Agriculture 2020 Rapport pris sur le vif

Formats de rechange

Séances d'engagement du secteur agricole et agroalimentaire canadien, qui se sont tenues au printemps 2010

2 novembre 2010


Introduction

Au printemps 2010, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont entrepris un dialogue avec des représentants du secteur canadien des produits agricoles, agroalimentaires et agro-industriels (le secteur) pour :

  • parvenir à une compréhension commune de la situation du secteur et des principaux facteurs qui façonnent son avenir,
  • cerner les objectifs à long terme du secteur,
  • discuter de la façon dont le secteur et les gouvernements peuvent s'employer ensemble à relever les défis de l'avenir et à tirer profit des possibilités qui se présenteront à eux.

Treize ateliers d'engagement fédéraux/provinciaux ont eu lieu à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique et deux ateliers nationaux ont été organisés à Ottawa avec des leaders des intervenants représentant les agriculteurs et l'industrie des produits agroalimentaires et agro-industrielsFootnote 1. Des fonctionnaires ont aussi rencontré des représentants de tables rondes sur les chaînes de valeur qui réunissent les chefs de file de tous les maillons d'une chaîne de valeur particulière d'un sous-secteur - détaillants, agriculteurs, transformateurs, exportateurs et autres - pour discuter de ce qu'ils peuvent faire ensemble pour assurer le succès global, à long terme, de tous les intervenants. Les participants ont eu des discussions franches et ouvertes sur l'avenir de l'industrie agricole au Canada et se sont engagés sur la voie d'un consensus sur les principaux enjeux et orientations stratégiques.

En général, les réunions ont été évaluées positivement. Bon nombre ont dit apprécier la possibilité de discuter des défis que doit révéler le secteur sur une tribune ouverte où les gouvernements et un échantillon représentatif du secteur écoutaient ce que les autres avaient à dire. Certains ont proposé que le dialogue soit étendu pour inclure, par exemple, un plus grand nombre de groupements des domaines de la santé, de la consommation et de l'environnement ainsi que des représentants du secteur financier. Les participants se sont montrés très ouverts en exprimant leurs préoccupations, en émettant un large éventail d'opinions sur les défis et les possibilités offertes au secteur et, dans de nombreux cas, en formulant des recommandations sur des façons de régler ces problèmes. Ils veulent savoir comment les gouvernements vont réagir à leurs commentaires et ont manifesté beaucoup d'intérêt pour une participation à la prochaine série de consultations.

En moyenne, les ateliers duraient une journée complète divisée en deux parties. Dans la matinée, les participants ont discuté du contexte général et des tendances auxquelles le secteur aura à faire face la prochaine décennie. La deuxième partie de la journée était consacrée à l'examen d'une analyse préliminaire réalisée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux sur le rendement des programmes de gestion des risques de l'entreprise (GRE) et à considérer les implications en matière de politique et de programmes pour l'avenir.

Alors que le présent rapport tente de saisir l'essence de toutes les idées émises durant les discussions, il n'est qu'un résumé et donc n'inclut pas chaque commentaire formulé. Aucun effort n'a été fait ni pour évaluer la précision factuelle des points de vue exprimés ni pour concilier des points de vue opposés. De plus, les points de vue exprimés dans le rapport ne reflètent pas nécessairement ceux du ministère Agriculture et agroalimentaire Canada (AAC).

Enjeux et possibilités pour le secteur agricole

Bien que divers enjeux aient été soulignés durant les séances d'engagement dans l'ensemble du pays, quelques thèmes clés ont émergé des discussions :

  • Faire la preuve de la rentabilité du secteur est déterminante pour attirer les nouveaux. La planification de la relève est aussi importante pour garantir le maintien des bonnes pratiques agricoles.
  • Il faut reconnaître qu'agriculteurs, transformateurs et autres secteurs liés à la chaîne de valeur sont mutuellement dépendants et doivent collectivement faire face à leurs défis, avec la collaboration des gouvernements.
  • Le secteur doit mettre l'accent sur le développement de marchés nationaux et étrangers, en misant sur les avantages comparatifs du Canada et sur sa réputation de producteur d'aliments sains, de première qualité obtenus dans le respect de l'environnement.
  • Les gouvernements influent sur l'aptitude du secteur à soutenir la concurrence par :
    • le climat d'entreprise qu'ils créent,
    • l'efficacité de leurs systèmes de réglementation,
    • leur travail sur les dossiers de l'accès aux marchés et du commerce,
    • les types d'information, de programmes et de services qu'ils offrent.
  • L'approche universelle ne fonctionne pas avec un secteur aussi diversifié.
  • Il faut reconnaître que les dépenses actuelles consacrées par les gouvernements aux programmes de soutien du revenu agricole peuvent avoir, à long terme, un effet moins durable sur la promotion de la compétitivité et la rentabilité du secteur que des investissements pour :
    • la recherche et le développement scientifiques afin d'améliorer la productivité ou réduire les effets environnementaux,
    • l'échange d'information, la formation, le transfert et la commercialisation de technologies pour promouvoir l'innovation,
    • la recherche sur l'innovation en matière de développement et de gestion des marchés,
    • les améliorations du système de réglementation,
    • les investissements dans les infrastructures.
  • Les fluctuations du marché menacent la viabilité des exploitations agricoles. D'après de nombreux participants, les petites et moyennes fermes sont vitales pour le maintien d'une masse critique à l'intérieur du secteur et pour le dynamisme des collectivités rurales. Des stratégies et des modèles d'entreprise doivent être explorés pour les rendre rentables et durables.
  • Les programmes et les politiques doivent tenir compte des caractéristiques démographiques changeantes des nouveaux arrivants en agriculture.
  • Des programmes de GRE prévisibles, compréhensibles et mus par le marché sont des outils nécessaires.

Rentabilité

Pour de nombreux participants aux séances d'engagement, la rentabilité - chez les agriculteurs, les transformateurs et les détaillants - est l'enjeu clé du secteur. Les participants ont maintes fois soutenu que bien qu'une entreprise puisse être compétitive sur le marché mondial, elle ne sera pas viable à long terme si elle n'est pas rentable. Les participants ont reconnu l'interdépendance des agriculteurs, des transformateurs, des distributeurs et des détaillants à l'intérieur du secteur, ainsi que la nécessité de s'attaquer collectivement avec les gouvernements, aux questions clés comme :

  • Comment parvenir à une rentabilité cohérente pour tous les types d'entreprises du secteur?
  • Quels sont les investissements qui s'imposent pour rehausser la rentabilité des entreprises à l'intérieur de chacun de ces secteurs?
  • Quels sont les obstacles à la rentabilité?
  • Quels sont les marchés qui seront rentables?

Certains participants ont convenu que l'objectif de toutes les entreprises du secteur est de parvenir à une rentabilité régulière grâce au revenu tiré du marché. La plupart des agriculteurs et des transformateurs ont souligné qu'ils exercent peu de contrôle sur le prix qu'ils reçoivent pour leurs produits, en particulier en raison des changements de structure dans le secteur du détail. Certains agriculteurs ont fait valoir qu'ils devraient s'organiser eux-mêmes pour être plus efficaces dans la distribution plus équitable des profits au sein du secteur.

De nombreux participants ont admis que les dépenses actuelles consacrées par les gouvernements aux programmes de soutien du revenu agricole peuvent avoir de moins grandes répercussions à long terme sur la promotion de la compétitivité et de la rentabilité du secteur que d'autres investissements gouvernementaux possibles. Des discussions ont eu lieu sur le fait que les ressources doivent être divisées de façon équitable compte tenu que les gouvernements font face à des pressions fiscales.

Parallèlement, les participants ont souligné que les entreprises du secteur doivent survivre aux conditions immédiates du marché pour pouvoir bénéficier des investissements à long terme futurs. Les points de vue divergeaient énormément sur les responsabilités des agriculteurs ou des entreprises ainsi que des associations sectorielles dans l'atteinte et le maintien de la rentabilité et sur les circonstances dans lesquelles les gouvernements doivent intervenir pour pallier les difficultés provoquées par le mauvais temps ou les conditions du marché à court terme ou les replis à long terme du marché.

Certains agriculteurs participant à ces séances pensent que si leurs exploitations ne sont pas commercialement rentables, les gouvernements devraient compléter leur revenu grâce à des programmes de soutien financier. Certains agriculteurs croyaient que l'élargissement de la gestion de l'offre à des denrées additionnelles pourrait promouvoir la rentabilité, alors que de nombreux autres pensaient qu'elle forcerait un plus grand nombre d'agriculteurs à se retirer des affaires. Il y a eu des discussions pour savoir si les gouvernements devraient réglementer les prix des aliments pour permettre aux agriculteurs de réaliser un profit. Des producteurs dont l'offre est réglementée ont exprimé leur appui au modèle de gestion de l'offre, car il permet de tirer des revenus du marché. Cependant, ils ont aussi reconnu que les industries orientées vers l'exportation devraient réduire leurs activités pour pouvoir appliquer le modèle avec succès.

De nombreux participants sont d'avis que c'est aux agriculteurs d'assurer leur propre viabilité. Certains agriculteurs ont soutenu que les gouvernements devraient laisser l'industrie se débrouiller toute seule. Cependant, ils étaient généralement d'avis que les gouvernements devaient aider les agriculteurs dans les cas de catastrophe. Certains participants seraient plus enclins à accepter des programmes de soutien financier destinés aux agriculteurs plutôt qu'à d'autres entreprises du secteur comme les transformateurs, les détaillants, etc.

De nombreux agriculteurs ont souligné l'importance de l'utilisation des programmes de soutien financier, comme les actuels programmes de GRE, qu'ils considèrent comme un mécanisme d'ajustement durant les périodes de faible rentabilité. Les discussions ont longuement porté sur le moment où décider de changer ou de diversifier les activités de la ferme lorsqu'elle n'est pas rentable, par exemple lorsque les prix connaissent un fléchissement à long terme. Des participants ont souligné qu'il n'existait pas de réponse facile concernant le moment où décider de changer d'activité ou de quitter l'industrie. Diverses raisons peuvent expliquer une année de production non rentable, dont certaines échappent au contrôle des agriculteurs. Si ces derniers considèrent les pertes de production à cause du mauvais temps comme exceptionnelles, par exemple, ils pourraient ne pas apporter de changements à leurs activités, en particulier s'il fallait pour cela de gros investissements de capitaux. Après deux ou trois années de pertes attribuables au mauvais temps, ils peuvent être prêts à changer, mais peuvent ne plus disposer de l'actif nécessaire pour financer ce changement.

Investir pour l'avenir

À chacune des séances, l'importance des investissements dans les domaines suivants, tant par le secteur privé que par le gouvernement, a été largement reconnue comme moyen d'assurer la rentabilité future :

  • le développement des marchés et l'amélioration de l'accès aux marchés,
  • l'échange d'information, la formation et le transfert ou la commercialisation de technologies comme mécanismes de promotion de l'innovation,
  • les améliorations des régimes de réglementation,
  • la recherche et le développement scientifiques pour améliorer la productivité ou pour réduire les effets sur l'environnement.

Marchés et commerce

À chacune des séances, il y a eu des discussions poussées sur la recherche et le développement de marchés pour les produits agricoles canadiens.

Les agriculteurs reconnaissaient que les différentes sortes d'exploitations agricoles appelaient des stratégies de commercialisation différentes, selon leur type et leur mode de production. Par exemple, les producteurs de denrées à grande échelle peuvent tirer profit de leurs économies d'échelle, alors que les exploitations plus petites qui produisent des cultures de spécialité et du bétail doivent cibler des marchés à créneaux de plus grande valeur. Le caractère périssable des produits et les rapports avec des réseaux d'entreprise peuvent aussi aider à déterminer les marchés où les agriculteurs vendent leurs produits. De l'avis de nombreux participants, des approches stratégiques différentes doivent être adoptées pour répondre aux besoins d'exploitations d'échelles de production différentes.

Les participants reconnaissaient en général l'interdépendance entre agriculteurs, transformateurs et autres intervenants de la chaîne de valeur. Un certain nombre d'agriculteurs se sont dits préoccupés par les répercussions de récentes pertes de capacité de transformation alimentaire régionale, comme la fermeture d'une usine de mise en conserve dans le sud de l'Ontario, la perte d'un abattoir de porcs dans les Maritimes et les menaces de fermeture ailleurs au Canada. Une discussion dans les Maritimes a souligné que la perte de transformateurs d'aliments conduit à la perte de débouchés sur le marché. Des participants de la Colombie-Britannique ont fait remarquer que les déchets de l'industrie alimentaire pourraient être réduits, en grande partie, en les utilisant pour l'alimentation animale. On a souligné que des millions de tonnes de déchets sont utilisés, mais qu'ils doivent l'être à un coût équitable.

Plusieurs groupes percevaient la faiblesse de la capacité de transformation du Canada comme une sérieuse entrave à la compétitivité. Certains participants ont déclaré que l'industrie agricole canadienne doit investir dans la transformation et rénover les installations, pour s'assurer que la capacité de transformation demeure au Canada et soutenir avec succès la concurrence des agriculteurs américains. Certains participants souhaitaient que les gouvernements investissent directement dans l'amélioration de la capacité de transformation au Canada, alors que de nombreux autres voudraient que les gouvernements soutiennent le secteur de la transformation en créant un climat d'investissement positif.

Différents sous-secteurs de l'agriculture sont aussi interdépendants. Les agriculteurs savent depuis longtemps qu'une hausse des prix du maïs entraîne une augmentation des coûts des aliments du bétail assumés par les éleveurs. L'industrie de l'éthanol a poussé les prix du maïs à la hausse, mais l'effet sur les éleveurs a été compensé, dans une certaine mesure, par les drêches sèches de distillerie, un sous-produit de la fabrication de l'éthanol utilisé pour l'alimentation du bétail. Dans l'Ouest du Canada, les céréaliculteurs ont aussi souligné l'importance de la consultation des éleveurs en vue de fournir à ces derniers les céréales optimales pour l'alimentation de leur bétail.

Un certain nombre de participants ont souligné que l'industrie canadienne doit reconnaître que, compte tenu des conditions de production au Canada, elle est un producteur de grande qualité et ne devrait pas essayer d'être un producteur de denrées de base à faible coût. Il y a eu un débat sur le fait de savoir si le secteur devrait se concentrer sur les marchés en rapide expansion dans les économies en développement ou sur les marchés engendrant de grands profits. De l'avis général, l'industrie canadienne devrait insister sur la différenciation de ses produits sur les marchés nationaux et internationaux par les possibilités qu'offrent, par exemple, l'étiquetage, la traçabilité et l'image de marque. Dans une discussion de la Table ronde de l'industrie de boeuf, on a souligné que valeur tirée d'un animal suppose de nombreux produits distincts qui alimentent plusieurs types différents de marchés. Par l'intermédiaire de divers types de transformateurs, les profits tirés de l'animal dépendent souvent de la valeur reçue pour les abats et les peaux.

Des participants se sont dits préoccupés du fait qu'en raison de l'application de systèmes incohérents d'étiquetage et de réglementation dans l'ensemble du pays, il est plus difficile de faire connaître la valeur et les attributs des aliments aux consommateurs canadiens; souvent il en résulte que ces derniers sont déroutés et mal informés. Certains participants ont mentionné que le processus autorisant l'emploi d'une allégation santé avec un produit est très lent et coûteux. Au Manitoba, un participant a décrit comment des sociétés américaines utilisent des stations de télévision à la frontière américaine pour faire de la publicité sur les allégations santé de l'avoine canadienne auprès du public canadien, parce que ces allégations ne sont pas encore sanctionnées par les responsables de la réglementation canadienne.

De nombreux transformateurs jugent que la mention « Produit du Canada » est un pas dans la bonne direction, mais pensent que la limite des ingrédients a été placée trop haut. Certains ont proposé que l'étiquetage soit fondé sur le pourcentage de contenu canadien dans le produit.

Certains participants ont demandé pourquoi les lois sur le classement et l'étiquetage au Canada autorisent l'utilisation d'une feuille d'érable sur les produits importés. Ils pensent que ces étiquettes trompent le consommateur. Par exemple, le miel chinois peut porter la mention « Canada no 1 », ce qui trompe les consommateurs sur le pays d'origine du produit. D'autres ont fait remarquer qu'il n'existe aucune pénalité pour les produits frais mal étiquetés dans les magasins de détail.

L'approche de la chaîne de valeur et la nécessité d'une communication efficace dans cette chaîne ont fait l'objet de discussions dans un certain nombre de séances. De nombreux participants ont exprimé l'avis que les transformateurs et les détaillants savent mieux ce que désire le marché, et que les agriculteurs comprennent mieux ce qui est réalisable au plan de la production. Des participants ont fait valoir qu'une meilleure communication entre ces groupes conduirait à l'obtention de rendements optimaux pour la terre et de prix optimaux pour le produit.

Des participants de Guelph et de London ont longuement discuté des défis qui se sont présentés à des agriculteurs participant à des chaînes de valeur. Certains ont eu du succès avec l'approche de la chaîne de valeur contrairement à d'autres. Certains qui, au départ, avaient connu du succès avec des produits de première qualité ont vu les détaillants éroder leur bonification avec le temps. Certains agriculteurs ont mentionné que les gouvernements devraient être tenus de veiller à ce que les agriculteurs reçoivent leur « juste » part des profits engendrés par l'intermédiaire de la chaîne de valeur. Une conversation a eu lieu sur la nécessité pour les agriculteurs de modifier leur façon de penser et de passer du concept de chaînes d'approvisionnement, constituées d'acheteurs et de vendeurs n'ayant aucune communication entre eux, à celui de chaînes de valeur, qui supposent la collaboration et qui sont fondées sur la communication et les rétroactions entre les divers maillons de la chaîne. Là où des chaînes de valeur ont connu le succès, des changements et des améliorations continus ont été déterminants dans le maintien des prix bonifiés.

Des représentants du secteur canadien de la vente au détail ont indiqué que leur secteur avait été l'objet d'énormes fusions en raison de la concurrence, qui ont donné lieu à des changements comme à la présence de peu de détaillants, de plus grands points de vente et de systèmes de distribution plus centralisés. Les types de produits offerts ont aussi augmenté considérablement, en raison de la diversité ethnique de la population canadienne.

Les détaillants réclament maintenant une qualité constante pour un éventail d'attributs du produit. Collectivement, ces exigences équivalent à des normes fixées par les détaillants. Ces derniers veulent aussi que les produits qu'ils offrent leurs soient fournis régulièrement, toute l'année et à prix compétitif. La gestion de leurs relations avec leurs fournisseurs est devenue beaucoup plus complexe; en conséquence, ils tentent de réduire au minimum le nombre de fournisseurs avec lesquels ils transigent, car ils ne peuvent pas gérer un grand nombre de petits fournisseurs. De nombreux participants ont souligné que cette modification de la structure du détail a eu un profond effet sur les agriculteurs et les transformateurs d'aliments propriétaires de petites et moyennes entreprises, et menace leur survie :

  • Bon nombre de petites et moyennes entreprises de transformation ne peuvent fournir aux grands détaillants les quantités de produits que ces derniers recherchent, ou trouvent prohibitifs les coûts du transport de leurs produits dans le pays. Les produits de marque maison, qui peuvent provenir de n'importe où dans le monde, connaissent un regain d'importance depuis le repli économique. Certains transformateurs ont aussi demandé si les détaillants n'étaient pas un obstacle à l'innovation en raison des difficultés qu'ils ont à introduire de nouvelles informations dans les magasins et du coût de la présentation d'un nouveau produit au détail.
  • De nombreux agriculteurs particuliers ne peuvent répondre aux besoins des grands acheteurs comme les transformateurs, les grossistes, les distributeurs et les détaillants, et devront envisager différents arrangements commerciaux pour participer à ces marchés, comme des partenariats entre des producteurs de denrées pour parvenir aux grandes quantités d'approvisionnement, ou les coopératives agricoles/de producteurs, comme une façon de réaliser des économies d'échelle. Parmi les autres suggestions, citons l'encouragement du développement de connaissances, l'innovation en matière de produits alimentaires et le développement des compétences en gestion de l'entreprise. Certains ont dit craindre que la demande de taille uniforme ne crée un gaspillage de produits qui peuvent être sur ou sous-classés mais encore de bonne qualité. D'autres marchés doivent être développés pour ce produit.

De l'avis d'autres participants, les préoccupations concernant le fait que les grands détaillants se tournent vers de nouvelles chaînes d'approvisionnement mondiales sont exagérées. Un groupe de l'ouest du Canada a souligné que de grands fournisseurs de boeuf canadien n'ont aucune difficulté à négocier avec des acheteurs de grandes chaînes d'Amérique latine bien qu'ils n'approvisionnent pas les mêmes chaînes en Amérique du Nord ou en Europe. Ces participants ont souligné l'importance d'avoir des marchés ouverts, des programmes dynamiques de libéralisation des échanges et d'une réponse forte aux obstacles non tarifaires au commerce.

Prévoir les attentes et les exigences changeantes du consommateur et y répondre : La plupart des participants convenaient que les consommateurs seront les principaux moteurs de changement d'ici 2020. Bon nombre pensaient que les consommateurs choisissaient les produits les moins coûteux, et craignaient qu'ils ne négligent ainsi la qualité des produits canadiens. Cependant, des participants ont aussi souligné que les consommateurs canadiens sont de plus en plus intéressés par l'origine et la qualité de l'aliment qu'ils consomment et qu'ils recherchent des produits alimentaires plus sûrs, plus sains, plus pratiques et de plus grande qualité. De la sorte, le secteur a la possibilité de mieux renseigner les Canadiens sur le mode de production de leurs aliments et sur la salubrité et la qualité des produits canadiens.

D'après de nombreux participants, les consommateurs disposent de très peu d'informations sur l'agriculture qui soient fiables tout en étant faciles à comprendre. Bien que les écoles primaires dispensent une certaine formation sur l'agriculture, peu ou pas de programmes du genre sont disponibles aux niveaux plus élevés. Des participants se sont demandé s'il était préférable de changer le comportement des consommateurs par l'influence (information et éducation), ou par des contraintes plus ouvertes (une réglementation plus poussée et des droits). Plusieurs groupes étaient d'avis que les intervenants du secteur agricole devaient changer la perception qu'ont les Canadiens de l'agriculture, en engageant directement les collectivités, en créant des relations avec les citoyens et en démontrant les effets positifs de l'agriculture.

Des participants aimeraient que les administrations publiques (fédérales, provinciales/territoriales et municipales) collaborent avec le secteur et informent les consommateurs des réalités de la production alimentaire, comme sur la qualité des produits canadiens, le traitement sans cruauté des animaux, la salubrité des aliments canadiens et la rigueur du système canadien d'inspection des aliments. Ils pourraient, par exemple, pallier les craintes des consommateurs au sujet des méthodes de production comme les cultures génétiquement modifiées et mettre plus d'informations sur les systèmes de production alimentaire du Canada à la disposition du grand public. Plusieurs participants ont discuté de la façon de répondre positivement au mouvement de protection des droits des animaux pour prouver que les agriculteurs traitent leurs bêtes sans cruauté. Dans l'ensemble, de nombreux participants ont souligné le fait que le secteur doit faire connaître aux consommateurs la valeur et le coût réel des aliments.

Développement d'une capacité de mise en marché : Il y a eu de longues discussions sur la nécessité pour les agriculteurs d'accorder un intérêt actif à la commercialisation de leurs produits et d'acquérir leurs propres compétences en matière de commercialisation.

Plusieurs participants ont soulevé la nécessité pour le secteur de procéder à des études de marché plus précises sur ce que veulent et souhaitent les consommateurs, sur le marché national et international. Ils ont souligné l'importance de comprendre le degré de connaissance des consommateurs au sujet des produits canadiens et de la façon dont ces connaissances éclairent leurs choix. Ils ont aussi admis que cette compréhension les aidera à déterminer comment mieux faire connaître aux consommateurs la façon dont leurs aliments sont produits et s'ils ont des attributs particuliers. À leur avis, les études de marché seront un facteur déterminant qui permettra de saisir des marchés à créneaux de première qualité.

Les participants ont longuement discuté de la façon d'ajouter de la valeur aux produits agricoles canadiens, et de la façon de promouvoir stratégiquement ces caractéristiques de plus-value sur les marchés nationaux et internationaux. Des participants ont fait remarquer que certains produits canadiens sont mis en marché dans le respect de normes de qualité très élevées et après une inspection en profondeur de leur salubrité, mais que ces qualités n'étaient en général pas mises en évidence au moment de la commercialisation du produit. Quelquefois, la valeur ne se traduit pas dans les prix de vente du produit.

Développement du marché intérieur du Canada : De l'avis de nombreux participants, le secteur était satisfait du développement du marché intérieur. En Saskatchewan, des participants ont souligné que le financement par AAC n'est offert que pour les marchés internationaux et ne vise pas le développement des marchés intérieurs. Bon nombre d'agriculteurs apprécient les campagnes de commercialisation provinciales, comme Ontario, terre nourricière, Aliments du Québec ou Buy Manitoba, qui ont lieu régulièrement pour promouvoir les produits locaux au moment de la récolte. Certains ont suggéré que le secteur devrait s'attacher à faire des produits canadiens le premier choix sur le marché intérieur avant de passer aux marchés d'exportation. Ce point de vue n'était pas partagé par les producteurs et les transformateurs orientés vers l'exportation.

Un certain nombre de participants perçoivent le développement de marchés à créneaux comme prometteur pour les agriculteurs, en particulier pour les petites et moyennes exploitations. Ils ont constaté une hausse de la demande d'aliments locaux et d'aliments possédant des qualités particulières au plan de la santé et de la protection de l'environnement qui, à leur avis, pourraient rendre ces marchés rentables, et que les petites et moyennes exploitations sont exceptionnellement bien placées pour répondre à la demande de produits de qualité et à la recherche d'une production plus compatissante. Ils ont aussi admis que le nombre de personnes produisant sur ces marchés doit être limité pour que cette approche soit rentable.

Plusieurs groupes voient dans le secteur biologique une possibilité appréciable d'ajouter de la valeur à leurs produits. Ils ont souligné que le Canada et les É.-U. devraient déterminer des normes communes visant les produits biologiques, afin de s'assurer que les consommateurs ont accès aux produits agricoles biologiques des deux pays. Une norme harmonisée faciliterait l'accès des agriculteurs canadiens aux marchés américains.

Un groupe a aussi parlé de la nouvelle tendance de l'agriculture urbaine. De l'avis de ces participants, ce type d'agriculture offre la possibilité d'amener les consommateurs plus près du site de production de leurs aliments. Cependant, ils ont aussi mentionné que si cette agriculture n'était pas bien réglementée - en particulier le fait d'élever du bétail en ville - elle pourrait créer des perceptions négatives de l'agriculture dans le public.

Certains participants pensaient aussi que l'agrotourisme est une excellente occasion pour l'industrie de lier l'agriculture au mouvement en faveur des produits alimentaires locaux, au patrimoine culturel du Canada et au tourisme. D'après l'un des participants, les restrictions sur l'exploitation de la faune dans les élevages pourraient être assouplies pour promouvoir cette approche.

Les agriculteurs comme les transformateurs d'aliments ont souligné que l'évolution des caractéristiques démographiques du Canada apporte au secteur un avantage compétitif d'importance. De longues discussions ont eu lieu sur les avantages de fournir des produits respectant des restrictions ethniques ou alimentaires comme moyens de créer des liens entre les consommateurs et leurs systèmes alimentaires. En plus d'encourager l'ouverture de nouveaux marchés à créneaux au Canada, cette méthode peut aider à élargir le marché international en donnant une idée de la nature de la demande des consommateurs étrangers. Ce ne sont pas tous les producteurs qui ont eu du succès en approvisionnant ces marchés. Ils reconnaissent qu'ils ont besoin d'aide en matière de recherche, pour comprendre et accéder aux marchés ethniques au Canada.

Des représentants de petits segments sectoriels aimeraient que des domaines de production qui recèlent la capacité de se développer comme ceux du mouton, du cheval, du bison, du cerf, de la chèvre, du wapiti, etc., aient un plus grand accès aux programmes de commercialisation gouvernementaux. Ces producteurs croient qu'une partie de la demande de leurs produits est insatisfaite et que des fonds de programmes ciblés pourraient leur permettre d'atteindre la masse critique nécessaire pour alimenter ces marchés. Ils veulent que les gouvernements octroient des fonds de commercialisation selon le potentiel de croissance du sous-secteur plutôt qu'en fonction de sa taille par rapport à d'autres secteurs de production.

Politique alimentaire nationale : Un certain nombre d'agriculteurs assistant aux séances ont souligné l'importance de l'élaboration d'une politique alimentaire nationale au Canada. Plusieurs organisations, comme la Fédération canadienne de l'agriculture (FCA) et l'Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA), discutent actuellement de cette approche avec une vaste coalition d'intervenants représentant le domaine médical, la santé, la consommation, la transformation et la vente au détail des aliments. Ce travail est encore à ses premiers stades, mais certains participants ont formulé le voeu que les gouvernements participent à ces discussions. Les agriculteurs qui ont souligné la nécessité d'une telle politique reconnaissent la contribution positive que l'agriculture peut apporter au règlement des questions de santé et de nutrition au Canada. Des producteurs veulent créer des possibilités de montrer aux Canadiens comment le système agricole et agroalimentaire moderne du Canada répond à leur quête de produits alimentaires sains, sans risque et à prix abordable. Des producteurs pensent également qu'une politique alimentaire pourrait, à son tour, régler certains des principaux problèmes économiques et sociaux qui se présentent aux agriculteurs et aux collectivités rurales. Au fil des discussions, il est également devenu clair qu'ils recherchent une approche stratégique cohérente de la part des gouvernements, qui va plus loin que la politique alimentaire et qui englobe tous les usages des produits agricoles pour l'alimentation, l'alimentation du bétail, la production de carburants et de fibres.

Certains participants ont lié la politique alimentaire nationale aux préoccupations liées à la sécurité alimentaire. Bon nombre de ceux qui ont établi ce lien voudraient maintenir la capacité régionale d'approvisionnement en aliments de production locale en cas de perturbations du transport ou pour contrer les coûts du transport qui devraient augmenter avec les prix du carburant. Le développement d'une capacité de production alimentaire était un grand dossier à Terre-Neuve en raison de la récente expérience vécue à cause de perturbations du transport.

Des participants ont aussi fait valoir que l'éducation des consommateurs et l'élargissement des marchés à créneaux pourraient aussi constituer une façon de promouvoir d'autres intérêts ou objectifs nationaux. Par exemple, la promotion des aliments canadiens de première qualité, sains et nutritifs, aiderait à réduire les problèmes de santé liés à l'obésité et au régime. De l'avis de certains participants, une stratégie d'éducation des consommateurs pourrait inclure une stratégie intégrée production, la transformation et la distribution visant à nourrir la population canadienne. Une telle stratégie aiderait à définir et à rendre transparente la distribution des recettes le long de l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis ce que paie le consommateur jusqu'au prix reçu par le producteur. Cette approche viserait à garantir que le producteur reçoit une juste part de l'argent dépensé par le consommateur.

Biens et services environnementaux : Certains producteurs sont d'avis que les gouvernements pourraient récompenser davantage les agriculteurs et les transformateurs qui fournissent des biens publics, comme la préservation environnementale et la salubrité des aliments. D'autres participants ont soutenu qu'ils ne pensaient pas que les gouvernements devraient récompenser les agriculteurs pour la prestation de biens et de services environnementaux - ils pensaient que les consommateurs étaient prêts à verser un prix supérieur pour des produits obtenus dans le respect de l'environnement, de sorte que la rémunération de l'agriculteur devrait provenir du marché.

Réaction au changement climatique : Des participants ont soutenu que l'adaptation au changement climatique donne au Canada l'occasion d'être un chef de file et ont encouragé la collaboration entre les gouvernements et l'industrie dans la mise au point de produits écologiques pour le secteur. Un groupe a mentionné que la protection par l'assurance-récolte devait être adaptée pour répondre à une situation climatique imprévisible.

D'autres participants ont fait état de la possibilité que le marché du carbone devienne une source de revenus pour les agriculteurs. Ils percevaient la collecte de données et la réalisation d'analyses pour établir l'empreinte carbone de leurs produits par l'intermédiaire de partenariats entre le gouvernement et l'industrie comme utiles, mais ils voudraient un système d'échange moins chaotique.

Bioéconomie et biocarburants : De nombreux participants considèrent la biotechnologie comme la meilleure solution s'offrant à l'industrie pour réduire l'utilisation des pesticides, augmenter les rendements, diminuer la consommation d'eau et développer des attributs de qualité et nutritionnels. Ils ont souligné que le Canada a besoin d'un financement soutenu de la recherche et d'un programme d'éducation des consommateurs pour soutenir le développement continu de nouvelles technologies.

Les questions suivantes liées à la biotechnologie ont été soulevées :

  • la résistance du consommateur à ces technologies,
  • les implications du contrôle ministériel des semences, mais la façon dont les producteurs peuvent profiter des recettes des investissements en innovation a été laissée comme une question ouverte,
  • la nécessité d'examiner comment le système de manutention et de transport des grains pourrait répondre aux demandes concernant la préservation de l'identité.

Plusieurs participants pensaient que la production de biocarburants au Canada ne représente pas un mode d'utilisation efficace de nos terres qui seraient mieux employées pour la culture de céréales de grande qualité. À leur avis, d'autres parties du monde conviennent mieux à la production de biocarburants. Un groupe de London, en Ontario, a mentionné que la façon dont se faisait le retrait de la biomasse des champs pour produire de l'énergie et des bioproduits pouvait ruiner la productivité et la base d'éléments nutritifs de leur sol.

Plusieurs participants ont fait état de l'expérience des États-Unis dans ce domaine. Ils ont déclaré que le Canada devrait pouvoir tirer des avantages positifs en agriculture en se tournant vers des sources d'énergie verte et en ajoutant de la valeur aux sous-produits et à la biomasse agricole. Un groupe de participants a aussi mentionné la nécessité pour le Canada de réformer les approches de la réglementation pour que les produits de la biotechnologie puissent atteindre le marché plus rapidement.

D'autres ont fait valoir que dans les secteurs de croissance, comme ceux des nutraceutiques, des aliments fonctionnels et des produits de la biotechnologie, les responsables de la réglementation devraient se montrer plus souples et accepter les produits alimentaires qui ont été éprouvés et acceptés dans d'autres pays. De nombreux participants ont aussi souligné que les sociétés devraient pouvoir se retrouver plus facilement dans le régime de réglementation fédéral de la biotechnologie pour qu'elles puissent amener de nouveaux produits de la biotechnologie sur le marché. Certains ont également noté que la réforme de la réglementation est déterminante en ce qui a trait aux allégations reliées à la santé.

Développement des marchés d'exportation : De nombreux participants ont souligné l'importance du développement d'une base de marchés d'exportation élargie. Pour ce faire, il faut disposer d'une meilleure connaissance des pays vers lesquels nous devrions exporter, du type de produit que recherchent les consommateurs étrangers, des caractéristiques démographiques de leur clientèle et de renseignements sur leurs concurrents. Bien qu'un bon nombre reconnaissaient que le marché intérieur diversifié du Canada puisse donner une idée de la demande internationale à la consommation, ils pensaient également qu'il est important de se renseigner sur ce que font les concurrents, pour améliorer la production du Canada et adapter ses produits à des marchés différents.

La marque Canada : Un certain nombre de participants ont déclaré que le Canada devrait réaliser un meilleur travail en matière de promotion et de commercialisation de la marque Canada sur la scène internationale, et que tous les intervenants de la chaîne de valeur devraient y participer. De l'avis de certains participants, l'agriculture nationale profiterait considérablement de l'élargissement du Programme de promotion de l'image de la marque Canada. Dans une autre discussion, on a noté que les gouvernements devraient réduire les obstacles et laisser les producteurs soutenir la concurrence sur le marché libre. Certains participants ont formulé l'idée d'un cadre de réglementation pour préserver la qualité des produits agricoles canadiens et forcer ainsi les agriculteurs à respecter des normes. Un tel cadre pourrait accroître la perception qu'ont les acheteurs de la salubrité des produits canadiens et de leur compétitivité au Canada et sur les marchés internationaux. Dans une discussion, on a dit craindre que le Canada ne possède pas les données nécessaires pour prouver que son rendement environnemental est meilleur que celui de concurrents étrangers.

Plusieurs participants ont recommandé la création d'un système d'information centralisé pour donner une réponse immédiate aux questions sur la traçabilité et la qualité, à titre d'outil de promotion de la marque afin de promouvoir la croissance et la rentabilité. À leur avis, la transparence en matière de production et de transport des produits apaiserait les craintes des consommateurs sur les origines et la manutention de leurs aliments.

Accès aux marchés : Bon nombre de participants ont mis l'accent sur l'importance de garantir et de maintenir l'accès aux marchés. À leur avis, l'un des rôles clés du gouvernement fédéral consiste à négocier en vue de réduire les droits et les obstacles commerciaux à l'échelle internationale, à établir des normes d'exportation et à protéger les produits canadiens contre des mesures commerciales déloyales ou protectionnistes.

Les participants ont discuté des avantages pour le Canada des accords commerciaux bilatéraux comparés aux accords multilatéraux. En général, ils s'entendaient pour dire que le gouvernement fédéral devrait appliquer les deux stratégies, pour que le Canada puisse atténuer les risques qu'il encourt. Un certain nombre de participants ont exprimé des préoccupations sur le fait que les négociations multilatérales à l'OMC semblent bloquées. Ils ont pressé le gouvernement fédéral de négocier d'autres accords de libre-échange, mais ont formulé l'opinion que le secteur agricole canadien ne devrait pas être désavantagé dans les négociations par rapport à d'autres secteurs.

De nombreux participants s'inquiétaient au sujet du recours à des obstacles commerciaux motivés par le protectionnisme. Ils ont discuté de cas comme :

  • les restrictions commerciales imposées par un certain nombre de pays en raison de la menace que constituait le virus H1N1, communément appelé « la grippe porcine », sans autre fondement scientifique,
  • les règles de « tolérance zéro » de l'Union européenne visant les denrées renfermant des traces d'organismes non approuvés aux termes des règlements, comme les organismes génétiquement modifiés et la préparation d'une position canadienne fondée sur une faible teneur face à l'approche de la tolérance zéro,
  • la mention du pays d'origine sur les étiquettes aux États-Unis, qui était perçue tant comme un problème pour les agriculteurs exportant des bovins vivants que comme un avantage pour les agriculteurs et les transformateurs aussi, si la viande était exportée plutôt que les animaux vivants,

Des participants ont pressé le gouvernement fédéral de se montrer proactif dans ces situations en défendant le secteur et ont souligné la nécessité pour lui de défendre activement les intérêts commerciaux du Canada en contestant des programmes étrangers comme les paiements anticyclique des États-Unis et les paiements verts à l'OMC et d'envisager de réclamer un traitement de réciprocité avec des pays commerçants.

Croissance des affaires

Les participants ont cerné plusieurs enjeux liés à la croissance de la productivité, comme :

  • la gestion des coûts de production,
  • la réalisation d'économies d'échelle,
  • l'adaptation aux effets d'un dollar canadien fort,
  • l'investissement dans l'infrastructure matérielle et institutionnelle.

Des participants ont discuté des difficultés des agriculteurs et des transformateurs d'aliments canadiens à soutenir la concurrence en matière de prix, sur le marché national et international et les attribuent :

  • aux subventions étrangères,
  • aux plus faibles coûts de la main-d'oeuvre dans des pays étrangers,
  • à l'application d'un régime d'inspection et de réglementation des aliments moins strict dans les pays étrangers,
  • à l'accès qu'ont les agriculteurs étrangers à des facteurs de production moins coûteux comme les médicaments, les engrais, les herbicides et les pesticides qui ne sont pas disponibles au Canada.

Les participants ont discuté de plusieurs idées qui permettraient d'améliorer la compétitivité du secteur en matière de prix. Dans le cas des agriculteurs, les coûts des facteurs de production comme les semences, les grains, l'énergie, le transport et les coûts du respect des règlements sur la protection de l'environnement et la salubrité des aliments sont des sujets de préoccupation d'importance, en particulier parce que les agriculteurs exercent peu de contrôle sur ces coûts. Les transformateurs ont souligné le coût élevé de l'inspection, en particulier lorsqu'on le compare aux coûts assumés par les concurrents étrangers. Ils ont dit craindre que les plus petites exploitations et les plus petits transformateurs ne soient encore plus lésés par ces coûts.

La réglementation empêche parfois l'accès à des facteurs de production agricole disponibles aux concurrents étrangers. Par exemple, on a discuté d'une situation où un nouveau vaccin n'était pas offert à la vente au Canada parce qu'il n'avait pas encore reçu l'acceptation officielle. Pour avoir accès au vaccin, des éleveurs se sont regroupés, ont acheté le vaccin par l'intermédiaire d'un agent d'achat aux É.-U. puis l'ont importé et distribué au Canada.

Plusieurs groupes ont discuté des répercussions des demandes conflictuelles en matière d'aménagement des terres, bien que les contraintes diffèrent d'une partie à l'autre du pays. Dans certaines parties de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, l'urbanisation exerce des pressions sur l'utilisation de terres agricoles de premier ordre. À Terre-Neuve, l'agriculture fait concurrence à la sylviculture et la foresterie.

L'eau a fait l'objet de discussion durant plusieurs séances. Dans un certain nombre de régions, la disponibilité de l'eau était perçue comme un avantage compétitif sur le marché mondial en raison du nombre d'autres pays qui font face à des pénuries. Cependant, un certain nombre d'agriculteurs de l'ensemble du pays ont souligné l'importance continue d'un approvisionnement approprié en eau pour de nombreux producteurs, et la nécessité constante d'ériger des installations de captage et de stockage de l'eau. Des participants ont déploré le manque d'investissement pour l'expansion de l'approvisionnement en eau dans le cadre de politique de « Cultivons l'avenir ».

Certains agriculteurs tentent de pratiquer leurs activités d'une façon respectueuse de l'environnement - en utilisant l'énergie de la biomasse et des biocarburants et le fumier au lieu des engrais chimiques. Certains cherchent des moyens de mieux utiliser les ressources actuelles de l'exploitation agricole. Des agriculteurs percevaient un grand intérêt à lier les objectifs environnementaux à l'efficience de la production. Par exemple, l'air chaud provenant des porcheries pourrait servir à chauffer les serres. De nombreux participants souhaitent que des objectifs environnementaux soient liés aux efficiences de la production, en particulier relativement à la consommation d'énergie. Les agriculteurs comme les transformateurs considéraient les coûts élevés de l'énergie et l'instabilité des coûts des carburants comme des incitations à sevrer l'industrie des combustibles fossiles. Des participants voulaient réduire les obstacles attribuables à la réglementation dans certaines provinces pour étudier l'utilisation de carburants de remplacement et ont noté que le versement d'indemnité pour la production d'énergie excédentaire stimulerait les investissements dans d'autres formes de production d'énergie, comme le vent et la biomasse.

Les transformateurs canadiens ont fait remarquer qu'ils ont de la difficulté à réaliser des économies d'échelle en raison de la taille du marché intérieur et de la capacité de l'industrie canadienne à fournir des quantités suffisantes de facteurs de production agricole.

Difficultés particulières des petites et moyennes exploitations : De nombreux agriculteurs pensent que les petites exploitations agricoles ont un fardeau plus lourd à porter parce qu'ils doivent respecter les exigences de la réglementation qu'on leur impose comme :

  • l'application de mesures de biosécurité à la ferme,
  • le fait de demander aux agriculteurs de procéder à des tests de dépistage de ravageurs pour le plus grand bien de l'industrie,
  • les exigences concernant la présentation de rapports,
  • l'indemnisation des agriculteurs pour la préservation des espèces en voie de disparition.

Certains participants ont déclaré que les gouvernements doivent rendre les agriculteurs aptes à bâtir des fermes moyennes plus viables et plus diversifiées. Une façon serait de concevoir des programmes qui ne favoriseraient pas les exploitations agricoles pratiquant la monoculture au détriment de celles dont les cultures sont diversifiées comme par exemple, non seulement au niveau des programmes de la gestion des risques de l'entreprise (GRE), mais aussi par les structures commerciales différentes associées à la diversification, comme l'équipement, la gestion et l'infrastructure des bâtiments. Un groupe a formulé la crainte que les politiques actuelles de soutien ne conduisent le pays vers l'implantation d'un grand nombre de fermes à culture unique, situation qui ne serait pas souhaitable pour les agriculteurs.

Des représentants du secteur de la transformation alimentaire ont aussi souligné les coûts élevés que suppose le respect des règlements et ont discuté d'une façon de faire assumer une partie de ces coûts par les consommateurs.

Questions de transport : En raison de l'étendue du pays et du fait qu'une bonne partie du secteur soit orientée vers les exportations, les participants ont admis que le transport était déterminant pour la compétitivité du Canada. Dans certaines régions, comme à Terre-Neuve-et-Labrador, les routes sont un grand problème. Des participants de l'ouest du Canada ont souligné que le pays a besoin d'un système ferroviaire compétitif et d'améliorations au système des conteneurs pour l'exportation de produits. Un participant de Winnipeg a souligné qu'un certain nombre de règles et de règlements touchant les chemins de fer sont désuets. De nombreux conteneurs reviennent vides au port ce qui diminue l'efficacité du système d'expédition. Des participants des Prairies veulent explorer des façons de rendre facilement disponible un plus grand nombre de conteneurs d'expédition appropriés à l'exportation de cultures en plus petits lots.

Le dollar canadien : Les producteurs et les transformateurs orientés vers les exportations étaient conscients de l'effet profond de la vigueur du dollar canadien sur leur compétitivité sur la scène mondiale et sur leur aptitude à se couvrir dans les marchés à terme américains. Ils ont exprimé des préoccupations particulières au sujet de l'effet de l'économie et des niveaux d'endettement publics des É.-U. sur le taux de change avec le dollar canadien et les taux d'intérêt. Des participants ont proposé que les gouvernements procèdent à une analyse plus poussée et à des recherches sur les répercussions éventuelles de problèmes de l'économie américaine au Canada.

Accès à Internet : La connectivité à haute vitesse a été citée comme un facteur clé de l'amélioration de la rentabilité. Les participants ont admis les possibilités qu'offre Internet pour obtenir de nouveaux renseignements, acquérir des compétences, déterminer des marchés, faire la publicité sur leurs produits et servir la clientèle. L'absence d'accès à Internet à haute vitesse dans certaines régions rurales est perçue comme une entrave clé à la compétitivité. Les participants ont pressé également les gouvernements de garder à l'esprit les limites de l'accès à Internet lorsqu'ils conçoivent des programmes et des services fondés sur Internet.

Questions de main-d'oeuvre : Comme tous les autres domaines de l'économie, le secteur fait face à des pénuries de main-d'oeuvre. De nombreux agriculteurs de l'ensemble du pays ont parlé du manque de main-d'oeuvre qualifiée dans les régions rurales du Canada, et du coût relativement élevé de la main-d'oeuvre par rapport à d'autres pays exportateurs de produits agricoles. Cette carence se fait ressentir particulièrement dans les provinces de l'Ouest où le manque de main-d'oeuvre non qualifiée est aigu en raison des salaires élevés qu'offre l'industrie pétrolière et gazière. Pour ces agriculteurs, il est important de pouvoir recruter de la main-d'oeuvre agricole rapidement et de façon rentable. Bon nombre de participants disent apprécier le Programme des travailleurs étrangers temporaires, alors que d'autres le jugent trop coûteux et se disent déçus du fait que les travailleurs engagés par l'intermédiaire de ce programme soient limités à un maximum de deux années de travail avec un employeur. Dans une discussion à London, en Ontario, on a mentionné qu'en raison du nouveau salaire minimum, il est plus difficile pour les producteurs de fruits de soutenir la concurrence au Canada.

Pour les transformateurs et les agriculteurs dont les exploitations font appel à un équipement coûteux, ou pour les exploitations laitières ou animales, le défi revient à attirer et à retenir des travailleurs fiables. Ces employeurs cherchent des ouvriers dignes de confiance qui peuvent recevoir une formation sur l'utilisation d'un équipement de transformation ou agricole complexe. Ils veulent avoir des ouvriers qui demeureront dans leurs exploitations une fois que l'investissement dans leur formation sera réalisé, mais ils font face à la concurrence d'autres industries qui versent des salaires plus élevés ou qui accordent de meilleures heures ou conditions de travail. Les agriculteurs cherchent également des travailleurs qui comprennent déjà les pratiques agricoles et qui sont bien renseignés sur les questions de production, comme la santé et le bien-être des animaux. De nombreux participants ont indiqué qu'il est de plus en plus difficile de recruter et de retenir ce type de travailleur.

Accès au capital : Des participants ont discuté de la façon d'attirer des investissements dans le secteur agricole. La nécessité constante de recouvrir à des prêts subventionnés a fait l'objet de discussion de plusieurs séances, mais quelques agriculteurs ont prétendu que les programmes de prêt augmentent simplement les loyers et les prix des terres pour tous et ne contribuent pas à la rentabilité de l'industrie.

Un certain nombre de nouveaux arrivants en agriculture, dans l'ouest du Canada, se sont réjouis des fiducies foncières établies par des investisseurs externes au secteur. Ces fiducies leur permettent de pénétrer dans l'industrie sans effectuer de grands investissements en capitaux en louant la terre et de fonctionner à une plus grande échelle sans avoir à posséder tous les biens qu'ils utilisent. Des producteurs plus âgés se sont demandé si les producteurs dont l'actif est plus restreint pourraient survivre vu les hauts et les bas de l'industrie. En général, d'autres producteurs rendaient les fiducies foncières responsables de la hausse des prix des terres et de la création d'obstacles à l'entrée dans l'industrie. Les agriculteurs des Maritimes étaient renseignés sur ces types de véhicules d'investissement, mais pensaient que l'agriculture n'était pas suffisamment rentable pour attirer des investisseurs.

Un certain nombre de groupes ont fait état des difficultés à obtenir des capitaux afin de lancer leur entreprise commerciale avant qu'elle n'ait pu prouver sa viabilité. Certains ont proposé la création d'un fonds de capital de risque non restrictif, administré par Financement agricole Canada, ou le recours à des « actions accréditives » par lesquelles les pertes de capitaux seraient transmises aux investisseurs afin de pouvoir accorder des avantages fiscaux lorsque l'investissement ne conduit pas aux profits espérés.

Plusieurs participants voudraient avoir un concours financier qui leur permettrait d'investir dans leur propre industrie. Ils font valoir que le gouvernement devrait subventionner le revenu agricole en allégeant le fardeau fiscal ou en augmentant les déductions pour amortissement jusqu'aux valeurs consenties par les É.-U. afin d'inciter l'industrie à accroître l'investissement dans la productivité.

Des participants veulent que des intervenants du secteur et les gouvernements procèdent ensemble à des travaux de recherche et trouvent des moyens de réduire les coûts de production et de gérer d'autres coûts qui minent leur rentabilité. Des intervenants ont souligné l'importance de la recherche sur des pratiques commerciales nouvelles et innovatrices, comme le développement des compétences en affaires et en gestion, les stratégies de réduction des coûts, les hausses d'efficacité, la commercialisation, l'évaluation et l'atténuation des risques.

Succession agricole

En Alberta, on a souligné que la moyenne d'âge des agriculteurs est de 52 ans, d'où l'importance de la planification de la relève. La question de la façon d'attirer les jeunes dans le secteur a été soulevée. De nombreux participants s'inquiétaient à propos de la relève en agriculture :

  • le recrutement des nouveaux dans le secteur,
  • l'accès à la formation,
  • le perfectionnement des compétences en affaires.

Certains, comme des participants de Terre-Neuve-et-Labrador, croient que leurs programmes s'adressant aux nouveaux arrivants portent des fruits. De l'avis de la plupart des participants, la meilleure façon d'attirer de nouveaux arrivants est d'avoir une industrie agricole solide et rentable. Certains pensaient qu'il fallait distinguer entre les agriculteurs « à plein temps » et les agriculteurs « amateurs ». Ils s'inquiétaient que les statistiques qui incluraient des agriculteurs amateurs ne faussent les données sur la rentabilité dans le secteur. D'autres pensaient que l'endettement de certains agriculteurs était trop élevé, et que cela pouvait constituer un problème si les taux d'intérêt augmentaient à l'avenir. Certains participants ont fait valoir que les gouvernements pourraient rendre le secteur agricole plus attrayant en mettant à la disposition des nouveaux des capitaux d'investissement, un revenu garanti, des emplois à long terme et des options de propriété.

Même si les participants reconnaissaient les risques qui se présentent au secteur, la plupart montraient également le désir d'attirer de nouveaux arrivants dans le secteur en prouvant la rentabilité possible de l'entreprise agricole. Ils ont exprimé la nécessité de collaborer avec les gouvernements sur des dossiers clés particuliers comme :

  • Comment les nouveaux peuvent-ils s'introduire dans le secteur sans s'endetter énormément?
  • Comment répondre au besoin de main-d'oeuvre agricole?
  • Quelles sont les compétences en matière d'administration et de ressources humaines qui seraient utiles aux agriculteurs?
  • Comment prendre en charge la question des aspects démographiques changeants de la population d'agriculteurs du Canada?
  • Comment promouvoir la qualité de vie dans le secteur rural?

Élaboration de programmes pour répondre à des besoins changeants

Un certain nombre de participants pensaient que bon nombre de programmes et de politiques existants ont une portée limitée et qu'ils visent en grande partie ceux qui ont des antécédents en agriculture ou des exploitations agricoles établies au Canada. On a souligné que les jeunes agriculteurs ont besoin d'aide et que la meilleure façon de la leur offrir est d'assurer la rentabilité du secteur. Des participants ont recommandé que la portée des programmes soit élargie pour inclure l'aide aux personnes qui ont surtout vécu dans les régions urbaines ainsi que les nouveaux immigrants désireux de se lancer en agriculture au Canada. Un certain nombre de participants ont pressé les gouvernements de collaborer avec les agriculteurs pour réduire les obstacles à l'accès au secteur agricole. Certains ont aussi souligné que pour que les nouveaux programmes et politiques soient efficaces et donnent des résultats durables, ils devraient tenir compte de la diversité du secteur agricole présent et futur.

Accès à la formation et au perfectionnement des compétences en affaires : Plusieurs participants ont souligné la nécessité pour les nouveaux arrivants d'avoir accès au perfectionnement professionnel et à une formation pratique. Les méthodes désignées comprenaient : des programmes de mentorat, la planification de la relève, la formation en planification financière et administrative et des compétences en prévision. D'autres participants ont aussi fait ressortir la nécessité d'avoir des cours dans des domaines extérieurs à l'agriculture comme : la commercialisation, la comptabilité, les finances, l'écologie et le soutien à la ferme ainsi que des programmes éducatifs officiels pour devenir un travailleur agricole qualifié.

Questions réglementaires

Le cadre de réglementation couvrant le secteur a fait l'objet de longues discussions. Les participants reconnaissaient l'importance des règlements visant la santé et la sécurité et perçoivent le système de réglementation canadien comme un outil de vente sur le marché international.

Parallèlement, bon nombre de participants croient que le système de réglementation les empêche de tirer profit des nouveaux débouchés sur le marché. Bon nombre sont découragés par les responsables de la réglementation et croient qu'ils ne sont pas axés vers les services ni sensibles aux réalités de leurs entreprises - p. ex. aucun service d'inspection durant les soirées ou les fins de semaine, de sorte que ceux qui ont besoin de ces services doivent attendre pendant des heures ou des jours, etc. Des agriculteurs ont noté le coût du respect des exigences de la réglementation, alors que les transformateurs ont exprimé des préoccupations sur les frais d'inspection élevés, en particulier lorsqu'on les compare à ceux de pays étrangers. À Ottawa, on a noté que les responsables de la réglementation doivent adopter une approche proactive et flexible de la réglementation.

Bon nombre ont réclamé un meilleur dialogue entre l'industrie et le gouvernement sur l'élaboration de règlements. Certains participants ont recommandé un examen qui viserait à déterminer, dans les règlements, les exigences qui pourraient être révisées, diminuées ou éliminées. Certains ont fait état de la nécessité de rationaliser les processus d'approbation, indiquant le temps nécessaire pour obtenir l'approbation de nouveaux produits au Canada comme un obstacle à la compétitivité.

Plusieurs participants ont fait observer qu'un système facultatif de respect de la conformité, assorti d'un processus de certification, est profitable aux agriculteurs qui respectent la norme plus élevée. Cependant, si la norme est imposée par réglementation, les agriculteurs n'obtiennent pas un meilleur prix lorsqu'ils la respectent. Certains pensaient que le degré de conformité ne serait pas plus élevé avec un système contraignant.

Bon nombre ont soulevé des questions précises sur la façon dont l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) répartit ses ressources et la façon dont elle prend des décisions administratives concernant la mise en oeuvre et l'application de ses règlements. Une discussion a eu lieu sur la lenteur du processus d'approbation de l'emploi d'une nouvelle culture comme ingrédient d'aliments du bétail, même si cet emploi était déjà approuvé aux É.-U. Un certain nombre de participants ont déclaré que l'ACIA devrait disposer de plus de ressources pour prendre en charge les questions de commerce et d'accès aux marchés (mesures sanitaires et phytosanitaires et autres obstacles non tarifaires au commerce).

Certains ont aussi déploré le fait que l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) limite la disponibilité de certains produits (p. ex. d'herbicides) qui sont offerts sur des marchés concurrents. Certains ont eu des éloges pour le Programme des pesticides à usage limité.

Traitement équitable à la frontière : De nombreux participants ont souligné l'importance du maintien de contrôles appropriés aux frontières pour soutenir la production intérieure du Canada. Ces contrôles sont importants pour les producteurs de denrées dont l'offre est réglementée, par exemple. De nombreux autres agriculteurs s'inquiétaient au sujet du traitement équitable des produits canadiens par rapport aux importations moins coûteuses : les agriculteurs ne veulent pas des produits étrangers faisant l'objet d'un dumping sur le marché canadien. Ils ne veulent pas non plus que des produits soient vendus au Canada s'ils n'ont pas été obtenus dans des conditions comparables, par exemple, si les agriculteurs ont fait usage de facteurs de production (pesticides, herbicides, médicaments, etc.) interdits au Canada ou s'ils ne sont pas tenus de satisfaire aux normes de biosécurité à la ferme comparables à celles des règlements canadiens. On a souligné que les importations doivent être conformes à des normes aussi rigoureuses que les produits canadiens afin de créer un terrain de jeu équitable au Canada.

Certains participants ont pressé les gouvernements de penser à d'autres modèles de réglementation de la salubrité des aliments. Par exemple, le Royaume-Uni envoie des inspecteurs dans des fermes canadiennes aux frais de l'agriculteur. Certains voudraient que l'ACIA et Santé Canada se montrent plus proactifs dans la communication des résultats de leurs analyses, comme la recherche de résidus de pesticides dans les fruits et légumes des étagères des épiceries.

Tous les participants ont reconnu l'importance de l'inspection par le gouvernement pour contrôler les aspects relatifs à la santé et à la salubrité, tant pour la production locale que pour celle des partenaires commerciaux. Certains ont noté qu'elle n'avait pas toujours lieu efficacement en raison d'un manque de capacité ou de l'opinion selon laquelle il existerait des règles différentes pour des acteurs différents. Certains participants ont recommandé que les services d'inspection à la frontière aient accès à un système d'information centralisé qui pourrait répondre immédiatement aux questions sur les ravageurs à la frontière.

Certains participants ont proposé l'adoption de normes de réglementation communes couvrant tous les aliments vendus au Canada, qu'ils soient importés ou de production locale. Des participants pensaient que des normes communes réduiraient le nombre de problèmes de réglementation liés au mouvement interprovincial et assureraient une approche cohérente du traitement des importations.

Il y avait un consensus généralisé chez les participants selon lequel l'ACIA devait rester au fait des nouvelles technologies et des innovations. Les agriculteurs avaient l'impression que l'ACIA avait consacré tellement de ressources aux questions de santé et de salubrité des aliments qu'elle ne disposait maintenant plus des ressources suffisantes pour s'occuper d'autres aspects de son mandat. À titre d'exemple les participants ont mentionné:

  • Rester au courant des progrès de l'utilisation d'insectes bénéfiques pour réduire l'usage des pesticides afin de pouvoir défendre devant l'USDA certaines questions comme la présence d'insectes tolérables sur des produits ou du matériel végétal exporté.
  • L'approche de la réglementation adoptée par l'ACIA ne permet pas toujours aux agriculteurs ou à d'autres intervenants de la chaîne de valeur de donner aux clients ce qu'ils désirent. Par exemple :
    • Certains consommateurs veulent qu'on laisse la peau sur la viande de chèvre ou de mouton pour pouvoir l'identifier.
    • L'approbation rapide de la culture de végétaux courants comme le melon amer, qui est importé, mais qui n'est traditionnellement pas cultivé au Canada.
  • L'ACIA élabore de nouveaux règlements, mais n'est pas prête à les mettre en oeuvre, ou ne dispose pas de fonds pour mettre au point les protocoles de réglementation dont les agriculteurs ont besoin pour exporter leurs produits.

D'aucuns pensaient également qu'une meilleure coordination entre les ministères d'un même gouvernement s'impose. Des participants ont pressé les ministères fédéraux, comme Industrie Canada, Santé Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), Environnement Canada, ACIA et Ressources humaines et développement des compétences Canada, d'harmoniser leurs approches de la réglementation tant au Canada qu'avec les partenaires commerciaux pour réduire les coûts des entreprises et faciliter le commerce. Les participants ont aussi souligné l'importance de l'amélioration de la coopération entre les ministères et organismes fédéraux et le Secrétariat de l'accès aux marchés.

Ils ont souligné que les responsables de la réglementation doivent comprendre les répercussions et les conséquences non intentionnelles de leurs systèmes de réglementation. À leur avis, il est important de déterminer si les entreprises peuvent assumer les coûts de règlements additionnels, y compris les coûts cumulatifs du respect de toutes les exigences de la réglementation. Par exemple, des participants de Colombie-Britannique ont indiqué qu'un certain nombre de ministères fédéraux et provinciaux avaient imposé des taxes ou des exigences de la réglementation à des agriculteurs qui, à leur avis, ont eu cumulativement un effet négatif :

  • la taxe d'eau,
  • la taxe sur l'essence,
  • la taxe sur les émissions carboniques,
  • les exigences imposées par la réglementation de Pêches et Océans Canada.

Harmoniser les règles du jeu entre les provinces : Des participants d'Edmonton et de Calgary ont fait état de la nécessité d'harmoniser les règlements et les normes dans l'ensemble du pays. Des participants ont souligné que des normes et des exigences provinciales créent des obstacles commerciaux sur le territoire canadien. Le règlement de ces problèmes créerait un environnement commercial équitable au Canada et permettrait de présenter un front compétitif uni sur les marchés d'exportation internationaux.

Des participants ont relevé que les différences entre les programmes des provinces créent aussi des obstacles interprovinciaux et nuisent à la compétitivité nationale et mondiale. Des participants de l'Ontario et de l'Est du Canada ont mentionné que le programme ASRA (assurance stabilisation des revenus agricoles) du Québec assure un soutien beaucoup plus élevé aux producteurs que les autres programmes provinciaux. En Alberta, les participants ont souligné que la viande inspectée par la province ne peut être vendue dans d'autres provinces. Des participants ont discuté également des variations de l'indemnité versée par les provinces pour la réforme des animaux. Des participants aimeraient un programme fédéral-provincial-territorial intégré couvrant la déclaration des maladies et l'abattage de troupeaux, qui traiterait équitablement les producteurs de l'ensemble du pays.

Recherche, développement et innovation

Dans toutes les séances d'engagement, les participants ont discuté longuement de recherche, de développement et d'innovation. Même si les participants reconnaissaient que beaucoup de bons travaux de recherche ont été effectués, et qu'un certain nombre de programmes gouvernementaux versent des fonds pour la recherche, bon nombre ont souligné que le niveau actuel de financement était insuffisant et que nous devrions investir davantage dans la recherche publique.

Un certain nombre de participants ont souligné l'importance :

  • d'un financement stable,
  • d'une analyse régulière des besoins courants de l'industrie,
  • de tenir compte des différences régionales,
  • d'établir des priorités cohérentes en matière de recherche scientifique,
  • d'indiquer clairement les responsabilités en matière de rendement,
  • de mieux soutenir la commercialisation et le transfert de technologie,
  • d'obtenir un rendement des investissements.

Afin de parvenir à un usage efficace des rares dollars consacrés à la recherche, d'encourager l'industrie privée à financer la recherche et d'obtenir des résultats dans l'intérêt à long terme du secteur, les investissements devraient être effectués projet par projet et non programme par programme. Les agriculteurs ont indiqué comme suit leurs priorités actuelles : nouveaux usages et nouveaux produits comme facteurs de production agricole, nouvelles variétés, gestion des éléments nutritifs et réduction de la dépendance à l'égard des engrais, réduction des autres coûts de production. En Nouvelle-Écosse, une discussion a fait ressortir la nécessité de la recherche sur la production comme un important outil de gestion des risques pour affronter les problèmes que posent les ravageurs et les maladies.

Des participants ont souligné l'importance de la création de partenariats en recherche entre des universités et le secteur privé, autorisant des commentaires des agriculteurs. Ils croient que ces arrangements augmentent l'efficacité des dépenses consacrées à la recherche et qu'il faut plus de stratégies d'innovation conduites par l'industrie pour mettre à profit les politiques gouvernementales.

Certains ont noté que les producteurs ont augmenté leurs contributions à la recherche par l'intermédiaire de prélèvements, mais ils sont d'avis qu'AAC a réagi à cette situation en diminuant ses propres contributions. Certains participants ont également soutenu que les programmes d'AAC qui supposent des fonds de contribution de groupes de l'industrie portent des groupes sectoriels différents à se faire concurrence entre eux pour les fonds.

Plusieurs groupes ont discuté de la nécessité d'améliorer l'infrastructure matérielle de recherche, par l'entretien ou la rénovation des installations. Certains participants ont parlé de l'importance de la protection du savoir collectif dans les ministères de l'Agriculture du Canada. En mettant cette connaissance à contribution lors de l'élaboration de nouveaux cadres stratégiques, on assurera la cohérence et la continuité.

Des participants ont discuté des défis accompagnant la commercialisation - notamment l'accès au capital de risque. Certains ont déclaré que le Programme Agri-débouchés d'AAC est populaire et fonctionne bien.

De nombreux participants ont fait état de la nécessité de meilleurs services de vulgarisation pour transmettre les résultats des recherches aux agriculteurs qui peuvent profiter de nouvelles technologies et de nouvelles approches plus rapidement et dans un langage qu'ils peuvent comprendre.

Certains participants ont mentionné que le régime de propriété intellectuelle du Canada doit assurer une protection suffisante pour encourager les sociétés à innover.

Les participants ont souligné la nécessité d'améliorer la recherche sur toutes les denrées pour apporter plus de profits à tous les types d'agriculteurs.

Ils veulent que l'industrie canadienne procède à un examen des entreprises et des secteurs prospères et s'inspirent de ce que ces derniers ont fait. Par exemple, des participants ont noté qu'une plus grande proportion de la recherche publique est conduite dans les universités aux États-Unis et ont proposé que cette façon de faire soit explorée au Canada.

Certains participants ont aussi mentionné que la recherche-développement devrait tenir compte du contexte canadien afin qu'elle procure au Canada un avantage compétitif.

Les participants ont aussi admis l'importance de la sensibilisation des politiciens et des consommateurs aux questions de recherche et de développement afin de garantir un financement constant et l'acceptation des nouvelles innovations par les consommateurs. Il a été souligné que l'incertitude en matière de financement de la recherche tue l'innovation. Plusieurs participants ont pressé les gouvernements de s'opposer au projet de loi 474Footnote 2. Bien qu'un besoin d'innovation dans l'agriculture canadienne s'impose, un groupe a déclaré que des obstacles dus aux institutions et à la réglementation existent et doivent être éliminés avant d'encourager une pratique innovatrice donnée, alors qu'un autre groupe a souligné que les producteurs ont été innovateurs pendant des années, mais que l'innovation n'est pas la solution à tous les problèmes que connaissent les producteurs.

Gestion efficace des risques

Le rôle que jouent les programmes gouvernementaux dans les décisions des agriculteurs en matière de production a fait l'objet de longues discussions. Un certain nombre de participants ont dit craindre que des programmes ne découragent un comportement visant à une saine gestion des risques ou qu'ils ne créent des difficultés pour les agriculteurs ou ne les perpétuent.

Ils ont fait état des types de préoccupations particulières suivantes :

  • Les gouvernements ont encouragé certains secteurs à développer des marchés d'exportation et certains agriculteurs n'ont pas connu le succès. Dans le secteur porcin par exemple, les gouvernements ont encouragé les agriculteurs à agrandir leurs exploitations pour s'introduire sur des marchés internationaux, et certains se sentent victimes de l'évolution des conditions du marché, y compris des taux de change.
  • L'approche du produit unique du Programme Agri-stabilité n'incite pas les agriculteurs à diversifier leurs exploitations agricoles, car le producteur n'obtiendra pas de paiements d'un programme si les pertes dans un domaine de production sont compensées par des profits dans un autre. Bon nombre de participants perçoivent les règles actuelles comme injustes pour les agriculteurs dont les activités sont diversifiées. Certains soutiennent que l'agriculteur devrait recevoir un paiement pour les pertes de revenu dans un domaine de production particulier, même si l'ensemble de l'exploitation agricole est rentable.
  • Certains agriculteurs interprètent un paiement par un programme de revenu agricole comme un signal pour rester dans le même secteur d'activité, alors que l'agriculteur devrait le quitter. Les agriculteurs qui ne peuvent s'adapter aux changements du marché devraient passer à un autre produit ou un autre marché ou quitter le secteur pour faire de la place aux agriculteurs qui résistent avec succès aux replis du marché.
  • Il est injuste de réduire ou d'éliminer les soutiens financiers uniquement en fonction du nombre d'années où une exploitation agricole n'a pas été rentable. Les responsables des programmes devraient examiner les raisons qui ont fait que l'exploitation n'était pas rentable et tenir compte de la mesure dans laquelle les facteurs ayant contribué à la perte relevaient du contrôle de l'agriculteur.
  • Les gouvernements devraient repenser le fait de conseiller aux agriculteurs de fusionner ou de spécialiser leurs entreprises. Les agriculteurs doivent diversifier leurs activités, car ils ont moins de risques de compter sur des paiements de soutien financier.
  • Le gros du financement du soutien du revenu agricole va à des entreprises prospères, alors que des sous-secteurs qui éprouvent d'énormes difficultés sont négligés. Les programmes ciblant les agriculteurs vulnérables seraient un meilleur usage des fonds disponibles. Les gouvernements devraient examiner s'il faudrait des programmes différents pour des entreprises de taille différente.

Un certain nombre d'agriculteurs ont demandé des programmes pour couvrir des risques particuliers à certaines denrées, comme une assurance de la production et des prix, une assurance pour les abeilles au cas où des populations d'abeille seraient éliminées et que les cultures ne seraient pas pollinisées, le programme de gestion des risques de l'Ontario, et les programmes sur les coûts de production qui garantissent aux agriculteurs une indemnité pour éponger leurs coûts de production si les prix du marché sont faibles.

Soutien du revenu et gestion des risques de l'entreprise

De nombreux participants aux séances d'engagement ont indiqué que les programmes de GRE ont été utiles, car ils ont aidé les agriculteurs du Canada à atténuer les effets des crises et à faire face aux fluctuations du revenu qui ne sont ni prévisibles ni contrôlables. Ils ont aussi discuté de la nécessité d'étendre les degrés de flexibilité des programmes aux différences entre les réalités de la production et de la province. Dans une discussion à Calgary, on a souligné que les producteurs ont besoin de programmes simples, cohérents et fiables. Diverses suggestions ont été apportées en vue d'une amélioration de certains des programmes actuels de GRE.

D'après de nombreux agriculteurs, les programmes de GRE doivent être placés dans un plus vaste contexte politique comme une stratégie pour faire face aux risques, qui inclut, par exemple, l'accès aux marchés, un système de réglementation moderne et la recherche et le développement. En d'autres termes, la GRE doit faire partie d'un cadre stratégique national et être intégrée à tous les autres éléments en jeu dans le secteur agricole. Un certain nombre d'agriculteurs pensent qu'il serait préférable pour eux que certains fonds soient transférés des programmes de GRE à la recherche.

Comme certains programmes sont déclenchés pour la plupart après qu'une perte se soit produite, on a proposé de penser à concevoir des programmes qui seraient de nature plus proactive, par exemple, qui établiraient un prix raisonnable au moment de la vente ou qui fourniraient des outils de gestion proactive des risques par les agriculteurs. Certains participants ont exprimé le souhait que les différences entre les régions et entre les denrées se traduisent dans les programmes, et pour cette raison, ils ont souligné l'utilité de la flexibilité provinciale dans les programmes nationaux de GRE.

Maintes et maintes fois, les participants ont déclaré que les programmes de GRE (en particulier Agri-protection) ne donnent pas de bons résultats pour les nouveaux arrivants en agriculture. De nombreux participants ont déclaré qu'il fallait trouver des solutions particulières pour les nouveaux agriculteurs (c.-à-d. trouver des façons d'amener les nouveaux à bord par l'intermédiaire de la planification de la relève et du transfert entre les générations).

De nombreux participants ont fait valoir qu'Agri-stabilité :

  • Devrait accorder une protection contre les baisses à long terme dans un secteur,
  • Est trop complexe et donc pas suffisamment transparent, opportun et prévisible,
  • N'encourage pas la diversification de l'exploitation,
  • Ne verse pas ses paiements en temps opportun.

Certains participants ont reconnu qu'Agri-stabilité n'est pas conçu pour aider les entreprises les moins prospères (« la tranche inférieure de 20 p. 100 »).

Il n'y a eu aucun consensus sur la nécessité ni la façon de changer Agri-stabilité afin de couvrir les baisses à long terme ou des chocs successifs. Certains participants ont fait valoir que la marge de référence devrait être élargie pour inclure un plus grand nombre d'années et que le « test de viabilité » (le test de la marge négative) devrait être éliminé du programme. À leur avis, ces deux changements pourraient donner lieu à des paiements plus élevés aux agriculteurs dont les marges diminuent. D'autres ont exprimé l'opinion que ce n'est pas le rôle du gouvernement que de soutenir les entreprises en difficulté.

D'autres participants ont suggéré que des programmes différents pourraient être nécessaires pour aider ce groupe à faire la transition vers un autre domaine et à s'adapter.

Des représentants d'une organisation ont fait cinq suggestions concernant Agri-stabilité, notamment :

  • Élimination du critère appliqué aux marges négatives pour aider les producteurs aux prises avec une réduction à long terme des revenus,
  • Augmentation de la couverture des marges négatives en la faisant passer de 60 p. 100 à 70 p. 100,
  • Option ponctuelle permettant de se prévaloir des 15 p. 100 supérieurs du PCSRA ou du Programme Agri-investissement, rétroactivement à l'introduction de celui-ci,
  • Choix annuel entre la moyenne olympique et la moyenne des trois dernières années pour la marge de référence, le montant le plus important étant celui qui sera retenu,
  • Assouplissement des seuils fixés dans le cadre du programme qui empêchent certaines grandes exploitations agricoles de recourir entièrement au Programme Agri-stabilité.

Certains participants ont formulé des préoccupations particulières aux grandes entreprises et aux entreprises en expansion : Agri-stabilité ne peut suivre le rythme d'une entreprise grandissante en raison du fait que la marge de référence porte sur le passé; et les plafonds des paiements d'Agri-stabilité sont faibles/arbitraires. Dans certaines régions, des participants ont déclaré que les plafonds devraient être relevés, alors que dans d'autres, des participants ont dit que les plafonds devraient être soit augmentés soit éliminés. Des agriculteurs de Terre-Neuve veulent une couverture des programmes de GRE pour des secteurs plus petits comme celui de l'horticulture.

La plupart des participants qui ont formulé des commentaires sur le Programme Agri-protection l'approuvaient, bien que bon nombre aient mentionné la nécessité d'étendre la couverture à des cultures additionnelles et/ou au bétail.

Plusieurs participants ont déclaré qu'Agri-relance, en tant que cadre de réaction à une catastrophe, doit être plus opportun. D'autres pensaient que les lignes directrices d'Agri-relance devraient être mieux expliquées, appliquées de façon plus constante et/ou devraient faciliter la couverture d'un plus large éventail de catastrophes. Certains participants ont noté qu'une définition plus claire de « catastrophe » permettrait aux agriculteurs de savoir s'ils ont droit à un paiement et de prendre des décisions opérationnelles en conséquence.

Les agriculteurs, en particulier dans la région de l'ouest, se sont montrés satisfaits du caractère discrétionnaire du Programme Agri-investissement qui les autorise à procéder à des retraits lorsqu'ils le jugent nécessaire. Certains participants disent craindre que les fonds dispersés par Agri-investissement ne soient pas ciblés vers ceux qui en ont le plus besoin. Par ailleurs, on a souligné qu'il peut être difficile pour les agriculteurs, comme les nouveaux ou ceux qui font face à des baisses à long terme, de faire fructifier leur compte Agri-investissement juste au moment où ils peuvent en avoir le plus besoin.

Pour terminer, bien que les participants aient fait de nombreuses suggestions précises en vue de changements aux programmes actuels, bon nombre ont aussi exprimé le voeu que les programmes soient, idéalement, maintenus pendant une certaine période sans changement afin de réduire les incertitudes dans les affaires et d'accroître la prévisibilité et le fait que la série de programmes de GRE se prête à un concours bancaire.

Amélioration de l'administration des programmes de GRE : Les agriculteurs ont proposé que l'administration des programmes de GRE devrait être modifiée afin d'améliorer la transparence de ces derniers, le fait qu'ils se prêtent à un concours bancaire, leur prévisibilité, leur opportunité et leur réactivité aux besoins. Des critiques particulières ont visé la complexité des formalités administratives et le grand volume d'informations exigé sur le formulaire de demande à Agri-stabilité, qui est perçu comme encombrant et réduisant la prévisibilité des paiements.

Les agriculteurs ont fait savoir qu'ils aimeraient une meilleure communication des éléments détaillés des programmes. Même des agriculteurs assez éclairés pensent que les programmes sont si complexes et changent si souvent qu'ils ne peuvent suivre le rythme. Parmi les solutions suggérées pour rationaliser le processus, citons :

  • la coordination de la collecte des données (p. ex. recueillir des données de l'assurance-récolte seulement une fois en coordonnant les efforts fédéraux-provinciaux),
  • l'amélioration du recours à des applications fondées sur l'électronique et Internet pour alléger le fardeau administratif,
  • le recours au système fiscal pour administrer Agri-stabilité.

Des participants des provinces des Maritimes pensaient qu'il serait préférable que les programmes de GRE soient administrés par la province qui est plus au fait des réalités régionales comme la diversité des fermes. D'autres voulaient que le Programme de paiements anticipés accorde des avances d'urgence pour plus de 18 mois.

Conclusion

Durant les 15 séances d'engagement dans l'ensemble du pays et les tables rondes sur les chaînes de valeur, les gouvernements fédéral et provinciaux ont eu l'occasion de rencontrer divers intervenants de l'industrie afin de cerner les défis et les possibilités clés qui façonnent l'avenir du secteur agricole et du système de transformation des produits agroalimentaires et agro-industriels. Ces séances ont permis d'élaborer une compréhension commune de l'état actuel du secteur et d'examiner des façons dont les gouvernements peuvent aider le secteur à se préparer pour 2020.

L'image qui a émergé de ces discussions avec l'industrie est celle d'un secteur dynamique et clairvoyant qui s'attaque aux défis et aux possibilités avec enthousiasme. Un certain nombre de participants ont mentionné la nécessité d'une sensibilisation plus poussée, d'une amélioration de la collaboration dans le secteur et d'une intensification de la recherche sur les préférences des consommateurs à titre de priorités. Leur aptitude à s'adapter aux nouvelles réalités du marché mondial et leur volonté de le faire seront la force motrice de leur succès à l'avenir.

Les gouvernements continueront à travailler avec le secteur. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux procéderont à un examen attentif de nos objectifs stratégiques et de l'orientation de notre politique actuels pour déterminer s'ils aideront le secteur à relever les défis et à saisir les possibilités qu'apportera la décennie conduisant à 2020.

Annexe A

Les tables rondes ont eu lieu en 15 endroits (13 villes et deux séances nationales) qui ont été choisis de sorte que le Ministère ait la possibilité de toucher le plus d'intéressés possible et de prendre connaissance de divers points de vue, de l'Atlantique au Pacifique. Les lieux et les dates retenus étaient :

4 mai 2010, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard)

5 mai 2010, Truro (Nouvelle-Écosse)

6 mai 2010, St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador)

12 mai 2010, Fredericton (Nouveau-Brunswick)

13 mai 2010, Guelph (Ontario)

14 mai 2010, London (Ontario)

26 mai 2010, Ottawa (Ontario)

27 mai 2010, Ottawa (Ontario)

1er juin 2010 Saint-Hyacinthe (Québec)

8 juin 2010 Calgary (Alberta)

9 juin 2010 Edmonton (Alberta)

7 juin 2010 Vancouver (Colombie-Britannique)

10 juin 2010 Regina (Saskatchewan)

11 juin 2010 Saskatoon (Saskatchewan)

13 juin 2010 Winnipeg (Manitoba)

Retour à Consultation du secteur et du public

Footnotes

Footnote 1

Voir à l'Annexe A la liste des dates et des lieux de ces séances.

Return to footnote 1 referrer

Footnote 2

Ce projet de loi exigera qu'une analyse des dangers possibles pour les marchés d'exploitation soit effectuée avant que la vente de nouvelles semences génétiquement modifiées ne soit autorisée, en plus des évaluations des effets sur l'environnement, la santé et la sécurité déjà exigées. http://www2.parl.gc.ca/HousePublications/Publication.aspx?DocId=4330153&Language=f&Mode=1&File=24)

Return to footnote 2 referrer

Formats de rechange

Aide sur les formats de rechange

Agriculture 2020 : Défis et Opportunités (Version PDF, 375 Ko)