Stratégie de réduction des risques pour la lutte contre la fusariose de l’épi dans les cultures de blé

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Programme de réduction des risques liés aux pesticides
Centre de la lutte antiparasitaire, Agriculture et Agroalimentaire Canada
pmc.cla.info@agr.gc.ca

Mars 2015

Préface

Les stratégies de réduction des risques liés aux pesticides sont élaborées dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides (PRRP), une initiative conjointe d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Ce programme vise la réduction des risques que l'emploi de pesticides en agriculture comporte pour l'environnement et la santé humaine. Pour atteindre cet objectif, les responsables du Programme collaborent avec des groupes de producteurs, ainsi que des chercheurs et des experts des gouvernements provinciaux en vue, d'une part, de cerner les lacunes de la lutte antiparasitaire et les possibilités de réduction des risques liés aux pesticides et, d'autre part, d'élaborer et d'appliquer des stratégies pour ce faire.

Une stratégie de réduction des risques liés aux pesticides est un plan détaillé qui est élaboré en consultation avec des intervenants. Elle vise à proposer aux producteurs des moyens de lutte et des pratiques à risque réduit contre certains parasites problématiques. Le présent document informe les intervenants participants de l'évolution des activités appuyées par le PRRP dans le cadre du développement et de la mise en œuvre de la stratégie présentée ici, et des nouveaux outils et pratiques issus de ce processus.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le site Centre de la lutte antiparasitaire.

Remerciements

Le Programme de réduction des risques liés aux pesticides remercient tous les organismes et les intervenants participants, y compris les membres du groupe de travail sur la fusariose de l'épi pour leur contribution:

  • Jim Broatch et Gayah Sieusahai, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et du Développement rural de l'Alberta;
  • Faye Dokken-Bouchard et Sean Miller, ministère de l'Agriculture de la Saskatchewan; Dilantha Fernando, Université du Manitoba;
  • Andy Nadler et Holly Derksen, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba;
  • Guy Ash et Mike Grenier de l'ex-Commission canadienne du blé;
  • Crosby Devitt, Alison Walden-Coleman et Josh Cowan, Grain Farmers of Ontario;
  • Peter Johnson, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario;
  • Lily Tamburic-Ilincic, Université de Guelph, Ontario;
  • Yves Dionet Sylvie Rioux, CEROM;
  • Claude Parent, ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (Qc);
  • Anne Vanasse, Université Laval (Québec);
  • William Van Tassel et Salah Zoghlami, Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec;
  • Christian Azar, La Coop Fédérée (Québec); Ron Pitblado (décédé) et Ian Nichols, WeatherInnovations Inc. (Ontario);
  • Allen Xue, Richard Martin et Kelly Turkington, Agriculture et Agroalimentaire Canada;
  • Randy Clear (anciennement) et Tom Graefenhan du Commission canadienne des grains.

Sommaire

La fusariose de l'épi causée par Fusarium est une grave maladie qui a des répercussions sur le rendement et la qualité des cultures de blé et d'autres cultures céréalières d'importance au Canada. Cette maladie a été identifiée comme une problématique prioritaire par les intervenants depuis 2005. Le présent rapport résume les efforts de collaboration et les progrès réalisés relativement aux activités entreprises dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides (PRRP) à l'appui de l'élaboration et de la mise en œuvre d'une stratégie a risques réduit pour la lutte contre la fusariose dans les cultures de blé au Canada. Cette stratégie vise à réduire les risques associés à l'utilisation de fongicides pour lutter contre la fusariose, tout en aidant les producteurs à trouver une façon viable de lutter contre la maladie et à assurer la rentabilité de leurs exploitations.

Cette stratégie a été élaborée grâce aux consultations et à la collaboration avec des intervenants de l'industrie, notamment des groupes de producteurs, des spécialistes provinciaux des cultures, des chercheurs universitaires et des scientifiques du gouvernement des principales régions de culture du blé. Bon nombre de ces intervenants et spécialistes en la matière ont participé activement aux travaux des différents groupes de travail dirigés par le PRRP et chargés de définir les éléments particuliers de la stratégie de lutte contre la fusariose. Dans le cadre du travail d'élaboration de la stratégie, des enjeux de lutte contre la maladie ont été cernés; puis, on a discuté et priorisées de solutions à risque réduit qui permettraient de régler ces enjeux, puis on a mis au point un plan d'action pour élaborer et mettre en œuvre ces solutions.

Pour appuyer la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la fusariose de l'épi du blé, dans les dernière 10 ans le PRRP a financé une dizaine de projets et fourni de l'aide de réglementation en vue de l'homologation de biopesticide. Ces projets ont permis aux producteurs de bénéficier de certains résultats clés, notamment :

  • un système DONcast® amélioré pour des prévisions et des évaluations plus exactes des risques liés à la fusariose;
  • la validation et la démonstration des systèmes de prévision de la fusariose les plus appropriés dans l'ensemble des régions productrices de blé de la Saskatchewan, du Manitoba et du Québec;
  • de nouveaux renseignements sur les pratiques culturales et la lutte antiparasitaire intégrée contre la fusariose;
  • la préparation d'un dossier règlementaire pour l'homologation d'un nouveau biopesticide contre la fusariose

Le tableau 1 et 2 présentés à la fin de ce document fournit des renseignements plus détaillés sur les projets et les nouvelles solutions découlant de cette stratégie. Les renseignements ont été communiqués aux producteurs en vue de favoriser l'adoption et l'utilisation appropriées des outils proposés. On prévoit que l'adoption de ces outils permettras la lutte intégrée contre la maladie et va aider les producteurs à changer les pratiques de dépendance sur les fongicides.

Enjeux de la lutte antiparasitaire et la réduction des risques liés aux pesticides

La fusariose du blé est causée par plusieurs espèces de Fusarium, mais F. graminearum est l'espèce pathogène prédominante la plus agressive qui est visée au Canada. Le champignon peut hiverner sous forme de spores ou de mycélium sur les semences et survivre sur les résidus de culture. Les semences infectées causent la fonte des semis des plantules de blé au moment de l'émergence ou le piétin fusarien peu après l'émergence. L'inoculum présent sur les résidus de culture présents à la surface du sol constitue la principale source d'infection plus tard dans la saison. Les spores sont dispersées par les éclaboussures de pluie et le vent et peuvent infecter directement les épillets ouverts ou coloniser les étamines sorties des épillets lors de la floraison. La maladie se développe rapidement dans des conditions chaudes et humides et peut provoquer des épidémies généralisées lorsque ces conditions coïncident avec la floraison, moment auquel le blé est le plus sensible au Fusarium. La maladie peut entraîner de lourdes pertes de production dans les cultures de blé en raison des grains fusariés et de l'apparition de grains non remplis. Le champignon pathogène peut aussi contaminer les grains par la production de mycotoxines, dont le désoxynivalénol (DON), les rendant impropres à la consommation humaine et animale.

La lutte efficace et durable contre la fusariose est essentielle à la viabilité de la production de blé au Canada. Alors que F. graminearum se retrouvait en abondance dans l'est du Canada et à l'est des Prairies au cours des 20 dernières années, il s'est propagé graduellement vers les régions de l'ouest des Prairies. En Alberta, F. graminearum est répertorié depuis 1999 comme organisme nuisible réglementé en vertu du Agricultural Pests Act (en anglais seulement).

Un vaste programme visant l'amélioration de la résistance génétique du blé à la fusariose est en cours à AAC depuis les années 1990. Grâce à ce programme, les chercheurs d'AAC, en collaboration avec d'autres chercheurs canadiens ont fait des progrès significatifs, conduisant à un certain nombre de cultivars de blé de printemps et d'hiver possédant une meilleure résistance à la fusariose.

Cependant, en 2005, en absence de variétés commerciales de blé totalement résistantes, la lutte contre la fusariose reposait principalement sur l'application de fongicides. Depuis la mise en place de la stratégie, le nombre de matières actives disponibles pour lutter contre la fusariose a augmenté, passant de 2 en 2005 à 6 (ce qui équivaut à 16 produits au total) en 2014, y compris un biopesticide (souche FZB24 du Bacillus subtilis var. amyloliquefaciens). Cependant, tous les ingrédients chimiques actifs appartiennent à seulement 3 groupes de fongicides et/ou groupes de résistance (triazole/3, chloronitrile /M et methoxy-carbamate/11) et tous les produits résultants sont étiquetées uniquement pour la répression de la maladie. À l'heure actuelle, le chlorothalonil fait l'objet d'un examen réglementaire par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada, et cette réévaluation de son utilisation pourrait entraîner son élimination graduelle au Canada. De plus, l'usage répété des fongicides d'un même groupe peut être responsable de la résistance des agents pathogènes à certains agents chimiques. L'industrie reconnaît depuis déjà longtemps qu'il est prioritaire de trouver des solutions de rechange aux fongicides du groupe des triazoles pour améliorer la gestion de la résistance.

Développement de la stratégie

Certaines lacunes prioritaires de la lutte antiparasitaire ont été cernées par le biais de consultations préliminaires menées en 2005 et 2006 par le Programme auprès des provinces et des organisations de producteurs. En outre, le Programme a appuyé plusieurs projets qui tenaient compte des solutions recommandées à la suite de ces consultations.

Par la suite, il est apparu évident qu'une plateforme et des efforts communs étaient requis pour élargir les consultations à un éventail plus vaste d'intervenants de diverses régions.

Les consultations du groupe de travail

Un groupe d'experts a été mis sur pied au début de 2009 pour participer à l'élaboration d'un plan d'action destiné à trouver des solutions dans la lutte contre la fusariose. Ce groupe réunissait les principaux spécialistes et intervenants de l'industrie, y compris des organisations de producteurs, des chercheurs universitaires, des agents de vulgarisation agricole et des spécialistes de la lutte antiparasitaire des provinces, des chercheurs du gouvernement fédéral et des entités privées.

Lacunes et enjeux prioritaires

Comme les travaux de recherche du secteur public se poursuivant dans le développement de variétés de blé plus résistantes, le groupe de travail sur la fusariose s'est concentré sur d'autres éléments de gestion des maladies qui seraient nécessaires pour établir un système de gestion de lutte intégrée pour la fusariose. Par le biais de multiples séances de consultation au cours des années, le groupe de travail a identifié des solutions de lutte à risque réduit pour adresser plusieurs lacunes prioritaires cernées dans la stratégie, résumées ci-dessous :

Absence de solutions de remplacement en matière de lutte dans la trousse d'outils

Malgré l'existence d'un certain nombre d'options de méthodes de lutte chimique, les pertes économiques causées par la fusariose sont à la hausse, et l'agent pathogène continu d'étendre son aire de répartition et d'entraîner le déclassement du grain. Les producteurs doivent composer avec un nombre limité de groupes chimiques disponibles et avec le risque de développement de la résistance qui en découle. L'industrie devrait disposer d'un accès à des options de rechange efficaces pour la lutte, y compris des biopesticides et des pratiques culturales, pour favoriser une approche de lutte intégrée et réduire la dépendance aux fongicides. Une mesure prioritaire a été mise de l'avant en vue de développer des agents de lutte biologique prometteurs ainsi que les pratiques d'irrigation et de gestion des cultures qui aideraient à réprimer la maladie ou à éviter son développement dans les cultures de blé.

Absence de systèmes de prévision fiables pour la fusariose

Comme les produits antiparasitaires contre la fusariose sont surtout préventifs et peuvent uniquement servir à lutter contre la maladie, leur période d'application est très brève pour être acceptable quant à l'efficacité. Ces produits devraient être utilisés à des étapes précises de la croissance du blé (par exemple à 75 % de la floraison) et avant l'apparition de la maladie. Toutefois, toutes les provinces ne disposaient pas des services d'avertissements liés au risque de fusariose pour aider les producteurs à prendre leurs décisions sur le moment propice pour une intervention. En Ontario, WIN (Weather INnovations Incorporated) livrait la version original du modèle DONcast (mis au point à la fin des années 1990), tandis qu'au Manitoba, le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales fournissait des mises à jour quotidiennes en ligne d'une carte du risque de maladie fondée sur le modèle DeWolf. Une mesure prioritaire a été mise de l'avant pour améliorer l'exactitude et la spécificité sur le terrain des systèmes de prévision de la fusariose existants et pour valider ces systèmes ainsi que d'autres pour permettre l'adoption de modèles appropriés dans les régions où ces services n'existaient pas.

C'est pourquoi cette stratégie se concentre sur l'élaboration de systèmes de prévision appropriés et efficaces, et de nouveaux solutions de rechange à moindre risque pour remplacer, ou minimiser l'utilisation des produits chimiques et permettre la mise en place de systèmes de lutte intégrée.

Plan d'action

Un plan d'action a été élaboré en fonction de ces enjeux et solutions proposées pour mettre en œuvre la stratégie. Comme l'illustre le tableau 1, ce plan d'action comprenait les buts, les jalons et les solutions précises proposées par le groupe de travail, ainsi que les progrès liés aux activités de recherche et de développement entreprises dans le cadre du Programme pour appliquer les solutions recommandées et faire avancer la mise en œuvre de cette stratégie.

Trois buts ont été définis dans cette stratégie pour adresser les deux priorités :

  • Identifier les produits à risque réduit pouvant remplacer les fongicides actuels;
  • Développer des outils et des pratiques pour la lutte intégrée contre la fusariose;
  • Transférer et promouvoir l'adoption de nouveaux outils de gestion de la fusariose.
Tableau 1 – Progrès et résultats liés au plan d’action pour mettre en œuvre une stratégie de réduction des risques dans la lutte contre la fusariose de l'épi causée par Fusarium dans les cultures de blé au Canada
Jalon État Activités de mise en œuvre Période d'achè-vement
But #1 : Identifier les produits à risque réduit pouvant remplacer les fongicides actuels
Identifier et évaluer des bio-agents pour la lutte biologique contre la fusariose Terminé Projet BPI07-110 - Lutte biologique contre la brûlure de l'épi causée par le fusarium et la contamination par mycotoxine du blé : Les chercheurs d'AAC ont évalué 20 souches sélectionnées d'agents biologiques potentiels, dont 15 bactéries et 5 champignons, parmi les isolats conservés par AAC et l'Université Cornell. La souche ACM941 du Clonostachys rosea s'est révélée l'agent le plus efficace et le plus prometteur en vue d'une commercialisation. 2007-2008
Évaluer l'efficacité au champ des agents de lutte biologique prometteurs Terminé Projet BPI08-020 - Agents microbiens luttant contre les maladies du blé au Canada et servant à minimiser la contamination mycotoxine des petits grains céréaliers : Évaluation à plus grande échelle de l'efficacité au champ de la souche ACM941 du Clonostachys rosea et d'autres agents de lutte prometteurs contre la fusariose. La souche ACM941 a permis une réduction significative de la fréquence de la fusariose et de la teneur du grain en DON et une meilleure prévention de l'apparition de périthèces de Gibberella zeae après la récolte, par rapport au fongicide classique employé comme témoin (le Folicur). Les préparations employées pour les essais et comme prototype commercial ont été obtenues à l'Université Cornell au moyen de procédés dont cette université détient l'exclusivité. 2008-2009
Terminé Projet BPI09-040 - Évaluation de l'efficacité de Clonostachys rosea (souche ACM941) pour un contrôle de la fusariose de l'épi du blé : Évaluation approfondie de l'efficacité au champ des préparations de l'Université Cornell, afin de générer les données requises pour l'homologation de la souche ACM941 comme biopesticide. Les essais en serre et au champ ont tous deux démontré que la souche ACM941 est régulièrement efficace comme moyen de lutte contre la maladie, réduit l'indice de fusariose (jusqu'à 46 %) réduit les teneurs du grain en DON (jusqu'à 33 %) et permet d'augmenter le rendement grainier ainsi que le poids du grain, à un degré comparable au Folicur. Parmi les concentrations d'ACM941 utilisées (égale ou supérieure à 8x106 unités formant colonies par millilitre (ufc/mL) pour les essais (104 à 108 ufc/mL), c'est la concentration de 108 ufc/mL qui s'est révélée la plus efficace. 2009-2010
Terminé Projet BPI10-020 – Contrôle du Fusarium (brûlure racinaire) avec un nouveau d'un biopesticide. Évaluation chez une plus grande gamme de cultures (blé et soja) de l'efficacité au champ de la souche ACM941 du C. rosea contre les maladies fusariennes. Les résultats des essais ont confirmé l'efficacité chez le blé, mais étaient non concluants chez le soja. 2010-2011
Trouver un partenaire de l'industrie pour la commercialisation du produit biologique Terminé Une entreprise canadienne de production de biopesticides établie à Terre-Neuve, a conclu avec AAC une entente comportant une option de licence pour la commercialisation de la souche ACM941 du Clonostachys rosea. Les travaux subséquents menés par l'entreprise en collaboration avec l'Université Cornell et AAC ont contribué à l'optimisation de la formulation du biopesticide. Malheureusement, peu après, l'entreprise a connu des difficultés et a dû renoncer à sa licence. En 2014, dans le cadre d'un concours d'appel d'offres public, AAC a accordé des droits de licence à l'entreprise canadienne Adjuvants Plus Inc. pour homologuer et commercialiser la souche ACM941 en tant que nouveau biopesticide. Des travaux sont en cours pour préparer un dossier de données aux fins de l'examen de la réglementation par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada en vue de l'utilisation commerciale du produit au Canada. 2009-2011
Mettre au point, homologuer et commercialiser l’agent de lutte biologique retenu Terminé Projet d'AAC BPI09-050 - Formulation de l'agent de lutte biologique Clonostachys rosea pour combattre efficacement les maladies causées par le Fusarium dans le blé et le soja : Fourniture de préparations de la souche ACM941 du C. rosea aux chercheurs d'AAC en vue d'essais d'efficacité en serre et au champ et de travaux visant à mettre au point, perfectionner et commercialiser le C. rosea comme biopesticide contre la fusariose. 2009-2011
En cours Des consultations menées à l'échelle du Canada ont abouti au choix du C. rosea comme agent de lutte biologique prioritaire devant bénéficier d'un soutien du PRRP en 2010-2011. La Section des Biopesticides du Programme de réduction des risques liés aux pesticides fournit un soutien réglementaire continu pour faciliter le processus de demande d'homologation de la souche ACM941 du Clonostachys rosea comme biofongicide. Pas applicable
But #2 : Développer des outils et des pratiques pour la lutte intégrée contre la fusariose
Perfectionner le modèle DONcast en vue d’en améliorer l’exactitude prédictive Terminé Projet d'AAC PRR06-370 - Amélioration de la portée et de la livraison des modèles de décision fondée sur les données météorologiques pour les maladies des plants du blé : Un système DONcast amélioré permettant des recommandations de pulvérisation propres à chaque champ a été mis au point et est offert aux producteurs depuis le printemps 2008 par l'entremise du site web de Weather INnovations Consulting (en anglais seulement) (WIN) et du programme météorologique de Bayer CropScience Weather Central (en anglais seulement). Ce système aide les producteurs d'Ontario à prédire le risque de contamination du blé par le DON au moment de la récolte. 2006-2008
Valider l'efficacité des outils de prévision et démontrer l'avantage de les adopter Terminé Projet d'AAC PRR10-040 - Validation et démonstration des systèmes existants de prévision de la fusariose de l'épi comme outils d'aide à la décision en production de blé au Manitoba : Le modèle de prévision de la maladie DeWolf a fourni des prévisions exactes de la valeur de l'indice de BEF dans 79 % (2010) et dans 77 % (2011) des cas pour l'ensemble des 80 et 114 sites commerciaux de champs de blé (respectivement) ayant fait l'objet d'une enquête au Manitoba. Le modèle a été mis à la disposition des producteurs par le biais du site Weather Farm (en anglais seulement). 2010-2012
Terminé Projet d'AAC PRR10-200 - Validation et démonstration des systèmes existants de prévision de la fusariose de l'épi comme outils d'aide à la décision en production de blé en Saskatchewan : Le modèle de prévision de maladie DeWolf a fourni des prévisions exactes de la valeur de l'indice de BEF dans 79 % (2010) et dans 77 % (2011) des cas pour l'ensemble des 6 et 18 sites commerciaux de champs de blé (respectivement) ayant fait l'objet d'une enquête en Saskatchewan. Le modèle a été mis à la disposition des producteurs par le biais du site Weather Farm (en anglais seulement). 2010-2012
Terminé Projet d'AAC PRR11-010 Validation et démonstration des modèles prévisionnels de développement de la fusariose de l'épi chez le blé dans les conditions de culture au Québec : Parmi cinq (5) modèles existants de prévision et certaines variations de l'un de ces modèles largement validés de 2011 à 2013, la performance du modèle DeWolf B a été la meilleure, avec une exactitude de 90 % à prédire les risques de maladie. DeWolf B a été donc jugé le plus approprié pour la région et a été mis à la disposition des producteurs par le biais du site Agrométéo Québec. 2011-2013
Élaborer des approches de lutte antiparasitaire intégrée combinant des méthodes génétiques, culturales et chimiques Terminé Projets d'AAC PRR10-130 - Démonstration à la ferme de l'effet du régime d'irrigation, du calendrier de pulvérisation de fongicides et du système de rotation sur l'incidence de la fusariose de l'épi dans les cultures de blé irriguées du sud de l'Alberta : Le projet a démontré que les cultures de blé irriguées présentaient des niveaux de BEF plus élevés que les cultures non irriguées. L'irrigation réduite, plus particulièrement au moment de la floraison, combinée à des pulvérisations de fongicide à des moments soigneusement choisis, a permis de lutter efficacement contre la maladie sans nuire aux récoltes. 2010-2013
Futur Développer des systèmes de gestion de la maladie intégrant divers outils et approches, y compris l'utilisation de variétés de blé existantes plus résistantes à la fusariose, notamment la plus récente variété qui est devenue à l'automne 2014 la première variété commerciale de blé d'hiver résistante à la fusariose (ACMC Emerson) mise à la disposition des agriculteurs canadiens. Pas applicable
But #3 : Communiquer les nouveaux outils et pratiques aux producteurs
Communiquer les nouveaux outils et pratiques aux producteurs Terminé

Un certain nombre d'articles et de présentations ont été proposés aux producteurs par l'entremise de revues agricoles et de conférences, dans le cadre du projet de l'ACIA PRR06-370 Amélioration de la portée et de la livraison des modèles de décision fondée sur les données météorologiques pour les maladies des plants du blé. Les avertissements offerts aux producteurs abonnés à ce service sont régulièrement affichés dans le bulletin Crop Pest Ontario du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales Ontario et dans les sites Web de diverses associations de producteurs.

Une fiche technique intitulée Weather Time Spray Applications a été présentée les 24 et 26 janvier 2007 à la conférence FarmTech 2007, à Edmonton, en Alberta.

2006-2008
Terminé

Les résultats successifs de la lutte biologique menée contre la fusariose de l'épi du blé au moyen de la souche ACM941 du Clonostachys rosea ont fait l'objet d'affiches et de communications orales présentées lors de diverses conférences nationales et internationales, dont le Colloque canadien sur la fusariose (2007 et 2009).

Un bulletin d'information intitulé Nouveau biofongicide contre la fusariose de l'épi du blé a été publié et mis à la disposition des intervenants sur le site Web du PRRP.

2007-2014
Terminé Plusieurs activités de transfert de la technologie ont été réalisées dans le cadre des projets PRR10-040, PRR10-200, PRR10-130 et PRR11-010 par le biais d'outils de médias comme des articles dans des périodiques sur l'agriculture, des émissions de radio, des webinaires et des vidéos YouTube, ainsi que de présentations faites lors de réunions de producteurs et de représentants de l'industrie. De plus, les producteurs ont été invités à participer à des projets autorisant des essais à leurs champs, ainsi qu'à des visites de terrain aux sites de projets. 2010-2014
Démontrer aux producteurs l'utilisation et les avantages des outils et pratiques Futur Concevoir et démontrer un programme de lutte intégrée contre la fusariose de l'épi du blé pour les cultures céréalières intégrant, entre autres outils, l'utilisation du nouveau biofongicide à base de la souche ACM941 du Clonostachys rosea pour bénéficier de tous les avantages qu'offrira ce nouveau produit une fois qu'il sera homologué au Canada. Pas applicable
Légende :
  • Terminé : Le projet est réalisé
  • En cours : les travaux sont en cours
  • Futur : des priorités ont été établies pour de futurs travaux

Résultats attendus

Voici les principaux résultats attendus de la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la fusariose :

  • Un système DONcast® plus exact a été mis à la disposition des producteurs en Ontario et certaines parties du Québec pour faire de meilleures prévisions de la fusariose et améliorer l'efficacité des applications de fongicides sur les cultures de blé;
  • Le modèle DeWolf a été validé et a fait l'objet de démonstrations aux producteurs en tant qu'outil pour orienter leurs décisions sur la lutte contre la fusariose dans les régions des Prairies du Manitoba et de la Saskatchewan;
  • Pour la première fois, il a été déterminé que le modèle DeWolf (variation B) est le système de prévisions le plus approprié pour la lutte contre la fusariose de l'épi de blé dans les régions productrices de blé du Québec, et son utilisation est maintenant recommandée aux producteurs;
  • De nouvelles données sur l'intégration de pratiques culturales comme la gestion de l'irrigation, la rotation de cultivars tolérants et de cultures et l'application de fongicides ont été générées et communiquées aux producteurs pour aider dans la lutte contre la fusariose de l'épi du blé dans les secteurs à risque élevé des cultures irriguées du sud de l'Alberta;
  • Le soutien à la réglementation a contribué à la génération de données efficaces pour respecter les exigences relatives à l'homologation de la souche ACM941 du nouveau biopesticide Clonostachys rosea (demande d'homologation en attente).
  • La publication d'un certain nombre d'articles et de publications scientifiques a contribué à la diffusion et au transfert aux producteurs des résultats des informations sur la lutte biologique.
  • Par le truchement de consultations, de recherches concertées, de projets de démonstration et de la diffusion d'information à grande échelle, une vaste cohorte de producteurs et de conseillers en culture ont été sensibilisés aux nouveaux outils et informés à propos de la lutte durable contre la fusariose de l'épi du blé.

Incidences de la stratégie : le passé et la présente

Au moment de la mise en place de la stratégie en 2005, les solutions de lutte disponibles ne comprenaient que deux fongicides chimiques, des outils de prévision sporadique et très peu d'autres solutions de lutte. Depuis, un certain nombre de nouveaux composés et des cultivars de blé plus résistants à la fusariose ont été mis à la disposition des producteurs, permettant une certaine rotation entre les moyens d'action et une meilleure gestion de la résistance.

De plus, l'application de la stratégie soutenue par le Programme de réduction des risques liés aux pesticides a contribué au cours des 10 dernières années à diversifier et élargir la palette d'outils disponibles pour la lutte à la fusariose de l'épi du blé au Canada. Des outils améliorés de prévision pour les principales régions productrices de blé ont été validés et ont fait l'objet de démonstration auprès des producteurs, permettant à ces derniers d'être plus efficaces en matière de gestion de la maladie. En outre, il est prévu d'ajouter un nouveau biofongicide à la trousse d'outils. La possibilité accrue d'intégration de ces nouveaux outils améliorera probablement la gestion de la lutte contre la fusariose de l'épi du blé, tout en réduisant la dépendance à l'égard des produits chimiques existants.

Comme l'indique le tableau 2, la mise en œuvre de ces nouvelles solutions pourrait avoir des répercussions positives sur de vastes superficies (jusqu'à environ 10 millions d'hectares) en réduisant les risques liés aux pesticides et en améliorant l'efficacité de la gestion de la fusariose de l'épi du blé et potentiellement, de d'autres cultures céréalières touchées par cette maladie.

Tableau 2 – Éventuelles répercussions des solutions élaborées dans le cadre de la stratégie de lutte contre la fusariose de l'épi.
Solution Mécanismes de réduction des risques liés aux pesticides Cultures[1] auxquelles la solution s'applique Surface cultivée totale[2] (millier d'hectares) Éventuelle superficie ou la solution pourrait être adoptée (%) Avantages supplémentaires/Commentaires
Nouveau biopesticide (ACM941) Réduire la dépendance aux pesticides classiques Blé 10 000 100 % Protection des organismes non ciblés et bénéfiques; mise en place de systèmes de lutte antiparasitaire intégrée (LAI); rotation des diffèrent moyens d'action; gestion de la résistance; atténuation des problèmes liés aux DS (délais de sécurité), aux DAAR (délai d'attente avant la récolte) et aux LMR (limites maximales de résidus).
Prévision de la maladie Éviter les pulvérisations inutiles Blé 10 000 70 % Favorise la mise en place de systèmes de LAI, la prise de décisions plus éclairées; l'amélioration de l'efficacité des agents de lutte et le choix du moment opportun de son utilisation.
Pratiques culturales Prévenir les maladies et réduire la nécessité d'utiliser des produits Blé 10 000 10 % Réduction des coûts de production grâce à l'utilisation réduite des fongicides; appropriés aux productions traditionnelles et biologiques; potentiel d'adoption accru dans de sud de l'Alberta ou d'autres régions où l'irrigation est utilisée pour le blé.
Bulletins/articles mettant en vedette les avancées des travaux liés aux biopesticides Accroître la probabilité d'adoption des biopesticides par les producteurs Blé 10 000 100 % Contribue à mieux informer les intervenants et à accroître leur participation ce qui peut favoriser l'adoption plus rapide de l'outil.
[1] Ne comprennent que les cultures ciblées par la stratégie. Les répercussions pourraient être plus importantes si on envisage toutes les cultures mentionnées dans les recommandations d'utilisation indiquées sur les étiquettes des produits.
[2] Superficie de cultures indiquées ensemencée au Canada en 2014.

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