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Initiative de jumelage Italie-Canada

Les maladies causées par les champignons dans les cultures de céréales soulèvent des préoccupations d'ordre mondial. En plus de menacer la production céréalière, ces maladies peuvent avoir un impact sur la santé publique et le commerce international. Afin de stimuler l'échange de connaissances et renforcer la coopération scientifique dans ce domaine, deux Centres de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (le Centre de recherche de l'Est sur les céréales et les oléagineux (CRECO) d'Ottawa, et le Centre de recherche sur les aliments de Guelph) ainsi que le Conseil pour la recherche et l'expérimentation en agriculture (Consiglio per la Ricerca e la Sperimentazione in Agricoltura – CRA) d'Italie ont entrepris conjointement l'initiative « Jumelage Italie-Canada des activités de recherche et innovation dans le domaine agroalimentaire ».

Qu'est-ce qu'une initiative de jumelage? Lorsque deux pays partagent une priorité commune telle que la salubrité des aliments, ils discutent des domaines de coopération potentiels puis choisissent un projet d'intérêt mutuel assurant le plus de complémentarité possible entre les axes de recherche spécifiques des scientifiques de chaque pays.

En 2008, à Bruxelles, au cours d'une réunion bilatérale entre le Canada et l'Europe, le projet MYCORED (en anglais seulement) a été retenu comme domaine prioritaire d'intérêt commun pouvant donner lieu à une initiative de jumelage. Le projet MYCORED, financé par le 7e programme-cadre (en anglais seulement) de l'Union européenne, vise à élaborer de nouvelles stratégies intégrées pour réduire la présence de mycotoxines dans les chaînes alimentaires humaine et animale à l'échelle de la planète; il est dirigé par le Conseil national de recherche (CNR) d'Italie.

En septembre 2009, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et le Conseil national de recherche d'Italie ont signé un protocole d'entente. Entre 2009 et 2010, le Canada et l'Italie ont tenu plusieurs réunions bilatérales ainsi qu'une table ronde où participaient les ambassadeurs des deux pays ainsi que des chercheurs des deux organisations, afin d'étudier des possibilités de jumelage.

En décembre 2010, une délégation italienne a participé à un atelier sur les mycotoxines à Ottawa, ce qui a permis aux spécialistes de la génomique des cultures d'AAC et du CRA de poursuivre leur interaction et de convenir du jumelage des trois domaines de recherche suivants :

  1. Identification et exploitation de gènes de résistance permettant de protéger le blé contre la fusariose de l'épi, maladie causée par un complexe de champignons toxinogènes.
    • Les recherches de Thérèse Ouellet et George Fedak, du CRECO-AAC, ont été jumelées à celles de Giampiero Valè, du Centre de recherche génomique du CRA.
  2. Approches génomiques et génétiques pour l'étude de la réaction du maïs aux champignons toxinogènes Fusarium verticillioides et Fusarium graminearum en vue d'accroître la résistance de cette plante aux deux champignons et de réduire la contamination mycotoxinique des produits du maïs.
    • Les recherches de Linda Harris, du CRECO-AAC, ont été jumelées à celles de Carlotta Balconi et Hans Hartings, de l'Unité de recherche sur le maïs du CRA.
  3. Études sur les agents biologiques permettant de réduire l'accumulation de mycotoxines dans les grains et sur les agents microbiens permettant de détoxifier les aliments destinés aux humains et aux animaux domestiques.
    • Les recherches de Ting Zhou, du CRECO-AAC, ont été jumelées à celles de Domenico Carminati et Fabio Abeni, du Centre de recherche sur la production fourragère et laitière du CRA.

Pour aider les scientifiques du CRA à mettre en place cette initiative de jumelage, le ministère des Politiques agricoles, alimentaires et forestières d'Italie a investi 1 million d'euros (environ 1 505 400 dollars canadiens) sur une période de deux ans (2011-2013). En Italie, on appelle cette initiative le « projet CANADAIR ».

Le Canada a été choisi par MYCORED pour tenir la 5e Conférence internationale du MYCORED du 24 au 28 juin 2012, à l'Université Carleton, à Ottawa. Cette conférence, organisée avec une importante participation des scientifiques d'AAC, a réuni plus de 200 scientifiques des universités, des gouvernements et de l'industrie ainsi que des fonctionnaires et des représentants d'organisations agricoles, en provenance de 27 pays. Cette conférence a aidé à cerner davantage les questions et les lacunes scientifiques et a fait ressortir la nécessité d'améliorer les méthodes servant à réduire la présence de mycotoxines dans les aliments destinés aux humains et aux animaux domestiques.

Résultats des recherches menées dans le cadre du jumelage

Aux termes d'ententes de transfert de matériel (ETM) conclues entre le Canada et l'Italie, les chercheurs ont échangé du matériel génétique de lignées de maïs et de blé et ont étudié leur résistance à la fusariose de l'épi, maladie causée par des champignons. Du 27 au 30 mai 2013, à Martina Franca, en Italie, les deux pays ont présenté les résultats de mi-parcours de leur collaboration, dans le cadre de la dernière conférence internationale du MYCORED. Le MYCORED a officiellement pris fin le 31 mars 2013.

1 – Résistance du blé à la fusariose de l'épi

Les chercheurs scientifiques du Canada et d'Italie utilisent des outils génomiques pour mieux comprendre la résistance du blé à la fusariose de l'épi. Thérèse Ouellet et George Fedak ont découvert une nouvelle forme de résistance du blé à la fusariose de l'épi et en ont caractérisé le phénotype. Grâce à une technologie de séquençage de nouvelle génération, leurs collègues italiens les aideront à caractériser les mécanismes moléculaires de cette résistance, en comparant le profil d'expression génique complet d'une lignée porteuse de ce nouveau caractère à celui d'une lignée sœur non porteuse du caractère. L'analyse moléculaire devrait permettre aux chercheurs d'identifier les gènes associés au nouveau caractère et d'utiliser cette information pour créer des marqueurs ADN à l'intention des sélectionneurs voulant les employer dans le cadre de leurs programmes d'amélioration. Ces marqueurs ADN devraient faciliter la mise au point de variétés de blé possédant une résistance accrue à la fusariose de l'épi et ainsi aider à réduire la contamination mycotoxinique des aliments destinés aux humains et aux animaux domestiques.

2 – Résistance du maïs à la fusariose de l'épi

Les chercheurs d'AAC et du CRA utilisent également des outils génomiques pour analyser la résistance du maïs. Les chercheurs canadiens essaient de comprendre des fondements de la résistance du maïs à la fusariose de l'épi causée par le Fusarium graminearum, tandis que leurs collègues italiens étudient la résistance de cette plante à la fusariose de l'épi causée par le Fusarium verticillioides. Ces deux champignons sont apparentés, mais ils produisent des mycotoxines différentes : le grain infecté par le F. graminearum est contaminé par le DON et la zéaralénone, tandis que celui infecté par le F. verticillioides est contaminé par la fumonisine. Afin de déterminer s'il existe des mécanismes de résistance communs contre ces deux pathogènes, les chercheurs ont échangé des semences, et chaque équipe a cultivé les lignées sensibles et résistantes de l'autre équipe durant deux saisons de culture. Une technologie de séquençage de nouvelle génération servira à comparer les deux pathogènes quant aux gènes exprimés, ce qui devrait fournir aux sélectionneurs des marqueurs ADN leur permettant de retracer les principaux gènes de résistance dans le cadre de leurs travaux d'amélioration. Ces marqueurs ADN devraient aider à obtenir des variétés de maïs résistant à une large gamme de champignons pathogènes et à réduire ainsi la contamination mycotoxinique des aliments destinés aux humains et aux animaux domestiques.

3 – Protection du bétail contre les mycotoxines

Des chercheurs canadiens et italiens travaillent à mettre au point de nouvelles stratégies de protection du bétail contre les mycotoxines. Le chercheur canadien Ting Zhou a découvert des souches bactériennes capables de réduire de manière appréciable la toxicité de certaines mycotoxines fusariennes et a démontré que cette détoxification des mycotoxines dans les aliments du bétail peut grandement réduire les effets des mycotoxines sur les animaux étudiés. Le chercheur italien Domenico Carminati a pour sa part découvert des bactéries lactiques capables d'inhiber la production de mycotoxines par les champignons et de réduire ainsi la contamination mycotoxinique des aliments. Son collègue, Abeni Fabio, a quant à lui mesuré l'efficacité d'un agent d'adsorption des mycotoxines, en évaluant l'impact des mycotoxines sur la physiologie de la vache à divers stades de la croissance.

L'avenir

Dans le contexte d'Horizon 2020, le nouveau programme de financement de recherche de l'Union européenne, une proposition a été présentée en vue de poursuivre les conférences internationales du MYCORED.

En octobre 2013, l'Ambassade d'Italie au Canada a organisé un symposium sur l'alimentation et l'innovation, en partenariat avec l'Université de Montréal, l'Université de Toronto, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Forum des politiques publiques du Canada. Comme l'humanité entière a besoin d'accroître sa production alimentaire de manière sécuritaire et durable, le Canada et l'Italie ont tout avantage à étendre leur collaboration dans les domaines de la nutrition humaine et de la production animale.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'initiative de jumelage Italie-Canada, veuillez communiquer avec la Dre Sara Sarkar de la Division de l’engagement international au aafc.info.aac@canada.ca.

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