Enregistrement des variétés des cultures au Canada : enjeux et options

Formats de rechange


Objectif

Le gouvernement s'est engagé à transformer la politique agricole canadienne en la recentrant sur la recherche et l'innovation ainsi que sur la compétitivité et le développement des marchés. En ce sens, nous poursuivons nos efforts afin de réduire le fardeau réglementaire inutile à l'occasion de la mise en place de notre cadre réglementaire, lequel fait la promotion de la recherche et de l'innovation et facilite des interactions efficaces, transparentes et prévisibles entre le gouvernement et l'industrie.

À cette fin, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et la Commission canadienne des grains (CCG) ont collaboré à un document sur les options proposées qui décrit le système d'enregistrement des variétés (EV) des cultures au Canada, ainsi que quelques-unes des options possibles pour moderniser et rationaliser ce système.

Un système de réglementation souple et efficace des semences et des grains devait optimiser la capacité concurrentielle des agriculteurs canadiens sur les marchés mondiaux. Le secteur des productions végétales subit actuellement une transformation positive, laquelle comprend notamment des modifications à la commercialisation et aux utilisations des cultures, un réaménagement du financement et des priorités des investissements dans la recherche et une simplification de la réglementation.

Le présent document propose quatre options possibles, exigeant chacune divers niveaux de supervision et de participation directes par la chaîne de valeur des cultures et le gouvernement fédéral.

Ces options doivent être examinées dans un contexte à moyen terme et conjointement avec la lettre de février 2013 du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire. Dans cette lettre, le ministre a demandé aux comités de recommandations (CR) des variétés de cultures d'examiner leurs procédures opérationnelles pour définir et éventuellement mettre en place des mesures, s'il y a lieu, pour rationaliser leur mode de fonctionnement. Les modifications apportées aux procédures opérationnelles des CR devraient être mises en œuvre au début de 2014.

Pour fournir vos commentaires sur ces options, nous vous encourageons à remplir le questionnaire sur l'enregistrement des variétés de cultures au Canada. Le formulaire en ligne sera accessible jusqu'au 30 novembre 2013.

I - Définition du contexte

Il s'agit d'un moment opportun pour examiner le système d'enregistrement des variétés des cultures (EV) actuellement en vigueur du Canada, compte tenu des éléments suivants :

  • On estime de plus en plus que l'innovation, la compétitivité et l'accès élargi au marché représentent des enjeux clés pour le secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire, comme en témoigne le nouveau cadre stratégique Cultivons l'avenir 2.
  • Le rôle du gouvernement fédéral évolue lui aussi. Aux termes de Cultivons l'avenir 2, la recherche, le développement et les activités de transfert d'AAC seront de plus en plus axés sur l'établissement de solides fondations scientifiques (p. ex. grâce au développement de germoplasmes, de mécanismes de résistance aux maladies et aux insectes, etc.), tout en offrant des programmes dans le but d'exercer un plus grand leadership dans l'industrie pour orienter les priorités en matière de recherche, y compris la sélection variétale et la finition.
  • Le gouvernement du Canada s'est engagé à moderniser la réglementation afin d'assurer la salubrité des aliments et de protéger les ressources végétales et animales, tout en exerçant un niveau approprié de surveillance. Il s'est également engagé à réduire la paperasse et les documents et dédoublements inutiles au moyen de son Plan d'action de réduction du fardeau administratif.
  • Le gouvernement du Canada a également apporté plusieurs modifications à la réglementation du secteur des grains dans l'Ouest du Canada, dont la plus importante est l'élimination du guichet unique de la Commission canadienne du blé (CCB) pour la commercialisation du blé et de l'orge. Avant août 2012, la CCB jouait un rôle prédominant dans le système d'EV en portant à l'attention des comités de réglementation régionaux du blé et de l'orge de l'Ouest canadien les besoins des clients. Ce rôle a désormais changé, puisque la CCB est l'un des nombreux marchands de grains représentés au sein des comités de recommandation.
  • Le système d'EV est actuellement à la base du système d'assurance de la qualité des céréales, du canola, du lin et d'autres cultures dont l'objectif est de fournir aux acheteurs de grains nationaux et internationaux les quantités qu'ils désirent.

II - Enregistrement des variétés au Canada - le passé et le présent

1. Histoire et raison d'être de l'enregistrement des variétés

La version originale de la Loi sur les semences, promulguée en 1905 à titre de Loi de contrôle des graines, a été modifiée en 1923 afin que les variétés soient approuvées par le ministre avant leur vente au Canada. Un système d'approbation a été mis sur pied au Canada parce que les vendeurs de semences aux États-Unis faisaient à l'époque la promotion au Canada d'une variété de blé en affirmant qu'elle donnerait un rendement de 100 boisseaux à l'acre (ce qui était faux). Lorsque la loi est entrée en vigueur en 1923, toutes les nouvelles variétés devaient faire l'objet d'essais dans une ferme expérimentale ou privée, et être approuvées aux fins d'enregistrement par un comité de sélectionneurs de végétaux de l'Association canadienne des producteurs de semences.

À la suite d'une modification apportée à la Loi en 1937, toutes les variétés de légumes ont été exemptées de l'enregistrement, à l'exception des pommes de terre. Les fruits n'ont jamais été visés par le système d'enregistrement des variétés, bien que des renseignements sur certaines variétés soient compilés dans des bases de données internationales dans le but de faciliter les exportations.

Vous trouverez une liste des cultures actuellement visées par l'enregistrement des variétés sur le site Web de l'ACIA.

Vous trouverez à l'Annexe A une description détaillée du processus de sélection variétale et d'enregistrement des variétés. Bien que cette annexe et bon nombre des exemples fournis dans le présent document afin d'illustrer le fonctionnement du processus portent sur le blé de l'Ouest canadien et d'autres cultures céréalières, l'accent porté sur ces cultures ne vise pas à détourner l'attention des autres cultures visées par l'EV.

La Loi sur les semences actuelle est la loi habilitante qui régit la réglementation de l'industrie des semences au Canada. Elle englobe la vérification, l'inspection, la qualité et la vente des semences au Canada. La Loi sur l'Agence canadienne d'inspection des aliments définit l'ACIA comme étant l'organisme responsable de l'administration et de l'application de la Loi sur les semences.

L'enregistrement des variétés permet d'assurer une surveillance gouvernementale afin que les exigences en matière de santé et de sécurité soient respectées et que des renseignements sur l'identité de la variété soient accessibles aux organismes de réglementation afin de prévenir la fraude. Il facilite également la certification des semences, le commerce international des semences ainsi que le suivi et le retraçage des variétés dans les réseaux commerciaux.

Plus précisément, l'enregistrement des variétés a pour but de :

  • surveiller le maintien et l'amélioration des normes de qualité concernant les grains au Canada;
  • faciliter et soutenir la certification des semences et le commerce international des semences en :
    • s'assurant qu'une variété répond à la définition acceptée à l'échelle internationale d'une variété : une population de végétaux reconnaissable, homogène et stable;
    • mettant sur pied un dépôt pour la description officielle des variétés et des échantillons de semences de référence utilisés pour vérifier les variétés tout au long de leur durée de vie commerciale;
    • veillant à l'identité et à la pureté variétales des lots de semences puisqu'elles sont multipliées au moyen d'un nombre limité de générations pour produire des semences pour les agriculteurs canadiens et les marchés de l'exportation;
  • vérifier les revendications formulées qui contribuent à représenter de façon précise et équitable les variétés dans le marché (p. ex. en vérifiant les descriptions des variétés et les échantillons de semences de référence qui définissent la variété dans le marché);
  • faciliter l'identité variétale, l'identité du caractère et la traçabilité dans le marché dans le but de veiller à la conformité aux normes et de soutenir les activités commerciales.

2. Principales composantes du système canadien actuel d'enregistrement des variétés

i. Système d'enregistrement à volets des variétés

En juillet 2009, le gouvernement du Canada a lancé un système plus souple d'enregistrement des variétés pouvant atténuer le fardeau réglementaire, tout en conservant les principaux avantages du système d'EV décrit ci-dessus pour le secteur. Avant les modifications apportées en 2009, tous les types de cultures visés par l'EV étaient assujettis à des essais préalables à l'enregistrement et à une évaluation de la valeur.

De vastes consultations auprès du public et de l'industrie ont été menées par l'ACIA, débouchant sur les modifications de 2009. Grâce à ces consultations, l'ACIA a déterminé que les intervenants estiment que le système d'enregistrement des variétés est important et que l'approche axée sur la valeur est appropriée pour certaines cultures, mais trop rigide pour d'autres.

Le système d'EV a également été envisagé par d'autres groupes multilatéraux comme le Forum national sur les semences.

Le Règlement sur les semences (« le Règlement ») divise maintenant en trois parties l'Annexe III, qui dresse une liste des types de semences exigeant l'enregistrement des variétés. Aux fins d'enregistrement dans l'une ou l'autre des parties, il faut soumettre un dossier d'enregistrement élémentaire. Ce dossier comprend notamment un formulaire de demande rempli, un échantillon de semences de référence, une description de la variété, des détails sur la généalogie et l'historique de la sélection variétale, ainsi que des frais de demande.

Il existe trois options réglementaires comportant différentes exigences en matière d'enregistrement. Les cultures indiquées aux parties I et II exigent la participation d'un comité reconnu formé de spécialistes de l'industrie, c.-à-d. un « Comité de recommandation » (CR). Ce CR joue un rôle prépondérant dans la détermination des variétés offertes aux producteurs au Canada.

Dans tous les cas, le Bureau d'enregistrement des variétés (BEV) de l'ACIA doit s'assurer que :

  • la variété ne peut être confondue avec aucune des autres variétés déjà enregistrées ou en cours d'enregistrement au Canada;
  • le nom de la variété n'est pas susceptible d'être confondu avec le nom d'une variété qui était ou est enregistré;
  • la variété satisfait aux normes de pureté variétale établies par l'Association canadienne des producteurs de semences (ACPS) ou par une réglementation pour une variété de l'espèce, de la sorte ou du type en question;
  • dans les cas où la variété ou sa descendance est un végétal à caractère nouveau (VCN), s'assurer que les caractéristiques génétiques ont été approuvées sans restrictions au Canada et que l'innocuité des aliments, des aliments du bétail et de la dissémination dans l'environnement a été approuvéeNote de bas de page 1.

Puisque l'Annexe III fait partie du Règlement, pour qu'un type de cultures en particulier puisse passer d'une partie à une autre de l'Annexe III, il faut modifier le Règlement. On peut envisager d'apporter des modifications à la classification des cultures sur la base de deux facteurs :

  • un motif justifiant le changement de classification d'une culture spécifique;
  • un consensus des intervenants sur le changement de la culture spécifique.

En règle générale, il faut prévoir jusqu'à deux ans pour le processus de modification du Règlement en raison des consultations nécessaires pour parvenir à un consensus, de la rédaction de la modification, de sa publication dans la Gazette du Canada, etc.

Voici les caractéristiques qui définissent chacun des volets :

  • Cultures de la partie I (la majorité des cultures, notamment le blé, l'orge, les légumineuses et le canola)
    • Exigent qu'un CR établisse les conditions et les procédures d'essai pour les essais de rendement des cultures. Le CR doit évaluer la valeur en se fondant sur les données des essais de rendement et recommander la variété aux fins d'enregistrement auprès du BEV de l'ACIA. Cette évaluation de la valeur s'effectue en comparant les résultats des essais de rendement réalisés sur le terrain aux attributs des variétés de référence (appelés aussi « variétés témoins »). Pour de plus amples renseignements, reportez-vous à l'Annexe A.
  • Cultures de la partie II (actuellement le carthame seulement)
    • Exigent qu'un CR établisse les conditions et les procédures d'essai pour les essais permettant d'obtenir des données de rendement. Toutefois, les CR pour les cultures de la partie II n'évaluent pas les données issues de ces essais pour déterminer si la nouvelle variété donne un rendement équivalent ou supérieur aux variétés de référence (c.-à-d. que la variété possède une « valeur »). L'enregistrement en vertu de la partie II exige une recommandation du CR (c.-à-d. une vérification que les exigences relatives aux essais ont été satisfaites) à l'intention du BEV de l'ACIA.

    Dans le cas des cultures des parties I et II, après qu'un CR ait formulé une recommandation pour l'enregistrement d'une variété, le BEV de l'ACIA accepte la recommandation et, après examen et validation du dossier d'information qui doit accompagner la demande d'enregistrement, enregistre la nouvelle variété.

  • Cultures de la partie III (actuellement les pommes de terre et le tournesol seulement, les fèves de soya oléagineux et les cultures fourragères devraient passer dans cette partie d'ici la fin de 2013)
    • Les demandeurs doivent présenter un dossier d'information pour l'enregistrement des cultures au BEV de l'ACIA à des fins d'examen et de validation.
    • N'exigent pas un CR puisqu'il n'y a aucune évaluation de la valeur ou essai de rendement préalable à l'enregistrement.

ii. Comités de recommandation

Dans le cas des cultures indiquées dans la partie I et la partie II, l'enregistrement des variétés repose sur une recommandation d'un CR. Le Règlement stipule que pour obtenir une approbation, chaque CR doit fournir une série de procédures écrites ou un document de protocole au BEV de l'ACIA décrivant le mode de fonctionnement du CR. Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire approuve chaque année ces procédures, de sorte que les CR doivent les soumettre chaque année aux fins d'examen. Le Règlement exige que les CR exercent leurs activités d'une manière transparente, équitable et prévisible.

Il existe dix-sept CR régionaux pour les cultures indiquées dans la partie I et la partie II. Vous trouverez une liste des comités sur le site Web de l'ACIA.

Les CR sont formés d'intervenants spécialisés dans une culture en particulier qui participent au développement, à la production, au traitement, à la commercialisation et/ou à l'évaluation de chaque type de culture. Les CR établissent les protocoles et les normes d'essai pour les cultures de la partie I et de la partie II au Canada. En ce qui concerne les cultures de la partie I, ils définissent également les normes ou les critères minimums de « valeur » utilisés pour évaluer les variétés candidates et déterminer s'ils répondent à la définition de la valeur. Si un candidat a effectivement de la valeur, le CR en recommandera l'enregistrement auprès du BEV de l'ACIA.

Ce qui suit est un exemple portant sur le blé de l'Ouest canadien, mais notez qu'une série de réformes en attentes vise à moderniser et rationaliser de nombreuses procédures présentées sur la recommandation aux fins d'enregistrement.

Pour les variétés de blé de l'Ouest canadien, le CR désigné est le Comité de recommandation des Prairies pour le blé, le seigle et le triticale (CRPBST).

Le CRPBST propose deux statuts de membre : les membres de plein droit (avec droit de vote) et les membres associés (sans droit de vote). Les nouveaux membres du CRPBST sont mis en nomination par un membre en règle et leur nomination est approuvée à la majorité des voix de l'ensemble du comité. Les listes des membres sont mises à jour chaque année et sont fournies au BEV de l'ACIA pour chacune des trois équipes d'évaluation (une pour l'agronomie, une autre pour les maladies et la troisième pour l'évaluation de la qualité) en y indiquant leur président et leur secrétaire respectifs ainsi que les membres associés.

Les personnes qui ne sont pas admissibles à titre de membres de plein droit ou de membres associés, mais qui sont intéressées ou qui désirent participer au processus peuvent assister aux réunions en tant qu'invités. Les invités peuvent se faire entendre lors des discussions et fournir une opinion au niveau de l'équipe d'évaluation et du comité, mais n'ont pas droit de vote.

Les membres avec droit de vote des trois équipes d'évaluation font partie de l'un des quatre groupes de l'industrie :

  1. personnes engagées dans le développement ou l'évaluation des variétés;
  2. pathologistes des céréales;
  3. spécialistes de la qualité des céréales;
  4. représentants de l'industrie possédant une expertise dans l'industrie des grains, p. ex. des producteurs, des transformateurs, des producteurs de semences, des spécialistes provinciaux, etc.

Les membres avec droit de vote des trois équipes d'évaluation doivent représenter un secteur de la chaîne de valeur du secteur céréalier. La candidature des nouveaux membres est évaluée en fonction de leur capacité de participer au processus de recommandation, plutôt que de l'organisation qu'ils représentent.

Les membres de plein droit qui n'assistent pas à l'assemblée annuelle du CRPBST pendant deux années consécutives deviendront membres associés, à moins de présenter au président du Comité une raison valable.

Les membres associés sont des personnes qui présentent un intérêt légitime à l'égard des activités du Comité. Il peut s'agir, par exemple, de représentants de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, de spécialistes de gouvernement provinciaux, et d'administrateurs ou de gestionnaires d'affaires dont les organisations sont actives dans la production, le développement ou l'évaluation des variétés. Les membres associés n'ont pas droit de vote, mais peuvent se faire entendre lors des réunions du Comité et des équipes d'évaluation, recevront tous les dossiers d'information et ont accès aux données confidentielles publiées sur le site Web du Comité.

iii. Le concept de « valeur »

Aux termes du Règlement, le terme « valeur » s'applique à une nouvelle variété qui est égale ou supérieure aux variétés « témoins » ou de référence en ce qui a trait aux caractéristiques particulières qui rendent l'utilisation avantageuse à des fins particulières sur un territoire donné au Canada. Le Règlement ne précise pas qu'elles doivent être ces caractéristiques, ni la façon de les évaluer, ou qu'elle doit être la variété de référence aux fins de l'évaluation - ce rôle revient aux CR experts.

Les procédures opérationnelles des CR reconnaissent que dans la pratique, peu de candidats respectent ou dépassent la moyenne des variétés témoins en ce qui concerne toutes les caractéristiques importantes évaluées. En règle générale, bon nombre de variétés présenteront une série de points forts et de faiblesses par rapport aux différentes variétés témoins, et les membres devront prendre une décision en examinant la totalité des traits, qui peuvent comprendre, selon le type de culture, le rendement, les caractéristiques agronomiques, la tolérance aux maladies et les caractéristiques liées à la qualité de l'utilisation finale. Le nombre de critères de mérite auxquels les cultures de la partie I doivent répondre varie selon chacune des cultures.

Par exemple, dans le cas des variétés de blé de l'Ouest canadien, pour lequel on compte neuf catégories commerciales et une multitude d'utilisations et de besoins des clients, on évalue le mérite de 33 à 49 caractéristiques particulières, selon la classe définie dans la Loi sur les grains du Canada (p. ex. six maladies, 32 paramètres de qualité et neuf traits de nature agronomique pour la classe du blé roux de printemps de l'Ouest canadien). La pondération des paramètres varie en fonction de chaque classe de blé - le candidat n'a pas à être supérieur en ce qui concerne tous les paramètres mesurés, mais doit plutôt présenter des caractéristiques d'efficacité semblables ou supérieures aux variétés témoins.

Après l'entrée en vigueur en 2009 du système plus souple d'enregistrement des variétés, le Comité de recommandation du canola/colza de l'Ouest canadien a tiré parti de la souplesse inhérente au nouveau système et a modifié la définition de la valeur. Elle est passée d'une série complexe d'exigences obligatoires jumelée à un calcul de l'indice multicritères à une combinaison d'évaluations minimales de la teneur en huile et en protéines. Les variétés de canola doivent également répondre à la définition minimale du canola (c.-à-d. une faible teneur en acide érucique en huile, une faible teneur totale en glucosinolates en grains, et un total minimum des acides gras saturés en huile).

Bien que le CR du canola choisit de continuer d'exiger pour les cultures de la partie I la réalisation d'essais sur la qualité, les caractéristiques de l'utilisation finale ainsi que la résistance aux maladies et le rendement, les membres ont estimé que les forces du marché feraient en sorte que ces exigences soient atteintes ou dépassées. Une nouvelle politique « intérimaire d'enregistrement du canola » a été mise en place en 2010 par le BEV de l'ACIA permettant d'utiliser les ensembles privés de données basées sur une seule année d'essais aux fins d'enregistrement (les protocoles sont déterminés par le CR et sont assujettis aux recommandations du CR).

iv. Essais

Les essais préalables à l'enregistrement sont conçus et mis en œuvre pour fournir des données scientifiques de rendement crédibles concernant les nouvelles variétés. Comme indiqué plus haut, les CR des cultures de la partie I et de la partie II sont tenus d'établir et d'appliquer des protocoles d'essai dans le cadre de leur processus d'évaluation.

Pour être admissibles à une évaluation d'un CR, les créateurs de variétés doivent d'abord présenter des preuves de la valeur (le cas échéant) de la variété candidate au coordinateur de l'essai. Cette preuve est généralement issue de la comparaison des résultats d'une ou de deux années d'essais au champ dans différents emplacements aux variétés de référence connues en ce qui a trait au rendement agronomique, à la résistance aux maladies et à la qualité.

Puisque les données sont produites à l'appui des exigences d'enregistrement pour le type de culture en question, elles peuvent être considérées comme confidentielles et ne sont pas rendues publiques. Toutefois, la majorité des CR rendent actuellement ces données publiques.

Comme mentionné, lorsqu'il faut évaluer la valeur de cultures de la partie I, une variété candidate doit respecter ou dépasser le rendement (en se fondant sur les données issues des essais) d'une variété de référence (ou « témoin ») avant qu'elle soit jugée admissible à l'enregistrement.

Par exemple, le Comité de recommandation du canola/colza de l'Ouest canadien coordonne la deuxième année d'essais (souvent appelée essais coopératifs). Cette deuxième année d'essais publics (au champ et de qualité) est combinée aux données privées de la première année pour élaborer une feuille de pointage des paramètres de qualité énoncés dans le document des procédures du CR du canola/colza (teneur en huile, en protéines, en acides gras saturés, en acide érucique et en glucosinolates). Cette feuille de pointage est utilisée comme base de la recommandation pour l'enregistrement des variétés de canola. Les développeurs ont également la possibilité de mettre en œuvre les recommandations provisoires basées uniquement sur les données privées d'une année.

Pour toutes les cultures de la partie II, les CR doivent déterminer s'ils doivent recommander ou non l'enregistrement d'une nouvelle variété si celle-ci a répondu à toutes les exigences des essais au champ, conformément aux procédures opérationnelles des CR. La valeur n'est pas évaluée.

v. Types de cultures non visés par le système d'EV

Bien que la plupart des cultures importantes au Canada puissent faire l'objet d'un enregistrement de variétés, il existe des cas d'exception. Même si aucun processus n'est indiqué dans la Loi sur les semences ou le Règlement pour exempter officiellement des cultures du processus d'enregistrement, dans la pratique concrète, une exemption a été accordée à certaines cultures sur la base des réalités de la production et de la commercialisation d'une culture donnée, et d'une décision consensuelle des membres de la chaîne de valeur des cultures. Exerçant ses activités en marge du système officiel d'enregistrement des variétés, la chaîne de valeur de certaines de ces cultures a mis sur pied des systèmes pour reconnaître et documenter des variétés aux fins de certification et de commerce international, par exemple. Toute demande d'exemption au titre de l'EV supposerait une modification du Règlement. Les chaînes de valeur des cultures non visées par le système d'enregistrement des variétés (p. ex. le maïs, le soya alimentaire, les pois chiches, les fruits et légumes, les végétaux d'ornement, les graminées à gazon, etc.) peuvent poursuivre des objectifs similaires à ceux liés au système d'EV en faisant appel à d'autres moyens.

Par exemple, en 1996, à la demande de l'industrie du maïs, le maïs a été exempté de l'EV. La demande d'exemption a été formulée par des producteurs qui exigeaient d'être sur un pied d'égalité avec les producteurs américains et d'avoir accès aux nouveaux hybrides en même temps que les producteurs des É.-U. Les intervenants de l'industrie estimaient que les exigences relatives à l'enregistrement des variétés, alors en vigueur au Canada, plaçaient le Canada deux à trois ans derrière les É.-U. et qu'une coordination déficiente avait une incidence négative sur la planification de l'approvisionnement en produits. À l'époque, le système d'enregistrement ne prévoyait aucun assouplissement pour l'enregistrement de variétés sans une évaluation de la valeur.

À l'heure actuelle, l'industrie du maïs (par l'entremise de l'Association canadienne du commerce des semences) a créé et tient à jour une base de données des hybrides du maïs actuellement offerts dans le commerce au Canada.

Pour un type de culture non assujetti actuellement au système d'EV (p. ex. les cultures bio industrielles émergentes comme la caméline et la moutarde d'Abyssinie), les exigences sont essentiellement similaires à celles présentement en vigueur pour une culture que l'on souhaite transférer dans une autre partie. Autrement dit, le motif doit être valable pour le type de culture et il doit y avoir consensus des intervenants de la chaîne de valeur. Il doit y avoir modification du Règlement pour que le type de culture soit assujetti à l'enregistrement des variétés.

vi. Lien entre l'enregistrement des variétés des cultures et le système d'assurance de la qualité des grains

Le système d'EV constitue la base même du système d'assurance de la qualité des grains (SAQG) canadien pour les céréales, le canola et le lin. Le système met l'accent sur les qualités d'utilisation exigées par les acheteurs canadiens et internationaux de grains. Ce SAQG a pour but de fournir continuellement, année après année, la qualité de grains qu'ils exigent. Grâce au SAQG, il est possible de séparer les grains selon leur classe, leur type et leur qualité, ce qui permet aux utilisateurs d'acheter des chargements de grains dont les qualités de traitement sont prévisibles. De plus, il est important de comprendre que l'un des principaux points forts du SAQG n'est pas seulement de faciliter le commerce, mais aussi de s'assurer que les exigences relatives à la propreté et à la salubrité réglementaires des grains sont respectées.

À titre d'organisme responsable de l'assurance de la qualité des grains au Canada, la CCG établit un lien entre ses « listes des variétés désignées » (listes des variétés admissibles à une classe de grain en particulier) et le processus d'enregistrement fondé sur la valeur pour les cultures de la partie I à l'appui de son mandat en matière d'assurance de la qualité. Aux termes de la Loi sur les grains du Canada, une variété de grain doit être enregistrée pour être admissible à une classe commerciale prescrite (p. ex. le blé roux de printemps de l'Ouest canadien) et bénéficier du paiement connexe. Ainsi, les variétés sont soumises à des essais de la valeur propre à une classe commerciale donnée. Les Comités de recommandation évaluent ensuite toutes les nouvelles variétés par rapport aux variétés repères de « chaque classe » pour un certain nombre d'utilisations « propres à une classe donnée », ainsi qu'à des critères concernant la résistance aux maladies et le rendement agronomique; ils recommandent ensuite, aux fins d'enregistrement, les variétés qui répondent aux critères de valeur d'une classe de grains donnée.

Les listes des variétés désignées de la CCG sont ensuite utilisées par les producteurs et les manutentionnaires de grains pour déterminer les variétés admissibles à une classe donnée et aux paiements pertinents. Les manutentionnaires se servent également de ces listes à titre d'outil pour empêcher les variétés non admissibles d'affecter la qualité des chargements de grains, ce qui pourrait causer des problèmes aux utilisateurs. Lorsque l'ACIA annule l'enregistrement d'une variété à la demande du propriétaire, cette variété est par la suite supprimée de la liste des variétés désignées de la CCG et n'est plus admissible à une catégorie supérieure.

L'intégration des exigences de l'EV et du SAQG évolue continuellement avec les changements qui surviennent dans le secteur de l'agriculture afin de pouvoir améliorer constamment les produits canadiens et, en fin de compte, faciliter leur accès au marché. Par exemple, la création de la classe à des fins générales en 2008 et la classification de certaines variétés de blé de l'Ouest canadien a été modifiée dernièrement afin de répondre aux exigences du marché et aux besoins des producteurs. En veillant à l'uniformité fonctionnelle et aux attributs des utilisations finales, les chargements présentent une qualité de traitement plus uniforme d'une cargaison à l'autre et d'une année à l'autre. C'est particulièrement important dans le cas de produits dont les utilisations sont variées comme le blé, puisque de grandes quantités sont produites chaque année dans un large éventail d'environnements de croissance dans l'Ouest du pays.

À l'heure actuelle, le système de classification du blé de l'Ouest canadien couvre la teneur en protéines, des variétés de blé à faible teneur en protéines à celles à teneur élevée. Cependant, il est important de noter qu'une teneur élevée en protéines ne garantit pas automatiquement à elle seule la haute qualité d'une variété. Une fois que la teneur en protéines est supérieure à 11,5 à 12 pour cent, la fonctionnalité du blé, et non pas seulement la qualité, entre en jeu.

vii. Lien entre l'enregistrement des variétés des cultures et la certification des semences

Après qu'une variété de culture ait été recommandée par un CR aux fins d'enregistrement, la dernière étape consiste à présenter une demande au BEV de l'ACIA. Les titulaires d'une homologation doivent fournir divers renseignements, notamment la description officielle de la variété (description phénotypique), l'origine génétique, l'identification du sélectionneur, le représentant/demandeur canadien, le type variétal, les espèces, la sorte de culture, les listes de l'Association of Offical Seed Certifying Agencies (AOSCA) et des systèmes des semences de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (s'il y a lieu), ainsi qu'un échantillon de semences de référence. D'autres renseignements supplémentaires peuvent être demandés, selon le type de culture. Par exemple, dans le cas des variétés de VCN, il faut présenter un protocole d'essai permettant de déceler le caractère nouveau aux fins d'examen et d'approbation par l'ACIA avant l'enregistrement de la variété.

Après l'avoir reçu, l'ACIA sème également le nouvel échantillon de semences de référence au cours de la saison suivante. Les résultats sont examinés aux fins de pureté variétale, conformément à la description de la variété soumise par le demandeur. Dans quelques cas, lorsque la situation le justifie, une analyse d'ADN supplémentaire est utilisée aux fins d'identification.

Le BEV de l'ACIA vérifie tous les renseignements indiqués ci-dessus, ainsi que tout trait des VCN (p. ex. les traits approuvés pour une dissémination en milieu ouvert) dans le but de les saisir dans une base de données tenue à jour par l'ACIA à des fins de traçabilité et de référence officielle.

Dans le cas des cultures non visées par l'enregistrement des variétés (p. ex. le maïs et le soya alimentaire), l'Association canadienne des producteurs de semences (ACPS) exige des renseignements très similaires pour son processus de certification du « formulaire 300 » avant que les semences d'une nouvelle variété soient certifiées par l'ACIA. Le processus du « formulaire 300 » présente certaines similitudes avec l'enregistrement prévu par la partie III puisqu'il exige en grande partie les mêmes renseignements, mais ces derniers ne sont pas vérifiés par l'ACIA ou saisis dans sa base de données. En ce qui concerne les listes des systèmes des semences de l'OCDE, l'ACIA agit à titre d'autorité désignée pour le Canada, et la liste des variétés doit être dressée par l'entremise du BEV.

L'OCDE et l'AOSCA sont des organismes dédiés à la normalisation et l'harmonisation des normes internationales de certification des semences afin de faciliter le commerce entre les pays et au sein de ces derniers. Depuis 1958, les systèmes des semences de l'OCDE sont accessibles aux pays membres de l'OCDE, ainsi qu'à d'autres membres des Nations Unies. À l'heure actuelle, 58 pays, dont le Canada, y participent. Les systèmes de semences ont pour but de veiller à l'identité variétale et à la pureté des semences au moyen d'exigences et de contrôles appropriés pendant la culture, le traitement des semences et les activités d'étiquetage.

Le précurseur de l'AOSCA était l'Association internationale pour l'amélioration des cultures, fondée en 1919 par le Canada et 12 États américains. L'AOSCA a pris de l'expansion depuis, et elle compte aujourd'hui parmi ses membres plus de 50 organismes gouvernementaux et organisations non-gouvernementales chargés de la certification officielle des semences des États-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie, du Chili, de l'Argentine et de l'Afrique du Sud. L'ACIA et l'ACPS sont membres de l'AOSCA.

La classification génétique des semences et des cultures semencières contribue à maintenir la pureté variétale grâce au processus de multiplication des semences. Cet aspect est particulièrement important pour maintenir le rendement, la qualité et la résistance aux maladies et autres caractéristiques distinctives d'une variété, lesquels émergent lors du processus de sélection variétale et d'enregistrement des variétés.

La classification génétique ou la multiplication des semences certifiées au plan génétique désigne un processus de multiplication des semences contrôlé de génération en génération reposant sur des normes de pureté uniques à chacune des étapes de la multiplication. Ce processus est rigoureusement défini par l'ACPS et repose sur des normes s'appliquant aux inspections et aux facteurs liés à la culture au champ.

L'ACPS est reconnue par la Loi sur les semences et le Règlement à titre d'organisme de classification génétique officiel du Canada chargé de prescrire les normes de pureté variétale et de certifier les cultures semencières pour toutes les cultures agricoles, à l'exception des pommes de terre, dont la culture relève de l'ACIA en raison de certains facteurs particuliers (p. ex. méthode de propagation, contrôle des maladies).

viii. Lettre du ministre aux Comités de recommandation

En février 2013, le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a envoyé une lettre à tous les CR sollicitant leur appui aux efforts déployés par le gouvernement dans le but d'accroître les innovations en effectuant un examen de leurs activités et de leurs structures respectives afin d'éliminer des obstacles qui pourraient inutilement nuire à l'innovation dans le secteur des cultures. Le ministre a demandé aux CR de déterminer la meilleure façon de s'assurer que le Canada adopte une approche à l'égard de l'enregistrement des variétés qui favorise l'innovation dans la sélection variétale et équilibre les intérêts des producteurs et des autres membres de la chaîne de valeur des cultures. Plus particulièrement, il a demandé aux CR d'examiner tous les aspects de leurs travaux, ce qui comprend :

  • le recours aux assouplissements prévus dans le système actuel pour rationaliser les procédures des comités;
  • la réévaluation et, si possible, la réduction des exigences relatives aux données et du nombre d'années d'essais au champ préalables à l'enregistrement, et l'acceptabilité des données d'origine étrangère, s'il y a lieu;
  • la modification de la structure et de la composition des comités afin d'assurer une représentation complète et équilibrée de la chaîne de valeur;
  • l'examen de possibilités pour rationaliser l'évaluation de la valeur, s'il y a lieu.

À ce jour, un certain nombre de CR ont répondu à la lettre du ministre en indiquant leur intention d'examiner leur structure et leur fonctionnement actuels et/ou de formuler des propositions spécifiques de changement.

III - Approches d'autres pays à l'égard de l'enregistrement des variétés

En général, le processus d'élaboration d'une nouvelle variété et de sa mise en marché est long, quel que soit la culture ou l'endroit où elle est mise au point. Toutefois, ce ne sont pas tous les pays qui disposent de systèmes d'enregistrement des variétés prescrits par la loi comme le Canada. Aux États-Unis, aucun processus obligatoire d'enregistrement des variétés, faisant l'objet d'une surveillance par le gouvernement fédéral, n'est exigé. Toutefois, les sélectionneurs de végétaux peuvent effectuer des essais de rendement d'une durée de deux à trois ans avant la commercialisation de leurs produits. Ces essais permettent de fournir aux producteurs des données fiables sur le rendement, et aux utilisateurs des données fonctionnelles sur les propriétés des grains. L'Australie ne dispose pas non plus d'un système obligatoire d'enregistrement des variétés. Cependant, pour que les nouvelles variétés de blé obtiennent une classification pour faire leur entrée dans le système australien d'exportation du blé, les créateurs de variétés doivent obtenir des données de rendement dans le cadre d'essais au champ s'échelonnant sur un certain nombre d'années.

Tous les pays de l'Union européenne (UE) ont des exigences obligatoires de certification des semences et d'enregistrement des variétés pour la commercialisation des principaux types de cultures agricoles. En ce qui concerne les directives de l'UE concernant l'enregistrement des variétés, il faut évaluer le rendement possible, la résistance à certains organismes ravageurs, le comportement environnemental et la qualité, mais ces directives ne donnent pas de lignes directrices particulières (p. ex. le nombre d'emplacements ou la durée des essais). Par conséquent, les programmes et les exigences d'essai sont très différents dans les états membres. En 2012, l'UE a amorcé un examen de ses lois concernant l'enregistrement des variétés et la certification des semences. En raison des pressions financières de plus en plus fortes exercées sur ses états membres et de la nécessité d'atténuer le fardeau administratif des utilisateurs du système de certification des semences et d'enregistrement des variétés, on a proposé plusieurs scénarios aux fins de consultation publique. Les résultats de cet examen (en anglais seulement) ont été publiés en mai 2013. Les nouvelles propositions visent à trouver un équilibre entre les forces du système actuel et le désir des intervenants de réduire les coûts et la complexité et d'accroître l'efficience. L'adoption des recommandations dans l'ensemble de l'UE devrait s'échelonner ensuite sur une période de deux à trois ans.

Au Brésil, le ministère de l'Agriculture supervise un système d'enregistrement des cultures. Chaque chaîne de valeur des cultures est chargée de définir les exigences pour l'enregistrement d'une culture (p. ex. le nombre d'années et d'emplacements pour les essais au champ préalables à l'enregistrement, les critères qu'il faut respecter, etc.). Le gouvernement fédéral procède à l'enregistrement final de la variété en se fondant sur les recommandations formulées par une chaîne de valeur.

IV - Enregistrement des variétés – options pour l'avenir

Dernièrement, il y a eu beaucoup de discussions concernant le rôle de l'enregistrement des variétés au Canada, particulièrement pour le blé dans l'Ouest du pays. Certains intervenants sont d'avis que l'enregistrement des variétés des semences au Canada constitue la pierre angulaire du système d'assurance de la qualité des semences et des grains, et permet au Canada de se démarquer de bon nombre de ses concurrents. Cette uniformité de la qualité représente un aspect clé de la marque du Canada. De plus, on a l'impression que les CR disposent de la marge de manœuvre nécessaire pour adapter leurs procédures opérationnelles afin de répondre aux exigences de la chaîne de valeur de chaque culture.

Par contre, d'autres intervenants ont indiqué que le système d'EV met trop l'accent sur des attributs de qualité pour certaines classifications de blé, par exemple. Cette importance accordée à certains attributs peut restreindre l'innovation, puisqu'il est possible que certaines variétés qui répondent à d'autres exigences du marché que ces attributs ne soient pas recommandées par les CR et ne soient pas cultivées au Canada. En vertu du Règlement, les CR sont tenus d'exercer leurs activités d'une manière équitable, ouverte et transparente. Malgré cela, des intervenants s'inquiètent du fait que la subjectivité de la prise de décisions au moyen d'un scrutin des CR jette un certain doute et ne soit pas compatible avec l'approche scientifique à l'égard du développement de nouvelles variétés.

En outre, d'autres intervenants ont affirmé qu'on pourrait apporter certaines « modifications » au système actuel d'EV afin d'en accroître la rapidité et le nombre de nouvelles variétés recommandées aux fins d'enregistrement. Mais, de façon générale, le système actuel est souple et fonctionne correctement, et le Canada ne devrait pas « jeter l'enfant avec l'eau du bain ».

Compte tenu de la diversité des points de vue, ce processus de participation sollicitera des commentaires sur quatre options possibles aux fins d'examen par le gouvernement fédéral. Cet examen et la mise en œuvre possible de l'une ou l'autre des options doivent être pris en compte dans un contexte à moyen terme (deux à trois ans). Ils s'ajoutent également à des modifications plus immédiates que peuvent apporter les CR dans le but de rationaliser leurs processus actuels pour donner suite à la lettre du ministre de février 2013.

Il est également important de noter que les options décrites ci-dessous ne donnent aucun détail particulier concernant leur mise en œuvre ou ne fournissent aucune analyse approfondie de leurs effets possibles sur les systèmes pour lesquels l'EV est étroitement lié, comme les systèmes d'assurance de la qualité des grains et de certification des semences. Suite au processus de participation, le gouvernement du Canada devra évaluer les questions liées à la mise en œuvre, comme les agents d'exécution appropriés, et s'assurer que tous les facteurs applicables liés à la santé, à la sécurité ou autres ont été pris en compte.

Option 1 - Laisser émerger la souplesse inhérente au système actuel d'EV

Puisque des modifications importantes ont été apportées dernièrement au système d'enregistrement (notamment en 2009) et que le processus de développement de nouvelles variétés est long (peu importe le type de culture ou le pays), on peut penser que le système actuel n'est pas en place depuis assez longtemps pour faire la preuve de toute la souplesse dont il dispose. Par exemple, il n'y a pas encore eu de transfert de types de cultures vers de nouveaux volets du système d'enregistrement en trois parties, bien que le transfert de certaines cultures soit en cours. Comme indiqué précédemment, des assouplissements prévus au sein des Comités de recommandation permettent de modifier les procédures opérationnelles (p. ex. exigences en ce qui concerne la valeur). Certains CR ont eu recours à ces assouplissements, et certains ne l'ont pas fait. La décision de retirer l'apparence visuelle distinctive du grain (DVG) pour le blé en 2008 a reçu un large appui des intervenants puisqu'il y avait des inquiétudes selon lesquelles la DVG constituait un obstacle à l'amélioration du rendement. Enfin, la classe à des fins générales du système de classification du blé n'ait disponible que depuis 2008.

Par conséquent, l'une des options consisterait à permettre aux répercussions des modifications apportées récemment au système de faire sentir leurs effets, et ensuite à réévaluer au cours des cinq prochaines années s'il faut apporter au système d'autres modifications.

Des activités de sensibilisation sur les souplesses du système actuel, plus particulièrement les communications sur la façon dont il est structuré, sur le mode de fonctionnement des CR, sur le rôle du gouvernement fédéral dans l'EV et la marge de manœuvre dont les créateurs de variétés de cultures bénéficient pour travailler avec les CR afin de produire les données exigées, pourraient permettre de mieux comprendre le processus d'enregistrement des variétés et de mieux l'utiliser afin de maximiser les retombées prévues dans l'ensemble des chaînes de valeur des cultures.

Option 2 - Rationaliser le processus réglementaire en exigeant que toutes les cultures répondent à des exigences d'enregistrement minimales avec la possibilité pour certaines cultures de faire l'objet d'une évaluation de la valeur au moyen d'un processus d'évaluation indépendant

En vertu de cette option, le gouvernement fédéral ferait connaître son intention de soumettre tous les types de cultures actuellement visés par les parties I et II à une exigence d'enregistrement fondamentale appelée « partie III ».

Lorsque le système d'EV révisé a été mis en place en 2009, la plupart des types de cultures étaient classés par défaut dans la partie I, dans l'espoir que leur transfert dans la partie II et la partie III s'effectuerait rapidement dans le cas des cultures pour lesquelles on souhaitait réduire le nombre d'exigences auxquelles elles étaient soumises. Certains intervenants se sont dits préoccupés par la lenteur de ce processus.

En vertu de l'option 2, la classification par défaut serait la partie III, qui présente l'exigence d'enregistrement minimum (voir le premier paragraphe de la section 1) vii du présent document) et qui fait l'objet d'une surveillance par le gouvernement fédéral. Cependant, les types de cultures qui, de l'avis des chaînes de valeur, sont assujettis à un CR et à une évaluation indépendante de la valeur pourraient demeurer dans la partie I ou la partie II, le cas échéant. Pour que des types de cultures demeurent dans la partie I ou la partie II, il faudrait un motif très valable et un consensus de la chaîne de valeur des cultures en vertu du système actuel d'EV. Ainsi, une plus grande surveillance serait nécessaire pour conserver cette classification, dans la mesure où les membres des chaînes de valeur sont collectivement d'accord sur ce point (c.-à-d. il n'y aurait pas de transfert). Par exemple, on pourrait tenir compte de certaines classifications de blé (pas nécessairement la totalité) qui demeurent dans la partie I, alors que d'autres sont transférées dans la partie II ou la partie III.

Option 3 - Rationaliser le processus réglementaire en maintenant un niveau minimum de surveillance par le gouvernement fédéral (semblable à celui actuellement prévu par la partie III) et éliminer les données de rendement ou les évaluations de la valeur du système d'EV

Cette option reprend bon nombre des éléments de l'option 2 ci-dessus. Toutefois, il ne serait pas possible pour les types de cultures de demeurer dans la partie 1 ou la partie 2 puisque ces volets, ainsi que les CR et les évaluations de la valeur, seraient complètement éliminés.

Cette option propose une diminution supplémentaire du niveau de surveillance exercée par le gouvernement fédéral sur le système d'EV. Par exemple, avec la disparition des CR, ces derniers ne seraient plus tenus de soumettre leurs procédures opérationnelles aux fins d'approbation par le BEV de l'ACIA chaque année, comme c'est le cas présentement.

Toutefois, comme dans le cas des cultures de la partie III actuellement, le BEV continuerait de jouer un important rôle de surveillance en vérifiant les renseignements fournis dans les demandes d'enregistrement, conserver des échantillons de semences de référence, etc. Les exigences relatives à l'enregistrement des variétés dans la partie III continueraient d'imposer des règles du jeu équitables en matière de concurrence puisqu'une surveillance réglementaire de la caractérisation et de l'identification des variétés aurait pour effet de prévenir les pratiques frauduleuses. En vertu de cette option, l'enregistrement des variétés continuerait de soutenir la certification des semences.

Dans le cadre des consultations qui ont mené en 2009 à la mise en œuvre du système d'enregistrement à volets des variétés, on a proposé le concept de groupes de consultation responsables d'une culture en particulier qui pourraient remplacer les CR à titre de tribune pour les discussions des chaînes de valeur après le transfert des cultures dans la partie III. Ce concept fait la preuve qu'il serait intéressant de réunir les intervenants qui s'occupent d'une culture en particulier pour des discussions coordonnées et la prise de décisions. C'est ce que font actuellement les CR lorsqu'ils se réunissent chaque année pour approuver des modifications apportées à leurs procédures opérationnelles. Le groupe de consultation responsable d'une culture en particulier serait indépendant du système d'EV et dirigé par l'industrie.

En vertu de cette option, les chaînes de valeur des cultures auraient le loisir de concevoir et de mettre en œuvre des systèmes qui produisent et diffusent des données indépendantes sur le rendement et autres renseignements, rôle que jouent présentement les CR en vertu du processus d'essai conjoint actuellement prévu par les parties I et II. Cette situation serait similaire à celle qui existe à l'heure actuelle dans le secteur du maïs au Canada. Il est important de prendre note que l'ACIA ne dispose d'aucun pouvoir en vertu de la Loi sur les semences ou du Règlement pour recueillir ou publier des données d'essais postérieurs à l'enregistrement à titre d'exigence pour l'enregistrement des variétés.

Option 4 - Supprimer le rôle de surveillance du gouvernement fédéral dans l'EV pour permettre à l'industrie ou à d'autres parties d'assumer cette fonction

Cette option exigerait l'élimination du rôle de surveillance directe exercé par le gouvernement fédéral dans le système d'EV. L'ACIA et Santé Canada continueraient de veiller à l'innocuité pour l'alimentation humaine, l'alimentation du bétail et l'impact sur l'environnement des VCR, au même titre qu'un mécanisme permettant d'assurer une traçabilité. Les obligations internationales en vertu desquelles le gouvernement fédéral doit assumer un rôle d'agent de liaison à l'échelle nationale seraient maintenues.

Essentiellement, cette option équivaudrait à exempter de l'enregistrement des variétés toutes les cultures – comme c'est actuellement le cas pour le maïs, le soya alimentaire et certaines autres cultures. Les fonctions liées à l'enregistrement des variétés qu'assume le BEV de l'ACIA (p. ex. accepter et vérifier le dossier d'information pour l'enregistrement des cultures de chaque demandeur, recueillir et conserver des échantillons de semences représentatifs, et effectuer des essais pour la vérification des variétés) seraient transférées à des organismes responsables d'une culture en particulier ou à l'industrie des semences aux fins de gestion.

L'Association canadienne des producteurs de semences ou une tierce partie pourrait assumer les fonctions qu'exerce actuellement le BEV de l'ACIA (p. ex. la conservation des échantillons de référence, la « croissance » de nouvelles variétés, la surveillance et la résolution des conflits au sujet d'autres revendications liées à des variétés).

Annex A - La sélection variétale et le processus d'enregistrement des céréales au Canada

La sélection variétale, depuis la sélection initiale jusqu'à la commercialisation des semences pour la culture par un fermier, exige plusieurs années d'évaluation des lignées généalogiques, de sélection des traits et d'essais, suivis par des essais au champ, par l'enregistrement et enfin par la multiplication des semences. Selon le type de culture, le sélectionneur et la complexité des critères de sélection, ce processus peut prendre jusqu'à 12 ans pour qu'une semence soit prête pour la vente dans le commerce.

En règle générale, l'amélioration génétique des cultures de céréales demande au moins de six à sept ans (et souvent plus) de travaux d'amélioration et de sélection des végétaux, suivis d'une année ou deux d'essais précoces pour déceler les lignes supérieures dans le programme d'amélioration génétique. Les sélectionneurs doivent connaître leurs objectifs d'amélioration génétique de nombreuses années à l'avance pour pouvoir connaître du succès dans le marché.

L'étape suivante consiste à admettre les candidats qualifiés aux essais officiels en vue d'une recommandation aux fins d'enregistrement des variétés. Un coordonnateur officiel des essais relève du Comité de recommandation (CR) et assume ses fonctions conformément à des procédures opérationnelles documentées. Les frais liés à ces essais sont généralement assumés par le créateur de la variété.

La plupart des essais réalisés sous l'autorité d'un CR sont inspectés par un représentant du CRPBST et approuvés par le CR.

Encore une fois, prenons l'exemple du blé de l'Ouest canadien. Les essais auxquels une variété est soumise dépendent de l'utilisation finale prévue (p. ex. pour quelle classification de blé ils sont prévus) et peuvent également inclure la zone d'adaptation visée. Chaque type d'essai possède sa propre série de variétés témoins auxquels la variété candidate sera comparée. Cette comparaison s'effectue par rapport à une série de critères particuliers permettant de déterminer la valeur globale. Une variété candidate présente une valeur si elle est équivalente ou supérieure aux variétés témoins appropriées pour la classe de blé pour laquelle elle est évaluée (p. ex. blé roux de printemps de l'Ouest canadien, blé de printemps Canada Prairie, blé dur ambré de l'Ouest canadien, etc.). Dans le cadre de ces essais au champ, entre cinq et sept traits d'ordre agronomique sont évalués pour déterminer si on pourrait en faire la culture commercialement. On évalue la sensibilité aux maladies des céréales les plus répandues qui entraînent des pertes économiques importantes. Les évaluations de la qualité sont concentrées sur quatre aspects : la qualité physique des grains, la qualité meunière, la qualité rhéologique et la qualité de l'utilisation finale. La classe de blé à des fins générales fait exception puisqu'elle n'exige aucun essai de qualité. Les équipes d'évaluation des CR, une pour l'agronomie, une autre pour les maladies et la troisième pour l'évaluation de la qualité, délibèrent de façon indépendante et votent pour en arriver à une évaluation finale.

Ensuite, les trois équipes d'évaluation se réunissent et rendent compte de leurs résultats au CRPBST. Après avoir pris connaissance des résultats et des recommandations en rapport avec l'agronomie, les maladies et la qualité, les membres du CRPBST habilités à voter prennent un vote à savoir si la variété possède ou non une valeur et peut être recommandée aux fins d'enregistrement.

Les variétés candidates exigent 24 stations-années de données recueillies au cours d'une période de trois années civiles. Il était également nécessaire d'effectuer des essais préalables à l'enregistrement avant de passer aux essais aux fins d'enregistrement, mais l'élimination de cette exigence est proposée afin de raccourcir d'un an la durée des essais. Le choix des essais auxquels le créateur de la variété participe dépend normalement de la région dans laquelle se fera la production.

Si la variété est recommandée par le CRPBST (en règle générale en février de chaque année), l'étape suivante consiste à présenter une demande d'enregistrement de la variété auprès du BEV. Le BEV exige normalement un délai de traitement de huit semaines pour un dossier de demande complet et précis.

De façon générale, lorsqu'une variété fait l'objet d'une recommandation au cours de l'hiver (en février) d'une année donnée et lorsque la demande est transmise au BEV en mars de la même année, cette variété sera enregistrée à temps pour l'ensemencement durant la même campagne agricole. Dans le cas des céréales, au cours de la première année suivant l'enregistrement, les ventes commerciales sont généralement très limitées puisqu'on met plutôt l'accent sur la production de semences généalogiques. Le rapport de multiplication des semences détermine la vitesse à laquelle un créateur de variété peut passer à la production à grande échelle de quantités commerciales de semences. Il s'agit simplement de la quantité de semences qu'on peut récolter à partir d'une graine semée. Cela dépend de la biologie du type de culture. Des cultures comme le canola et le maïs ont des rapports de multiplication des semences élevés (de l'ordre de 1 000 environ), tandis que les grains de céréales présentent un rapport moins élevé (de 100 environ). En raison de leur rapport de multiplication des semences plus faible, les céréales exigent un plus grand nombre de cycles de production de semences généalogiques et un délai de mise en marché plus long. Toutefois, certaines dispositions du Règlement et le système de certification des semences permettent aux créateurs de variétés de se lancer dans la multiplication des semences avant l'enregistrement des variétés, ce qui contribue à atténuer les effets de ces restrictions.

Les créateurs de variétés doivent soumettre un dossier de demande d'enregistrement de variétés auprès du BEV de l'ACIA. Les exigences du BEV pour l'enregistrement des céréales sont les suivantes :

  1. le paiement des frais (875 $ pour un nouvel enregistrement à l'échelle nationale);
  2. un formulaire de demande rempli comprenant une déclaration de marque de commerce, une déclaration de végétal à caractères nouveaux (VCN) (s'il y a lieu), un protocole d'essai moléculaire de VCN (s'il y a lieu) et, dans le cas de variétés d'AAC, l'approbation du Bureau de la propriété intellectuelle et de la commercialisation d'AAC;
  3. une lettre de recommandation du CR (pour les cultures de la partie I et de la partie II);
  4. une copie du dossier de données utilisé par le CR pour formuler sa recommandation;
  5. une description de la variété (formulaire de description objective ou FDO);
  6. l'origine génétique et des renseignements généalogiques concernant la variété;
  7. un échantillon de semences de référence de 500 g;
  8. la désignation par écrit du représentant canadien, du sélectionneur, du propriétaire, du mainteneur de la variété et du distributeur au Canada de la variété.

Sur les 340 variétés de blé actuellement enregistrées au Canada, 56 proviennent des États-Unis et 26 de l'Union européenne (UE). Dans le cas de l'orge, on compte en moyenne 11 variétés enregistrées par année, mais depuis quelques années, ce nombre est inférieur à 10. Au cours des cinq dernières années, sept variétés mises au point aux États-Unis ont été enregistrées au Canada.

À titre de comparaison, au cours des six dernières années, on a enregistré en moyenne 24 variétés de canola (une autre culture de la partie I). Sur les 404 variétés recommandées à ce jour aux fins d'enregistrement, seulement 145 ont été enregistrées.

Nombre de nouvelles variétés enregistrées au Canada, cultures sélectionnées, par année
  2007 2008 2009 2010 2011 2012
Source: Bureau d'enregistrement des variétés de l'ACIA
Blé 14 17 22 25 19 21
Orge 13 13 13 10 7 6
Canola 26 17 30 31 25 16

Formats de rechange

Aide sur les formats de rechange

Enregistrement des variétés des cultures au Canada : enjeux et options (version PDF, 799 ko)

Date de modification :