Stratégie à risque réduit de lutte contre le mildiou du concombre

Veuillez adresser vos questions à :
Programme de réduction des risques liés aux pesticides
Centre de la lutte antiparasitaire, Agriculture et Agroalimentaire Canada
pmc.cla.info@agr.gc.ca

Décembre 2016

Préface

Des stratégies de réduction des risques liés aux pesticides sont élaborées dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides (PRRP), un programme conjoint d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA). Ce programme vise principalement à atténuer les risques pour la santé humaine et l'environnement que peut comporter l'utilisation des pesticides en agriculture. Pour atteindre cet objectif, les responsables du Programme collaborent avec des groupes de producteurs, l'industrie, les gouvernements provinciaux et des chercheurs en vue, d'une part, de cerner les lacunes de la lutte antiparasitaire et les possibilités de réduction des risques liés aux pesticides et, d'autre part, d'élaborer et d'appliquer des stratégies pour ce faire.

Une stratégie de réduction des risques liés aux pesticides consiste en un plan détaillé ayant pour objectif de répondre aux besoins des producteurs en termes d’outils et de pratiques de lutte antiparasitaire à risque réduit contre certains ravageurs précis. Ces stratégies sont mises au point à la suite de consultations poussées menées auprès des intervenants. Le présent document stratégique résume le Programme et les activités qu’il soutient. Il vise à faire le point sur l’avancement de l’élaboration et de la mise en application de la stratégie ainsi que des nouveaux outils et méthodes disponibles grâce aux travaux faits dans le cadre du Programme.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le site Centre de la lutte antiparasitaire.

Remerciements

Le PRRP remercie tous les intervenants qui ont contribué et collaboré à l'élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie de réduction des risques liés à la lutte contre le mildiou du concombre, notamment les membres du groupe de travail sur le mildiou du concombre.

Introduction

Le mildiou, maladie qui touche de nombreuses plantes cultivées, a été défini comme étant un problème à priorité élevée en vue de l’élaboration d’une stratégie au moyen d’une consultation avec les intervenants et d’une évaluation systématique du potentiel de réduction des risques liés aux pesticides. En 2011, les menaces associées au mildiou étaient principalement gérées au moyen d’un calendrier d’épandages répétitifs de fongicides, dont certains font l’objet d’une réévaluation réglementaire. En même temps, l’importance économique du problème était très élevée en raison de la grande valeur (>1 milliard de dollars) des cultures touchées. Par conséquent, on a estimé que l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie à risque réduit de gestion du problème pourraient bien réduire les risques et avoir des avantages pour le secteur.

Comme le mildiou est causé par différents agents pathogènes chez différentes plantes cultivées, on a décidé de cibler une seule espèce cultivée pour l’élaboration d’une stratégie à risque réduit de lutte contre le mildiou. En consultation avec le groupe de travail technique du PRRP, on a choisi le concombre comme culture cible.

Au Canada, le concombre est cultivé au champ (principalement en Ontario et au Québec) et en serre (principalement en Ontario et en Colombie-Britannique).

Le mildiou est une maladie importante sur le plan économique pour le concombre de plein champ et le concombre de serre en raison de sa capacité à se répandre et à réduire de façon importante le rendement et la qualité des fruits. Dans le cas du concombre de plein champ, les épidémies dépendent de l’emplacement géographique et des conditions climatiques locales. En Colombie-Britannique, par exemple, la maladie n’a pas été signalée pour le concombre de plein champ, alors qu’en Ontario elle est considérée comme très grave.

En 2012, un groupe de travail composé de chercheurs (AAC et universités), d’organisations de producteurs (Ontario Processing Vegetable Growers, Ontario Greenhouse Vegetable Growers, Fédération québécoise des producteurs de légumes de transformation), de spécialistes provinciaux et d’autres intervenants a été créé pour aider à l’élaboration d’une stratégie à risque réduit de lutte contre le mildiou. La stratégie vise à cerner, à élaborer et à mettre en œuvre des méthodes de lutte antiparasitaire qui peuvent servir de solutions de rechange aux pesticides conventionnels ou être utilisées en combinaison avec les outils existants pour les systèmes intégrés de lutte contre les maladies, principalement dans les productions de concombre de plein champ, tout en tenant compte des possibilités pour le concombre de serre.

Enjeux de à la lutte antiparasitaire et réduction des risques liés aux pesticides

Chez le concombre, le mildiou est causé par le Pseudoperonospora cubensis, oomycète. L’agent pathogène se répand au moyen de spores en suspension dans l’air et peut toucher le concombre à n’importe quel stade de son développement, des semis aux plants matures. L’agent pathogène a besoin d’un hôte vivant pour survivre; par conséquent, on pense qu’il ne survivrait pas à l’extérieur en hiver au Canada, car aucun hôte n’est présent. Les infestations sont généralement déclenchées par des spores provenant de régions de production plus chaude dans le sud. La maladie peut aussi être introduite dans les champs par des semis infectés ou à partir d’infestations dans des champs voisins ou des serres qui cultivent simultanément du concombre. Une fois établie, la maladie se répand rapidement dans toute la culture et peut causer une défoliation importante en quelques jours. Par la suite, elle entraîne de lourdes pertes financières découlant du rendement réduit et de la qualité moindre des fruits.

Les recommandations actuelles pour la lutte contre la maladie dans les champs s’appuient sur le calendrier d’application de fongicides, en combinaison avec des pratiques culturales. Des fongicides préventifs doivent être appliqués peu après la transplantation, puis fréquemment après cela. Des intervalles d’aussi peu que cinq à sept jours peuvent être requis dans des conditions qui favorisent la propagation de la maladie (temps frais, pluvieux et humide), de sorte que certains produits peuvent être appliqués jusqu’à six ou sept fois par saison.

En plus de constituer une importante charge de pesticides pour l’environnement, l’utilisation répétée de ces produits augmente la probabilité que l’agent pathogène acquière une résistance à l’un des produits chimiques actuellement utilisés, comme on l’a déjà observé avec les fongicides IQe (inhibiteurs de la quinone extérieure). Les autres fongicides agissant sur un seul site qui posent un problème d’acquisition d’une résistance par l’agent pathogène sont le fluopicolide, le propamocarbe, le cyazofamide et l’amétoctradine.

On a déterminé qu’il fallait élaborer et adopter des méthodes de lutte antiparasitaire à risque réduit afin de diversifier les outils de lutte contre le mildiou et de réduire l’utilisation de fongicides tout en luttant efficacement contre la maladie.

Stratégie

Consultations auprès du groupe de travail

À partir de 2012, on a procédé à des consultations auprès du groupe de travail sur le mildiou du concombre pour cerner les enjeux prioritaires et les lacunes liés à la lutte à risque réduit contre le mildiou du concombre. On a recueilli les commentaires des membres du groupe de travail par courriel et par téléphone ainsi que dans le cadre de téléconférence de réunions en personne. Pendant ces discussions, le groupe de travail a cerné les objectifs clés et les solutions prioritaires pour une stratégie à risque réduit de lutte contre le mildiou du concombre. L’information recueillie a été utilisée pour l’élaboration du plan d’action décrit ci-dessous.

Questions prioritaires et lacunes

Les consultations ont soulevé la possibilité d’un écart entre les connaissances actuelles de l’industrie du concombre et les nouvelles approches qui pourraient être en cours d’élaboration ailleurs. On a donc considéré comme étant prioritaire le besoin d’examiner toutes les connaissances actuelles.

Une autre lacune éventuelle était la possibilité que l’agent du mildiou des cucurbitacées s’attaque à d’autres hôtes actuellement inconnus (le seul hôte connu en dehors du groupe des cucurbitacées est le houblon, mais celui-ci n’est pas un hôte préféré). En théorie, ces hôtes pourraient jouer un rôle dans l’épidémiologie de la maladie, puisqu’elle se répand d’une zone de culture à une autre. L’identification de ces autres hôtes potentiels a donc été considérée comme prioritaire.

L’absence d’information vérifiée concernant les sources d’inoculum a également été soulevée comme une lacune. Parmi ces sources potentielles, citons les semences et autre matériel de multiplication, le sol, les résidus de végétaux des saisons antérieures ainsi que la contamination croisée possible entre les champs et les serres. Il faut également déterminer le rôle potentiel des activités humaines, plus précisément les pratiques de production et de récolte, quant à la propagation de la maladie, pour que des pratiques efficaces permettant de réduire les risques de propagation puissent être élaborées et recommandées.

Le groupe de travail a également souligné la nécessité que de nouvelles approches soient évaluées en vue d’empêcher que des spores atteignent les installations fermées de production de concombre.

Les objectifs stratégiques ci-dessous ont été établis d’après les questions et lacunes prioritaires.

Objectif 1 : Créer une base de connaissances sur l’épidémiologie du mildiou et la lutte contre cette maladie.

Objectif 2 : Formuler des recommandations concernant les meilleures pratiques afin de réduire la fréquence de la maladie.

Objectif 3 : Faciliter l’adoption de cultivars de concombre résistants ou tolérants.

Objectif 4 : Communiquer les résultats

Plan d’action de la stratégie

Les quatre objectifs stratégiques et solutions potentielles ont été classés en ordre de priorité dans le cadre des consultations avec le groupe de travail et avec d’autres intervenants et ont été utilisées pour l’élaboration d’un plan d’action à risque réduit de lutte contre le mildiou du concombre. Le plan est axé sur la recherche de pratiques et de moyens de lutte antiparasitaire à risque réduit qui permettront de réduire la dépendance aux fongicides classiques tout en proposant des solutions efficaces et viables sur le plan économique. Le tableau suivant présente les objectifs, les jalons et les activités de mise en œuvre terminés ou en cours à l’appui de cette stratégie.

Les tableaux du plan d’action présentant les objectifs, les jalons et les activités de mise en œuvre de la stratégie de réduction des risques liés à la lutte contre le mildiou dans les cultures de concombre au Canada

Tableau 1 : Premier Objectif - Créer une base de connaissances sur l’épidémiologie du mildiou et la lutte contre cette maladie.
Jalon Statut Activités de mise en oeuvre Échéance
Examiner la documentation pour consigner les renseignements existants sur les méthodes de lutte contre le mildiou utilisées dans le monde. Terminée Projet PRR14-030 d’AAC : Revue de la littérature sur le contexte, les pratiques de lutte et les stratégies de lutte intégrée existantes contre le mildiou du concombre aux fins de recommandations de stratégies de lutte durable. Information recueillie dans des sources publiées et dans le cadre de discussions avec des spécialistes des cultures et des chercheurs. Il a été conclu qu’aucune des méthodes existantes ne permet isolément d’éliminer complètement l’agent pathogène, et qu’il faut élaborer plusieurs outils de lutte faisant partie d’une approche intégrée pour réduire la présence de la maladie et limiter l’utilisation de fongicides classiques au champ et en serre. Août 2015
Cerner le lien entre les épidémies dans au champ et en serre. En cours Une portion du projet de revue de la littérature PRR14-030 portait sur la relation entre les épidémies au champ et en serre. On pense que la production de concombre à l’année dans les serres de la région des Grands Lacs pourrait constituer une source d’inoculum durant la saison, particulièrement lorsque les mesures de lutte s’avèrent inefficaces. De plus amples renseignements sur le lien possible entre les épidémies au champ et en serre devraient être recueillis dans le cadre du projet sur les voies d’infection (PRR16-050) et potentiellement grâce à des outils issus de projets futurs. Pas applicable
Définir l’éventail d’hôtes du mildiou du concombre et déterminer les autres hôtes potentiels comme facteur de transmission de la maladie. En cours Des travaux sont actuellement réalisés dans le cadre du projet PRR16-050 d’AAC : Voies d’infection du mildiou du concombre. Le projet est axé sur les sources d’inoculum de P. cubensis en production commerciale de concombre au Canada et vise à déterminer les voies d’infection potentielles, qui incluent les semences, les autres cucurbitacées cultivées dans les champs et serres voisins, les cucurbitacées sauvages et les résidus de cucurbitacées cultivées les saisons antérieures. Le matériel récolté est soumis à des analyses destinées à vérifier la présence de l’agent pathogène. Pas applicable
Création d’outils moléculaires permettant la détection quantitative et l’identification de l’agent du mildiou. À venir Pas applicable Pas applicable
Tableau 2 : Deuxième Objectif - Formuler des recommandations concernant les meilleures pratiques afin de réduire la fréquence de la maladie.
Jalon Statut Activités de mise en oeuvre Échéance
Cerner les zones où les mesures d’assainissement ne sont peut-être pas suffisantes pour la culture en pleine terre ou en serre. En cours Le projet PRR16-050 fournira des indications préliminaires concernant les sources d’inoculum en production commerciale de concombre. Ces sources pourront ensuite faire l’objet d’études plus poussées dans le cadre d’une enquête sur les pratiques d’assainissement au champ et en serre. Pas applicable
Effectuer une recherche pour améliorer les pratiques d’assainissement existantes (par exemple le choix du moment) et mettre au point ou évaluer de nouvelles pratiques. À venir Pas applicable Pas applicable
Évaluer les obstacles physiques pour prévenir la maladie. À venir Pas applicable Pas applicable
Évaluer la résistance de l’agent pathogène aux fongicides À venir Pas applicable Pas applicable
Tableau 3 : Troisième Objectif - Faciliter l’adoption de cultivars de concombre résistants ou tolérants.
Jalon Statut Activités de mise en oeuvre Échéance
Évaluer la réaction des plants à l’agent pathogène dans les systèmes de production canadiens quand de nouveaux cultivars sont mis en marché. En cours Des travaux sont réalisés dans le cadre du projet PRR16-040 d’AAC : Pratiques exemplaires de lutte contre le mildiou du concombre. Le projet vise à évaluer de nouveaux cultivars hybrides de concombre tolérants au mildiou. Des méthodes de lutte contre la maladie conformes aux recommandations actuelles du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario seront évaluées dans le cadre d’essais au champ à Simcoe et à Ridgetown, en Ontario, et des comparaisons seront établies avec de nouveaux régimes de traitements fongicides à intervalles rallongés pour deux hybrides tolérants et un hybride normal sensible. Pas applicable
Tableau 4 : Quatrième Objectif - Communiquer les résultats.
Jalon Statut Activités de mise en oeuvre Échéance
Utiliser des plateformes de communication appropriées pour porter les résultats à l’attention des intervenants. En cours Un compte rendu des activités annuelles est présenté aux intervenants par courriel et par téléconférence. Des résumés des nouveaux projets et des projets achevés sont affichés sur le site Web d’AAC. D’autre matériel d’information sera préparé à mesure que des résultats sont obtenus. Pas applicable

À mesure que la stratégie évolue, le plan d’action sera peaufiné. Des cibles et des activités particulières pourraient être ajoutées ou modifiées. Le présent document est dynamique et sera mis à jour de façon régulière.

Formats de rechange

Aide sur les formats de rechange

Stratégie à risque réduit de lutte contre le mildiou (Version PDF, 100 Ko)

Date de modification: