Les perspectives agricoles canadiennes à moyen terme, 2011

Sommaire

Ce document a pour objet de décrire les Perspectives à moyen terme (PMT) d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) pour la période de 2012 à 2022. La description des perspectives permet d'illustrer l'avenir plausible des secteurs agricoles internationaux et nationaux basé sur les politiques en place au Canada et à l'étranger à l'automne 2012. Elle sert aussi de point de référence utile aux discussions et aux analyses de scénarios.

Les perspectives reposent sur des hypothèses précises et décrivent leurs incidences. Puisque l'on tient pour acquis qu'il n'y aura aucun changement aux politiques dans l'avenir, les perspectives sont donc une extrapolation de ce qui pourrait arriver basé sur les tendances actuelles et des projections macro-économiques sous-jacentes. En outre, on ne tente pas de prévoir les résultats de la ronde de négociations commerciales de Doha. On émet aussi l'hypothèse qu'il n'y aura aucun impact provenant des changements climatiques (ni aucune politique pour contrer ses effets), aucune épidémie grave de maladie animale ni aucun phénomène climatique anormal au cours de la période visée par les perspectives.

Le point de départ des perspectives agricoles canadiennes à moyen terme est la projection des prix mondiaux provenant des Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012-2021 ajustées en utilisant de l'information plus récente. Les prévisions macroéconomiques canadiennes proviennent des prévisions du Conference Board du Canada publiées en septembre 2012. De plus, les perspectives agricoles à court terme ont été mises à jour pour refléter les prévisions des prix publiées par le ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA) en novembre 2012.

Résumé

Tendances macroéconomiques

Les perspectives pour les marchés agricoles dépendent d'un large éventail de facteurs qui définissent l'offre et la demande mondiale de produits agricoles.

  • La demande de produits agricoles et agroalimentaires est déterminée par de nombreux facteurs, comme la croissance de la population mondiale, la hausse des revenus et les utilisations non alimentaires.
  • L'offre de produits agricoles et agroalimentaires est orientée par les décisions de production des producteurs qui établissent un équilibre entre les prix des produits et les coûts des intrants, comme les engrais et l'essence, et d'autres contraintes, comme les terres disponibles et les conditions annuelles de croissance (p. ex., sécheresse).

Bien qu'elle soit confrontée à des difficultés à court terme, la croissance économique mondiale demeurera forte et entraînera la croissance du secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire...

  • Les perspectives prévoient que la demande internationale de produits agricoles demeurera fortement influencée par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (BRIC), le Bangladesh, l'Égypte, l'Indonésie, l'Iran, la Corée du sud, le Vietnam, la Turquie, le Mexique, le Nigéria, le Pakistan et les Philippines (N11).
  • Toutefois, la santé de l'économie mondiale est exposée à certains risques majeurs puisque la croissance mondiale continue d'être freinée par certains problèmes, tels que la crise de l'endettement de l'Union européenne (UE) et la viabilité du plan budgétaire des États-Unis (É.-U.).
  • Les perspectives à moyen terme (PMT) supposent que la cohésion de l' UE soit maintenue et que sa situation économique s'améliore en 2014. On suppose que l'adoption d'un plan budgétaire viable aux États-Unis réduira l'incertitude, ce qui permettra d'améliorer la croissance du PIB en 2013.

…ce qui continuera d'exercer des pressions à la hausse sur les prix de l'énergie…

  • Les PMT supposent que les prix de l'énergie continueront d'augmenter et que l'époque où l'énergie était bon marché est révolue. Plus particulièrement, on anticipe que les prix mondiaux du pétrole brut se chiffrent à environ 145 $ US/baril d'ici 2022 et que tout écart attribuable à la hausse de la production des É.-U. soit plus que compensée par l'augmentation de la demande mondiale.

…et de soutenir la valeur élevée du dollar canadien à moyen terme.

  • La valeur de la devise canadienne demeurera égale ou légèrement supérieure à celle du dollar américain à moyen terme, appuyée par la hausse anticipée des taux d'intérêt canadiens en 2014 et par les prix élevés de l'énergie et des denrées. Ces prévisions ne suggèrent aucune baisse du dollar pour les industries canadiennes axées sur l'exportation.

Perspectives pour les céréales et oléagineux

L'ensemble des prix enregistrés en 2012 diminuera en raison d'une augmentation de l'offre, mais on prévoit des prix des céréales et oléagineux plus élevés en perspective que pendant la période historique.

  • La sécheresse connue en 2012 aux É.-U. a fortement réduit le rendement et a eu une incidence importante sur les prix mondiaux des céréales et des oléagineux. Selon les perspectives, une forte augmentation de l'offre mondiale est anticipée, ce qui réduira les prix à court terme.
  • Bien que les prix diminueront par rapport aux sommets actuels, les perspectives à moyen terme supposent que les prix des céréales et oléagineux demeureront à un niveau plus élevé - ce qui signifie qu'à court terme, on prévoit que les prix chuteront par rapport aux prix enregistrés lors de la sécheresse, mais qu'ils demeureront bien au-dessus des niveaux observés avant 2006.

Toutefois, les conditions climatiques représentent l'une de plus grandes inconnues des présentes perspectives et n'importe quel choc majeur lié à l'offre peut entraîner une augmentation imprévisible des prix.

  • Il est impossible de prédire la sévérité ou l'emplacement d'un phénomène météorologique violent, comme la récente sécheresse qui a touché la région américaine du Corn Belt; toutefois, compte tenu du faible niveau des stocks à l'échelle mondiale, une autre sécheresse importante ou une inondation pourrait entraîner des prix plus élevés que ceux des perspectives.

Les projections de prix élevées pour les céréales et oléagineux indiquent que la compétition pour les terres entre les différentes cultures persistera alors que la demande s'accroît sur tous les fronts.

  • On s'attend à ce que la croissance mondiale de la demande de céréales fasse contrepoids à la croissance de la production d'oléagineux entraînée par les prix plus élevés de l'huile végétale et des tourteaux protéinés. La production de canola devrait suffisamment croître pour répondre à la fois à l'expansion de l'industrie canadienne de la trituration ainsi qu'à la demande grandissante du canola sur les marchés d'exportation.
  • On s'attend à ce que les prix canadiens du blé, du maïs et de l'orge suivent les tendances des prix sur les marchés mondiaux. Les prix élevés de l'huile végétale prévus continueront d'accaparer les terres de l'ouest du Canada au détriment d'autres cultures. Dans l'Est canadien, le prix élevé du maïs devrait faire en sorte que des terres seront retranchées aux superficies consacrées aux autres cultures.

La demande mondiale et canadienne de biocarburants sera maintenue par les mandats.

  • À l'échelle mondiale, on prévoit que, d'ici 2022, environ 35 % de la production mondiale de canne à sucre et 14 % de la production de céréales secondaires seront utilisées pour produire de l'éthanol, tandis qu'environ 16 % de la production mondiale d'huile végétale servira à produire du biodiesel.
  • Au Canada, la production de biodiesel et d'éthanol devrait augmenter au cours de la période couverte par les perspectives; cependant, les importations seront probablement nécessaires pour respecter les mandats fédéraux de consommation - 5 % de contenu renouvelable dans l'essence et 2 % dans le diesel et le mazout de chauffage.

La forte production de céréales fourragères permettra à l'offre canadienne de répondre davantage à la demande canadienne du secteur de l'élevage.

  • La forte production canadienne améliore la capacité concurrentielle du secteur de l'élevage puisqu'une plus grande quantité de fourrages provient de la production intérieure durant la période visée par les perspectives, au lieu d'être importée des É.-U. comme au cours des dernières années.
  • Bien que les prix des céréales fourragères aient chuté comparativement aux sommets atteints récemment, ils demeureront relativement élevés et représenteront donc un défi pour le secteur de l'élevage.

Bétail

On prévoit une hausse des prix des bovins et du porc à court terme…

  • La sécheresse ayant frappé les É.-U. en 2012 a eu des répercussions aussi bien sur les prix des bouvillons que sur ceux des porcs. Le prix des porcs a diminué en raison d'une importante augmentation des ventes de porcs, tandis que le prix des bouvillons a augmenté, reflétant ainsi le resserrement de l'offre de bouvillons.

…mais la hausse continue du prix des céréales limite la croissance du secteur.

  • L'intégration de drêches de distillerie, un sous-produit riche en protéines découlant de la production d'éthanol dans les rations alimentaires du bétail et le maintien des bovins plus longtemps au pâturage sont deux stratégies adoptées par les éleveurs canadiens pour réduire leurs coûts.

Les marchés d'exportation continueront d'être importants pour l'industrie des viandes rouges.

  • Suite à une diminution en 2012, on prévoit que les exportations nettes de bœuf canadien reviendront à un niveau plus élevé durant la période visée par les perspectives. On s'attend à ce que les mises en marché de porcs d'abattage demeurent cycliques, mais à un niveau relativement stable. En 2013, les exportations de porcs et de bovins devraient profiter de la révision de la norme américaine d'étiquetage du pays d'origine (COOL), mais on ne prévoit pas que les exportations de porcs d'abattage et de porcelets reviendront à des sommets historiques.

La consommation de volaille continuera d'augmenter, mais la maturité du marché canadien ralentira la croissance du secteur.

  • Au cours des 20 dernières années, on a enregistré une hausse de la consommation canadienne de viande de volaille d'environ 66 %. On s'attend cependant à ce que la croissance de la consommation de poulet et de dinde croît d'environ 1,5 % par année sur la période des perspectives.

Le marché mondial des produits laitiers devrait également demeurer à un plateau de prix plus élevés en partie en raison de l'augmentation de la demande des pays en développement et de l'augmentation des prix des aliments pour animaux.

  • Le ralentissement de la croissance de la production de lait dans deux importants pays exportateurs, soit l'Australie et la Nouvelle-Zélande, devrait maintenir les prix élevés.
  • Les industries laitières de l'UE et des É.-U. demeureront actives sur les marchés internationaux des produits laitiers. Cette situation est en partie attribuable à des devises relativement faibles par rapport aux niveaux historiques et à la libéralisation des politiques sur les produits laitiers.

La consommation accrue de produits laitiers canadiens dépendra en majeure partie de la croissance de la population.

  • La consommation canadienne par habitant de la plupart des produits laitiers demeurera stable ou diminuera modérément selon le produit. Le yogourt fera exception puisque l'on anticipe une croissance continue mais plus modérée que par le passé.
  • Les prix domestiques du beurre et de la poudre de lait écrémé devraient augmenter modérément; les droits tarifaires devraient continuer à empêcher les importations au-delà des contingents tarifaires

Publication : 11700F - ISSN : 1923-0478 - Catalogue : A38-1/4-2012F-PDF
Projet : 12-002-r

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