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Une année de sécheresse rend difficile la prise de décisions en matière de récoltes

Chaque année, les producteurs prennent des décisions à savoir quelles cultures ils doivent semer dans tel et tel champ, s'il faut ou non mettre des champs en jachère, combien d'engrais il faut ajouter et quelle est la meilleure façon de contrôler les mauvaises herbes et les ravageurs. Si un printemps est sec, il entraînera des questions semblables, mais les décisions comporteront de plus grands risques.

Les conditions de sécheresse qui ont prédominé en 2001 et au cours de l'hiver 2002 ont entraîné des préoccupations particulières ce printemps. Sur le plan positif, la sécheresse a pu faire en sorte que la présence résiduelle d'éléments nutritifs dans le sol, inutilisés l'an dernier, soit préservée. Cela pourrait se traduire, dans certains champs, par des besoins réduits en engrais en 2002. Toutefois, il faut évaluer la gestion antérieure des éléments nutritifs et avoir recours à des moyens tels des tests de sol pour aider à déterminer combien d'engrais il faut ajouter. De nouvelles technologies tels les coutres applicateurs d'engrais liquides en bandes permettent aux producteurs de retarder l'application d'engrais jusqu'à ce que la culture fasse son apparition. Ceci peut également contribuer à réduire les risques en prolongeant le délai avant de prendre des décisions relatives à l'application d'engrais supplémentaires s'il y a suffisamment de précipitations.

D'autres conséquences de la sécheresse de l'an dernier pourraient rendre encore plus difficile la prise de décisions au sujet des cultures à semer ce printemps.

Les conditions ont fait chuter les niveaux d'humidité dans le sol bien en deçà des niveaux normaux, avec moins de variations dans des secteurs locaux. Dans une année normale, l'humidité du sol au printemps peut varier énormément, non seulement à cause des variations de précipitations, mais aussi à la suite d'autres facteurs tels les différentes hauteurs de chaume auxquelles on a eu recours pour piéger la neige et le montant d'humidité emmagasiné durant la dernière période de jachère. Par conséquent, on a moins raison de cibler certains champs pour des types de cultures en se basant sur l'humidité présente dans le sol par rapport aux besoins d'humidité de ces types de récoltes. Pour un producteur désireux de mettre certains champs en jachère, il sera encore plus difficile de décider lequel ou lesquels il doit mettre en jachère s'ils ont tous un faible taux d'humidité du sol.

Des conditions de sol sec, jumelées à une faible quantité de chaume et de paille produits par la récolte de l'an dernier ont également laissé plusieurs champs vulnérables à l'érosion éolienne. Des pratiques de travail réduit du sol comme le semis direct à faible perturbation et l'utilisation d'herbicides au lieu du recours au labourage pour contrôler les mauvaises herbes aident à conserver l'humidité et les déchets végétaux existants.

Bien que les pratiques de travail réduit du sol aient augmenté de façon draconienne au cours des dix dernières années, des sondages effectués par Agriculture et Agroalimentaire Canada laissent entendre que plus de la moitié des terres de cultures annuelles en Saskatchewan ne sont pas gérées de cette façon. À cause du faible taux d'humidité et du peu de résidus de récoltes au sol, le recours à des pratiques de travail réduit comporte tout de même un danger de récoltes déficitaires ou d'érosion. Toutefois, le travail réduit du sol en diminuera le risque et la sévérité.

Lors d'années de sécheresse modérée, les producteurs ont souvent ensemencé les graines un peu plus profondément que d'ordinaire (c'est-à-dire à deux ou trois pouces sous la surface du sol) là où il y a encore assez d'humidité pour faire germer la culture. Cette année, certains devront peut-être faire le choix de semer les graines dans un sol sec, peu importe la profondeur. Ceci veut dire que plusieurs cultures ne pourront germer ou s'enraciner jusqu'à ce qu'elles ne reçoivent une importante chute de pluie. Un producteur pourrait retarder ses semailles de plusieurs semaines dans l'espoir qu'il pleuve. Les semailles peuvent aussi être réparties sur une période plus étendue afin de réduire les risques découlant de précipitations très localisées et peu fréquentes. Si les conditions persistent, les producteurs devraient envisager l'ensemencement en cultures moins à risque, plus tolérantes à la sécheresse, telles le blé, le blé dur et l'orge.

Il existe d'autres facteurs qui compliquent davantage les décisions relatives à la mise en jachère l'année suivant une sécheresse. À cause du faible niveau de résidus végétaux de 2001, les champs mis en jachère en 2002 seront sujets à l'érosion beaucoup plus rapidement. D'un autre côté, plusieurs choisiront peut-être la mise en jachère en raison des chances moins élevées de produire une bonne récolte de chaume et des risques accrus de dommages causés par les sauterelles en 2002. Si les producteurs optent pour la mise en jachère, il y a des moyens de réduire l'érosion au minimum, comme l'utilisation d'herbicides pour contrôler les mauvaises herbes au lieu du labourage. S'il pleut au cours de l'année de jachère, on peut augmenter la protection contre l'érosion en semant des cultures de couverture, des cultures d'engrais vert ou des lisières de rétention.

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