food Board (organisme irlandais pour l'alimentation) est une référence utile pour les producteurs à la recherche d'options de distribution en Irlande (en anglais seulement). www.bordbia.ie

Recherche et développement

La plupart des activités actuelles de recherche et développement dans le domaine agroalimentaire sont des recherches « connexes » qui mettent à contribution les gouvernements, les établissements de recherche et l'industrie (p. ex. Food for Health Ireland, Dairy Processing Technology Centre). Le DAFM appuie et encourage la recherche et le développement en matière d'alimentation par divers moyens : octroi d'une subvention à Teagasc (Agriculture & Food Development Authority) ainsi qu'au Marine Institute (établissement de recherche et développement dans le domaine marin); programmes de financement de la recherche (recherche dans le secteur agroalimentaire et marin); laboratoires gouvernementaux. D'autres organismes participent à la recherche, dont Enterprise Ireland, Higher Education Authority, Health Research Board et Science Foundation Ireland. Bord Bia et Bord Iascaigh Mhara (organisme de développement pour les produits de la mer) participent également à des programmes de recherche et d'innovation sur les produits de consommation. Dans le secteur de l'enseignement, sept universités et treize instituts de technologie prennent part à des activités de recherche, individuellement et collectivement.

Principaux intervenants

Dans l'ensemble, le secteur agroalimentaire est caractérisé par des entreprises irlandaises et une faible proportion de propriété étrangère. Les terres agricoles appartiennent pour la plupart à des Irlandais, alors que les secteurs de la transformation des aliments et de la production primaire présentent un certain niveau de propriété étrangère. Voici ci‑dessous une brève description des principaux intervenants de l'industrie dans les secteurs laitier et bovin.

Trois grands transformateurs de bœuf (propriété privée) se partagent environ 70 % du marché.

  • ABP Food Group a un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros et compte 8000 employés. Le groupe exerce ses activités en Irlande, au Royaume-Uni et ailleurs dans l'UE.
  • Dawn Meats a un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros et emploie 3300 personnes. L'entreprise exerce ses activités en Irlande et approvisionne en viande toute l'UE.
  • Kepak transforme des bovins et des ovins et fabrique des produits de consommation, a un chiffre d'affaires de 850 millions d'euros et compte 2000 employés.
  • Une autre entreprise importante de traitement des viandes, Dunbia, a un chiffre d'affaires de 930 millions d'euros, compte 3250 employés et approvisionne en viande de bœuf, d'agneau et de porc les marchés de l'Irlande, du Royaume-Uni et le marché international.

Les entreprises de transformation de produits laitiers sont publiques; il s'agit de coopératives (dont les actionnaires sont des agriculteurs) ou d'entreprises publiques qui étaient à l'origine des coopératives. Kerry, Glanbia et Dairygold transforment environ 70 % de la production laitière. Voici une liste des principales entreprises de transformation de produits laitiers.

  • Kerry Group est une entreprise publique ayant un chiffre d'affaires de 5,8 milliards d'euros et comptant 24 500 employés, dont les activités principales sont la transformation de produits laitiers et la production alimentaire. L'entreprise a des bureaux en Europe, en Amérique, en Australie, en Nouvelle‑Zélande et en Asie.
  • Glanbia est une entreprise publique qui a un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros et qui emploie 5200 personnes. Ses activités sont concentrées dans les domaines des produits laitiers, des ingrédients alimentaires et de la nutrition. L'entreprise possède des installations de fabrication et de transformation dans sept pays et des bureaux dans 14 pays, et elle compte des coentreprises importantes aux États‑Unis, au Royaume-Uni et au Nigeria.
  • Dairygold, avec son chiffre d'affaires de 850 millions d'euros et ses 1150 employés, est la plus grande coopérative de l'Irlande, et sa principale activité est la fabrication de produits laitiers. Grande exportatrice de fromage sur le marché du Royaume-Uni, l'entreprise approvisionne Danone pour la production de ses préparations pour nourrissons.
  • Lakeland Dairies est la deuxième coopérative de transformation laitière en importance, transformant le lait en divers produits laitiers. La coopérative a un chiffre d'affaires de 625 millions d'euros et compte 580 employés.
  • Aurivo est une grande coopérative qui transforme le lait et exporte des produits de lait en poudre vers l'Afrique, le Moyen‑Orient et l'Extrême‑Orient. Elle a un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros et embauche 700 employés.
  • Carbery Group, qui appartient à quatre coopératives laitières, est active dans le domaine de la fabrication d'ingrédients alimentaires, de saveurs et de fromage. Le groupe exploite des établissements en Irlande, au Royaume-Uni, aux États‑Unis, au Brésil et en Thaïlande. Il compte 530 employés et son chiffre d'affaires est de 320 millions d'euros.

Ornua, Origin Enterprises et Greencore sont également des entreprises importantes. Ornua est une coopérative de 3100 employés avec un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, appelée autrefois le Irish Dairy Board. Elle exporte des produits laitiers dans plus de 90 pays. Ses marques les plus connues sont Kerrygold, Dubliner et Pilgrims Choice. Origin Enterprises est une entreprise publique qui fournit des intrants, des services à valeur ajoutée et des technologies (p. ex. aliments pour animaux et engrais) à l'industrie agricole. Elle possède également des intérêts conjoints dans des aliments de consommation et des protéines. L'entreprise, qui a un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros et compte 1400 employés, exerce ses activités en Irlande, au Royaume-Uni et dans d'autres pays de l'UE. Greencore est une entreprise publique qui fabrique des aliments prêts à servir (aliments réfrigérés, congelés et aliments d'ambiance) pour les marchés de l'Irlande, de l'UE et des États‑Unis. Elle possède des établissements de production au Royaume‑Uni et aux États‑Unis, a un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros et emploie 9800 personnes.

Difficutés dans le secteur et le marché

Rendement du secteur

La valeur des exportations irlandaises d'aliments et de boissons a augmenté de 3 % en 2015, pour s'établir à 10,8 milliards d'euros (6e année consécutive de croissance des exportations). Depuis 2009, les exportations ont connu une croissance de 51 % (3,7 milliards d'euros). Actuellement, 41 % des exportations d'aliments et de boissons sont destinées au Royaume-Uni, 31 % à d'autres marchés de l'UE et 28 % aux marchés internationaux. La croissance des exportations d'aliments et de boissons s'explique principalement par l'augmentation de la production dans des secteurs clés (produits laitiers, viande de porc), les taux de change favorables, les meilleurs prix de certains produits, l'inflation relativement stable des prix à la consommation et la compétitivité accrue de l'Irlande.

Croissance prévue du secteur

À court terme, Bord Bia s'attend à ce que : les prix des produits laitiers continuent de subir des pressions à la baisse; les volumes d'exportation de bœuf prennent une importance croissante; le marché de la viande de porc s'améliore. Les secteurs des boissons et des aliments préparés haut de gamme devraient offrir des débouchés, mais les pressions exercées par la concurrence pourraient limiter ces débouchés. La croissance de la consommation mondiale de produits laitiers et une croissance plus modeste de l'offre devraient contribuer à l'amélioration des rendements à plus long terme.

Selon la Stratégie FoodWise 2025 du DAFM, la valeur de la production primaire devrait croître de 65 %, pour s'établir à 10 milliards d'euros d'ici 2025. La Stratégie prévoit également une hausse de 85 % des exportations de produits agroalimentaires d'ici 2025, pour une valeur de 19 milliards d'euros par année. La croissance des exportations de produits laitiers, de bœuf, de fruits de mer, d'aliments et de boissons devrait contribuer à ces bons résultats. D'après la stratégie, il se créera jusqu'à 23 000 emplois directs de plus, et le nombre d'emplois indirects pourrait aussi augmenter.

Réforme de la Politique agricole commune (PAC)

La PAC de l'UE s'impose dans le secteur agricole irlandais sur le plan des politiques générales, des mesures particulières et du soutien financier. En 2014, les dépenses publiques totales du DAFM pour le secteur agroalimentaire étaient de 2,4 milliards d'euros. Les paiements versés aux agriculteurs ont totalisé 1,75 milliard d'euros, ce qui comprend le paiement unique par exploitation, ainsi que des paiements de programmes de développement rural et de foresterie, et des fonds structurels.

Dans le cadre de la dernière entente sur la réforme de la PAC, les pays membres de l'UE ont obtenu des assouplissements quant à la mise en œuvre de la réforme en vertu du pilier 1 (paiements directs et soutien des marchés) et du pilier 2 (développement rural). Le nouveau programme (2014‑2020) prévoit des dépenses de 12,5 milliards d'euros en Irlande, dont 8,5 milliards d'euros en paiements directs de l'UE, 2 milliards d'euros en financement de l'UE pour le développement rural et 2 milliards d'euros de fonds budgétaires nationaux pour le développement rural. La « convergence partielle » des paiements directs de l'UE contribue à ce que les paiements versés aux agriculteurs tendent vers une moyenne nationale et que tous les paiements atteignent au moins 60 % de la moyenne nationale d'ici 2019. Deux pour cent (2 %) des paiements directs nationaux pourront être alloués aux jeunes agriculteurs pour compléter leurs paiements actuels. Les jeunes agriculteurs peuvent aussi bénéficier d'une aide plus importante au titre des investissements en capital.

Politique commune sur la pêche (PCP)

La PCP de l'UE prévoit l'établissement de quotas pour chaque type de poisson pour tous les pays membres de l'UE, et encourage l'industrie de la pêche par des interventions au niveau du marché. La PCP comporte quatre éléments principaux : réglementer la production, la qualité, l'emballage et l'étiquetage; encourager les organismes de producteurs; fixer les prix minimums du poisson; établir des règles pour le commerce avec les pays qui ne sont pas membres de l'UE. La dernière réforme de la PCP est entrée en vigueur en 2014. L'industrie pourrait avoir des problèmes avec les restrictions de quotas, mais la politique favorise la conservation.

Programme Origin Green

Avec l'aide de l'industrie agroalimentaire, Bord Bia a travaillé à l'élaboration du programme Origin Green qui démontre, d'une manière vérifiable, les normes de qualité élevées et les méthodes de production durables des aliments en provenance de l'Irlande. Origin Green s'applique aussi bien aux exploitations agricoles qu'à l'industrie. En 2014, 75 % des exportations d'aliments et de boissons provenaient de membres vérifiés du programme Origin Green, tandis qu'on a de nouveau présenté une demande de vérification pour 20 % des exportations. Au niveau des exploitations agricoles, les agriculteurs participent aux systèmes d'assurance Beef and Lamb Quality Assurance Schemes et Sustainable Dairy Assurance Scheme.

Accord économique et commercial global (AECG)

Lorsqu'il sera mis en œuvre intégralement, l'AECG permettra d'éliminer 98 % des tarifs existants entre le Canada et l'UE, ce qui signifie que la plupart des produits agricoles et alimentaires seront exportés et importés par le Canada en franchise de droits. Toutefois, des quotas d'accès préférentiel sont en place pour certains produits, dont le bœuf, le porc et les produits laitiers.

Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI)

Le PTCI, qui fait actuellement l'objet de négociations entre l'UE et les États‑Unis, vise à éliminer les tarifs, à réduire la bureaucratie et à faciliter l'investissement. L'accord devrait offrir de nouveaux débouchés en matière d'exportations d'aliments et de concurrence pour les importations d'aliments (principalement des produits laitiers et transformés). Cependant, on s'inquiète de la concurrence accrue des producteurs de bœuf des États‑Unis. Le PTCI devrait permettre d'accroître les exportations agricoles irlandaises de 2 ou 3 % par rapport à 2013.

Forces

  • Bonne réputation et bonne image des produits alimentaires irlandais.
  • Normes élevées de santé animale, de salubrité des aliments, de traçabilité (du pâturage au consommateur) et d'assurance qualité en place; programme Origin Green auquel les producteurs primaires et l'industrie participent en grand nombre.
  • Avantage concurrentiel offert par les systèmes de production à partir d'herbe durables et à faible coût.
  • L'élimination des quotas laitiers a présenté des possibilités de croissance dans le secteur de l'élevage laitier, a fait augmenter le volume de lait pour les transformateurs et a amélioré les débouchés pour de nouveaux produits. Des investissements importants ont été réalisés par les exploitants agricoles et les transformateurs en vue de l'élimination des quotas laitiers.
  • La grande dépendance aux intrants nationaux réduit les coûts et la dépendance à l'égard des importations.
  • Image verte et propre des eaux de l'Atlantique.
  • Proximité des principales zones de pêche.
  • Les politiques de l'UE en matière d'agriculture et de pêche sont en place jusqu'en 2020.
  • Accès au marché unique de l'UE et, plus particulièrement, proximité du marché croissant du Royaume-Uni.
  • Marchés en développement et en croissance dans de nouveaux pays.
  • Cibles ambitieuses établies dans la stratégie FoodWise 2025, que le gouvernement et l'industrie s'efforcent d'atteindre.
  • Recherche agricole et services de vulgarisation de grande qualité.

Faiblesses

  • Petites exploitations agricoles et viabilité médiocre de nombreuses exploitations (forte dépendance aux paiements directs de l'UE), associées à une population agricole vieillissante.
  • Faible mobilité des terres en raison du fort attachement à la propriété foncière et de la réticence de certains producteurs à transférer leurs terres à d'autres agriculteurs actifs et à de jeunes agriculteurs.
  • Dépendance relative élevée à l'égard des produits de base du bœuf et du lait.
  • Caractère saisonnier accru de la production de lait (suivant l'élimination des quotas laitiers).
  • Grand nombre de petits bateaux de pêche.
  • Industrie de la pêche de petite envergure, sans grandes installations de transformation et absence d'un approvisionnement continu de poissons.
  • Intégration limitée des maillons de la chaîne de l'offre (à l'exception de l'élevage laitier) entre les producteurs et les transformateurs primaires.
  • Niveau élevé d'autosuffisance, petit marché national et forte dépendance à l'égard des marchés d'exportation.
  • Exposition à la volatilité des marchés d'exportation et aux fluctuations sur les marchés des changes.
  • La plupart des fabricants d'aliments et de boissons sont de petite taille, ce qui donne lieu à des pratiques non efficientes et à des coûts de distribution relativement élevés.
  • Vulnérable aux alertes alimentaires et aux crises internationales.
  • Intensification possible de la concurrence pratiquée par les producteurs de bœuf des États‑Unis.
  • L'agriculture joue un rôle important dans l'émission des gaz à effet de serre, et le secteur agricole subit des pressions pour réduire ses émissions.

Déterminiation des sous-secteurs

Secteur laitier

En 2015, le pays comptait environ 18 000 producteurs laitiers et 1,3 million de vaches laitières. Il existe 19 usines de transformation du lait, et les trois plus importants établissements de transformation sont Glanbia, Dairygold et Kerry, qui transforment environ 70 % de la quantité totale de lait. La croissance du secteur laitier en Irlande, comme dans d'autres pays de l'UE, a été limitée par le système des quotas laitiers appliqué de 1983 à avril 2015. La production de lait du pays devrait augmenter de 50 % par rapport aux niveaux précédant l'abolition des quotas d'ici 2020, mais les faibles prix du lait en 2015 et 2016 ont quelque peu ralenti la croissance (le volume a toutefois augmenté de 11 % au cours des dix premiers mois de 2015).

Les produits laitiers irlandais sont exportés dans 130 pays environ et leur valeur s'élève à plus de 3,2 milliards d'euros (une augmentation de la valeur de 4 %, en 2015, malgré la faiblesse des prix). La valeur des exportations de produits laitiers en provenance de l'Irlande a augmenté de 65 % entre 2009 et 2015. Les prix mondiaux élevés enregistrés en 2013 et les conditions météorologiques favorables ont stimulé la production mondiale qui, associée à une réduction de la demande en Chine et à l'interdiction russe visant les importations, a entraîné une baisse subséquente des prix, lesquels restent faibles en 2016.

L'Irlande compte pour 1 % de la production laitière mondiale, mais elle fournit 10 % des préparations pour nourrissons vendues dans le monde. Le volume de préparations pour nourrissons à destination de la Chine a doublé de 2013 à 2014. Dans l'ensemble, la Chine représente maintenant le deuxième marché d'exportation de produits laitiers en importance de l'Irlande (en 2008, la Chine se trouvait au 13e rang). La croissance des exportations de produits laitiers irlandais vers l'Asie se poursuit, totalisant maintenant 17 % des exportations de produits laitiers. Ces exportations montrent également des signes de croissance au Moyen‑Orient, en Afrique et en Amérique du Nord.

À l'heure actuelle, les produits laitiers les plus performants sont les produits laitiers en poudre nutritionnels et le beurre, bien que les tartinades laitières, le lactosérum, la mie de chocolat et le yogourt obtiennent aussi de bons résultats. La performance des exportations de produits laitiers en poudre nutritionnels reflète les investissements importants qui ont été réalisés dans l'industrie.

Secteur bovin

Le troupeau national irlandais compte un peu moins de 7 millions de bêtes, dont 1,3 million de vaches laitières. En 2014, plus de 1,6 million de bovins irlandais ont étés abattus, à savoir des bouvillons (38 %), des génisses (27 %), des jeunes taureaux (11 %) et des vaches (23 %). On trouve en Irlande une trentaine d'établissements de traitement des viandes où des bovins de boucherie destinés au marché d'exportation sont abattus. Quelque 236 000 bovins ont été exportés vivants en 2014.

L'Irlande a exporté pour 2,4 milliards d'euros de bœuf en 2015. Le bœuf représente 64 % de toutes les exportations de viande et de bétail, tandis que la viande et le bétail représentent 34 % des exportations totales d'aliments et de boissons. Le prix du bœuf est jugé relativement élevé dans l'UE, et la demande des consommateurs favorise les coupes de viande moins chères. Le Royaume-Uni représente 52 % des exportations de bœuf, tandis que 46 % des exportations sont dirigées principalement vers la France, l'Italie, la Scandinavie, les Pays‑Bas et l'Allemagne. Bien qu'une faible proportion des exportations aboutisse sur les marchés internationaux, celle‑ci a augmenté de plus de 10 % en 2014, particulièrement sur les marchés de Hong Kong, de la Suisse et des Philippines. Les perspectives du bœuf irlandais sont positives grâce à l'amélioration de l'accès aux marchés étrangers.

Produits alimentaires de consommation préparés et aliments préparés

Les exportations de produits alimentaires et de boissons à valeur ajoutée ont connu une hausse de 7 % en 2015, pour s'établir à 2,5 milliards d'euros, le gros de la croissance ayant été réalisé dans les secteurs de la boulangerie, des confiseries au chocolat, des fruits de mer et des viandes à valeur ajoutée. Soixante‑dix pour cent (70 %) des exportations en provenance de ce secteur sont destinées au Royaume‑Uni. On s'attend à une nouvelle hausse avec des nouveaux marchés et des nouveaux produits. Les aliments préparés englobent notamment les produits primaires ayant subi une transformation ultérieure, ainsi que les aliments prêts à manger, les produits de confiserie et les produits de boulangerie. Les cinq principaux marchés des aliments préparés sont le Royaume-Uni, les Pays‑Bas, la Pologne, l'Allemagne et le Nigeria.

Fruits de mer

Les exportations de fruits de mer ont augmenté de 4 % en 2015, grâce à l'augmentation du prix des produits. Bien que l'Irlande exporte ses produits dans près de 70 pays, plus de la moitié (54 %) des exportations sont à destination de cinq grands marchés de l'UE (France, Espagne, Royaume-Uni, Italie et Allemagne). D'une manière générale, la France est le marché le plus important, tandis que 11 % des exportations sont envoyées à d'autres marchés de l'UE (en 2015, les exportations vers des pays non membres de l'UE ont augmenté de 20 %). Plus de 20 % des exportations de fruits de mer de l'Irlande sont maintenant expédiées en Afrique, et ce commerce est en pleine croissance. Dans l'ensemble, la valeur des exportations a augmenté de 77 % entre 2009 et 2015. Les exportations de saumon ont enregistré une croissance importante (de 70 % en valeur, en 2015), principalement sur les marchés français et allemand. L'Irlande importe pour 224 millions d'euros de poissons annuellement (36 % de poissons frais et congelés; 41 % de produits prêts à consommer; 22 % de mollusques et de crustacés), dont 71 % proviennent du Royaume-Uni.

Les perspectives pour le secteur des fruits de mer sont positives, notamment grâce à l'augmentation des quotas de maquereau et de corégone, ce qui aura pour effet d'accroître le volume, alors que les prix devraient aussi être à la hausse.

Sites intenet utiles

  • Bord Bia (www.bordbia.ie)
  • Teagasc (www.teagasc.ie)
  • Department of Agriculture, Food & the Marine (www.agriculture.gov.ie)
  • Irish Farmers Journal (www.farmersjournal.ie)
  • Ornua (www.ornua.com)
  • Central Statistics Office (www.cso.ie)
  • Bord Iascaigh Mhara (www.bim.ie)
  • Food and Drinks Industry Ireland (www.fdii.ie)
  • ABP Food Group (www.abpfoodgroup.com)
  • Dawn Meats (www.dawnmeats.com)
  • Kepak (www.kepak.com)
  • Dunbia (www.dunbia.com)
  • Kerry Group (www.kerrygroup.com)
  • Glanbia (www.glanbia.com)
  • Dairygold Coop (www.dairygold.ie)
  • Lakeland Dairies (www.lakeland.ie)
  • Aurivo (www.aurivo.ie)
  • Carbery Group (www.carbery.com)
  • Ornua (www.ornua.com)
  • Origin Enterprises (www.originenterprises.com)
  • Greencore (www.greencore.com)
  • Nestle (www.nestle.ie)
  • Abbotts (www.abbott.ie)
  • Danone (www.danone.ie)
  • Food for Health Ireland (www.fhi.ie)
  • Bord Iascaigh Mhara (www.bim.ie)
  • Marine Institute (www.marine.ie)
  • Higher Education Authority (www.hea.ie)
  • Health Research Board (www.hrb.ie)
  • Science Foundation Ireland (www.sfi.ie)
  • National University of Ireland (liens vers 7universités) (www.nui.ie)
  • Institutes of Technology Ireland (liens vers 13 universités) (www.ioti.ie)
  • Dairy Processing Technology Centre (www.ul.ie/research/content/dairy-processing-technology-centre)

Personnes-ressources

Coordonnées du gouvernement du Canada

Contacts en Irlande

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