Stratégie à risque réduit pour la lutte contre la sclérotiniose

Pour tout renseignement sur le contenu de la stratégie, veuillez contacter :

le Programme de réduction des risques liés aux pesticides Centre de la lutte antiparasitaire, Agriculture et Agroalimentaire Canada
pmc.cla.info@agr.gc.ca

Mars, 2014

Avant-propos

Les stratégies de réduction des risques liés aux pesticides sont élaborées dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides (PRRP), une initiative conjointe d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Ce programme vise principalement la réduction, pour la santé humaine et l'environnement, des risques associés à l'utilisation de pesticides en production agricole. Pour atteindre cet objectif, les responsables du programme collaborent avec des groupes de producteurs, l'industrie, les gouvernements provinciaux et des chercheurs en vue, d'une part, de cerner les lacunes de la lutte antiparasitaire et les possibilités de réduction des risques liés aux pesticides et, d'autre part, d'élaborer et d'appliquer des stratégies à cette fin.

Les stratégies de réduction des risques liés aux pesticides sont des plans détaillés qui sont développés en consultation avec des intervenants. Elles visent à proposer aux producteurs des moyens de lutte et des pratiques à risque réduit contre certains enjeux antiparasitaires. Le présent document informe les intervenants de l'évolution des activités appuyées par le PRRP dans le cadre du développement et de la mise en œuvre de la stratégie présentée ici, et des nouveaux outils et pratiques issus de ce processus.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le site web du Centre de la lutte antiparasitaire : www.agr.gc.ca/cla

Remerciements

Le Programme de réduction des risques liés aux pesticides remercie la contribution de tous les intervenants et organismes participants, surtout les membres des Groupes de travail sur la lutte contre la sclérotiniose: Mark Goodwin (Pulse Canada); Greg Boland, Chris Gillard, Mary Ruth McDonald et Kevin Vander Kooi (Université de Guelph); Jim Bessel, Mathew Stanford et Chris Anderson (Conseil canadienne du canola); Ron Howard et Murray Hartman (Ministère de l'Agriculture et Développement Rurale de l'Alberta); Yves Dopper et Casey Kooman (Association des producteurs des cultures légumineuses de l'Alberta); Bruce Brolley et Philip Northover (antécédent) (Ministère de l'Agriculture, alimentation et initiatives rurales du Manitoba); Tammy Jones et Shawn McCutcheon (Association des producteurs des cultures légumineuses de Manitoba); Kevin Sanderson, Debbie McLaren et Vicky Toussaint de l'Agriculture et Agroalimentaire Canada); Mike Donnelly (producteurs des cultures légumineuses en Ontario); Mario Leblanc (Ministère de l'Agriculture, Pêcherie et Alimentaire du Québec); Ron Pitblado (décède) et Ian Nichols (Weather Innovations Incorpated); Jean Bernard Van Winden (producteurs des carotte au Québec); Gerald Dykerman (producteur des carotte a Île de Prince Éduard); Angus Ells (Oxford Frozen Foods, Nouvelle Écosse); Blair Roth, Jim Rex, Owen Cleland, et Coreen Franke (Viterra); et Ken Coles (Farming Smarter).

Sommaire

La sclérotiniose est une grave maladie qui limite la production de nombreuses cultures de grande importance économique dans le monde. Le présent rapport résume les efforts de collaboration et les progrès des activités entreprises dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides depuis 2003, à l'appui de l'élaboration et de la mise en œuvre d'une stratégie à risque réduit pour la lutte contre la sclérotiniose dans les grandes cultures et les productions légumières au Canada. Cette stratégie vise à minimiser le besoin à utiliser des fongicides pour la sclérotiniose, tout en aidant les producteurs à réaliser une gestion viable de la maladie et à assurer la rentabilité de leurs production.

Cette stratégie a été élaborée grâce aux consultations et à la collaboration avec des intervenants pertinents, notamment des producteurs, des spécialistes provinciaux, des chercheurs et des représentants de l'industrie. Bon nombre de ces intervenants et spécialistes ont participé aux plusieurs groupes de travail dirigés par le Programme et chargés de définir les éléments particuliers de la stratégie de la sclérotiniose. Dans le cadre d'élaboration de la stratégie, on a cerné les risques liés aux pesticides et les enjeux en matière de lutte contre la maladie, on a discuté et priorisé des solutions à risque réduit qui permettraient de régler ces enjeux, puis on a mis au point un plan d'action pour développer et mettre en œuvre ces solutions. Un tel processus a fourni le cadre de travail nécessaire pour le financement du programme livré par le truchement du Centre de la lutte antiparasitaire (CLA) d'AAC.

Pour appuyer la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la sclérotiniose, le CLA a financé une dizaine de projets (six projets de réduction des risques et quatre projets portant sur des produits à usage limité) et fourni de l'assistance réglementaire en vue de l'homologation de produits. Quelques résultats clés de bénéfice pour les producteurs sont, notamment :

  • l'homologation des cinq nouveaux usages de fongicides
  • l'homologation de deux nouveaux biofongicides, y compris de plusieurs usages des cultures
  • l'établissement du taillage des feuilles comme une technique culturale de lutte contre la sclérotiniose de la carotte
  • un guide de champ pour le dépistage et l'identification des risques de la sclérotiniose

Le tableau 2 présenté ci-dessous fournit des renseignements plus détaillés sur les nouvelles technologies découlant de cette stratégie. Ces résultats ont été communiqués et démontrés aux producteurs en vue de favoriser l'adoption des nouvelles technologies.

Enjeux relatifs à la lutte antiparasitaire et à la réduction des risques liés aux pesticides

La sclérotiniose est causée par le champignon pathogène Sclerotinia sclerotiorum. Ce champignon peut persister plusieurs années dans le sol sous forme des corps dur de sclérote, et capable à infecter les tissus de la plante soit par le mycélium ou les ascospores aéroportées. La maladie peut se développer rapidement par temps froid et humide, surtout lorsque ces périodes coïncident avec des couverts végétaux denses et logés. La sclérotiniose peut causer d'importants dommages dans les champs et en entrepôt, réduisant ainsi le rendement des cultures et les possibilités de commercialisation.

La lutte durable contre la sclérotiniose est essentielle à la viabilité de nombreuses cultures de grande importance économique qui sont vulnérables au S. sclerotiorum. Traditionnellement, les producteurs ont eu recours à de nombreuses applications des quelques fongicides chimiques homologues pour la sclérotiniose. Toutefois, certains fongicides anciens ont fait l'objet d'une réévaluation par l'agence fédéral de la réglementation des pesticides et certaines utilisations en ont déjà été graduellement retraitées au Canada. L'utilisation fréquente des produits chimiques restants peut aussi causer le développement de la résistance chez le pathogène. En fait, on a déjà signalé des cas de résistance de S. sclerotiorum à certains produits.

Le principal problème identifié par cette stratégie étais l'absence d'un éventail diversifié d'options alternatives pour remplacer les produits perdus et de permettre la lutte durable contre la sclérotiniose.

C'est pourquoi cette stratégie se concentre sur l'accroissement de l'accès des producteurs à des nouveaux produits, outils et pratiques de lutte antiparasitaire à risque réduit qui sont nécessaires pour remplacer ou minimiser l'utilisation des fongicides, ainsi que permettre la mise en place de systèmes de lutte intégrée contre la maladie.

La stratégie

Groupes de travail

Des mesures sont prises pour aborder conjointement les questions de réduction des risques et de lutte antiparasitaire dans les cultures au sein desquelles la sclérotiniose a été désignée comme une priorité nationale, c'est-à-dire le canola, le haricot sec, la carotte et la fève de soja. Bien que les solutions élaborées ciblent ces cultures particulières, on s'attend à ce qu'elles puissent également s'appliquer aux autres cultures touchées par la sclérotiniose.

Deux groupes de travail ont été mis sur pied en 2006 pour aider le Programme à concevoir des plans d'action relatifs à la lutte contre la sclérotiniose dans des cultures particulières, soit le Groupe de travail sur la sclérotiniose du haricot sec et le Groupe de travail sur la sclérotiniose de la carotte, qui réunissent les principaux experts et intervenants des industries visées. La sclérotiniose du canola a été pris en charge par le Groupe de travail créé en 2006 par le Conseil canadien du canola, dans le cadre d'une approche élargie visant les principaux ravageurs du canola. Les intervenants du secteur du soja n'ont pas jugé nécessaire de créer un groupe de travail spécifique sur la fève de soja, compte tenu de l'expertise qui se recoupe et des avantages escomptés à la suite des travaux relatifs aux autres productions ciblées.

En mai 2008, on a créé un sous-groupe spécial pour mettre en œuvre une initiative visant à promouvoir l'adoption de biopesticides nouvellement homologués (ContansMD et Serenade MaxMD) dans le cadre d'une approche intégrée de lutte contre la sclérotiniose du haricot sec et du canola. Ce groupe a aidé le Programme à désigner des collaborateurs compétents et des lieux d'essai, puis à établir des protocoles en vue d'un projet de mise en œuvre de biofongicides à la ferme pour la région irriguée du sud de l'Alberta.

Lacunes et enjeux prioritaires

Depuis leur création, les groupes de travail sur le haricot sec et la carotte ont participé à de nombreuses séances de consultation qui ont permis de cerner les cinq grandes préoccupations sur lesquelles la stratégie devrait se pencher en priorité. Les lignes qui suivent résument ces priorités, ainsi que les solutions proposées au fil des années.

Absence de solutions de rechange en matière de lutte dans la trousse d'outils

Chaque fois que l'utilisation d'un produit a été interdite (p. ex., la vinclozoline), les producteurs ont fait face à de nouveaux défis en ce qui a trait à la lutte contre la sclérotiniose, disposant de très peu de solutions chimiques pouvant les aider à protéger leurs rendements. Il était donc nécessaire de remplacer les produits chimiques interdits par de nouveaux fongicides à moindre risque et de permettre la rotation adéquate des groupes de fongicides existants. Cette nécessité était particulièrement criante dans le cas des cultures pour lesquelles il n'existait aucune option de fongicide (carotte et fève de soja).

Des pratiques efficaces et des outils compatibles avec la lutte antiparasitaire intégrée étaient également nécessaires pour soutenir une approche systémique qui réduit la dépendance aux fongicides. Par exemple, des recherches précédentes ont montré que l'ouverture du couvert végétal par le taillage latéral du feuillage des carottes peut améliorer la circulation d'air et réduire la moisissure, rendant ainsi l'environnement moins propice au développement de parasites pathogènes et de maladies. D'autres travaux ont toutefois été nécessaires pour déterminer l'efficacité et la viabilité du taillage pour supprimer la sclérotiniose des cultures commerciales de carottes.

Accès insuffisant aux biopesticides

Divers biopesticides (p. ex., ContansMD et Serenade MaxMD) permettant de lutter contre la sclérotiniose étaient disponible aux producteurs dans d'autres pays, mais n'étaient pas encore accessible au Canada. Étant approprié pour des systèmes de lutte intégrée, on a déterminé qu'il était nécessaire de faciliter les demandes d'homologation pour ces produits au Canada.

Manque de connaissances pertinentes sur la maladie et les parasites

L'identification exacte du champignon parasite S. sclerotiorum, qui permet de déterminer la présence de pathogènes et le risque de la maladie dans les champs, est essentielle pour la prise de décisions éclairées en matière de gestion. On dénombre cependant plusieurs espèces de champignons développant des organes reproducteurs semblables à ceux du S. sclerotiorum. Si les producteurs n'identifient pas correctement le champignon causant la maladie, il pourrait en résulter des applications non nécessaires de fongicides. On a donc proposé de préparer un guide d'identification pour aider les producteurs à identifier correctement l'agent pathogène et à déterminer les risques de maladie dans les champs.

Méconnaissance du moment propice pour appliquer les fongicides

La plupart des fongicides actuellement utilisés ont une action protectrice et doivent être appliqués avant l'apparition de la maladie afin que leur efficacité soit optimale. Des outils de prévision de la sclérotiniose ont été élaborés dans le passé, mais aucun n'a été validé pour les diverses régions agricoles du Canada. Des outils de prévision et des systèmes de mise en œuvre efficaces, ainsi que des activités d'éducation et de démonstration pertinentes étaient donc nécessaires pour aider les producteurs à cerner avec précision les avertissement de maladie et à suivre les recommandations du moment opportune en matière de pulvérisation de fongicides.

Méconnaissance de l'utilisation appropriée des nouveaux produits

De nouveaux produits antiparasitaires, y compris des biopesticides, sont apparus sur le marché, mais le moment optimal, les taux et les méthodes d'application ne sont pas bien établies. Même lorsque ces paramètres sont connus, les nouveaux produits requièrent souvent un savoir-faire accru pour produire de bons résultats. La méconnaissance de ces paramètres peut entraîner un échec apparent des nouveaux produits à risque réduit et ainsi en limiter l'adoption dans les fermes. ContansMD, par exemple, est un biopesticide qu'on incorpore au sol pour la suppression à long terme des sclérotes, sans effets immédiatement évident sur l'élimination de la maladie. Au nombre des solutions proposées, mentionnons l'éducation des producteurs par le truchement de la formation, de démonstrations et de la préparation de guides sur les approches de lutte intégrée contre la maladie dans les champs. Les producteurs pourront ainsi prendre des décisions éclairées, savoir à quoi s'attendre et utiliser efficacement les produits.

Plan d'action

À la lumière de ces enjeux et des solutions proposées, on a élaboré un plan d'action conjoint pour toutes les cultures ciblées. Résumé dans le tableau 1 ci dessous, ce plan d'action comprend les objectifs de la stratégie, les jalons et les solutions particulières que les groupes de travail ont proposés, ainsi que les progrès des activités de recherche et de développement menées par le Programme en vue de faire progresser la mise en œuvre de la stratégie.

La stratégie définit trois objectifs qui ciblent les cinq priorités décrites ci-dessus (tableau 1) :

  • combler le fossé technologique en mettant en place des solutions de lutte à risque réduit
  • réduire l'utilisation des fongicides par meilleurs processus de prise de décisions éclairées
  • transfert des nouvelles solutions à risque réduit et en faciliter l'adoption par les producteurs.
Tableau 1 Plan d'action pour la mise en œuvre d'une stratégie à risque réduit de lutte contre la sclérotiniose dans les grandes cultures et les productions légumières au Canada : état des progrès (Mars 2014).
Légende : Le projet portant sur un jalon particulier est terminé (Terminé)
Objectif Cible Étape État Activités de mise en œuvre Date d'achèvement
Objectif 1. Combler le fossé technologique en mettant en place des solutions de lutte à risque réduit. 1.a Accroître l'accès à de nouveaux moyens d'action, y compris des biopesticides Homologuer de nouveaux fongicides Terminé Le projet relatif aux pesticides à usage limité AAFC05-053 a produit des données d'efficacité à l'appui de l'homologation d'Allegro (fluaziname) pour le traitement des carottes en champ. L'utilisation d'Allegro a été approuvée en 2010. 2005-2008
Terminé Le projet relatif aux pesticides à usage limité AAFC07-043 a produit des données d'efficacité à l'appui de l'homologation d'Allegro (fluaziname) pour le traitement du haricot sec. L'utilisation d'Allegro a été approuvée en 2008 pour le haricot mange-tout et en 2009 pour le haricot sec. 2007-2009
Terminé Le projet relatif aux pesticides à usage limité AAFC04-056 a produit des données d'efficacité à l'appui de l'homologation de Lance (boscalide) pour le traitement du canola. Il s'agissait d'un projet conjoint avec le titulaire de l'homologation, qui s'est chargé d'une grande partie du travail. L'utilisation de Lance a été approuvée en 2007 pour le canola. 2004-2006
Terminé Le projet relatif aux pesticides à usage limité AAFC08-013 a produit des données d'efficacité à l'appui de l'homologation de Scholar 230SC (fludioxonil) à titre de traitement post-récolte contre la sclérotiniose des carottes en entrepôt. L'utilisation de Scholar a été approuvée en 2013. 2008-2012
Examiner les options de lutte biologique Terminé Le projet BPI06-190 visait à évaluer l'efficacité du fongicide Contans (Coniothyrium minitans) pour supprimer les sclérotes de S. sclerotiorum dans le sol et la sclérotiniose de la carotte. Les traitements au Contans ont permis de détériorer les sclérotes dans des conditions contrôlées, mais ne semblent pas avoir eu des effets similaires dans les champs. Bien incorporer le produit au sol (p. ex., en effectuant un travail superficiel du sol) peut optimiser l'efficacité de ce biofongicide. 2006-2008
Terminé Le projet PRR03-380 visait à évaluer l'efficacité d'une souche de Coniothyrium minitans indigène au Manitoba afin d'éliminer les sclérotes dans les sols et de lutter contre la sclérotiniose du haricot sec et du canola. La souche de C. minitans a réduit l'incidence de la sclérotiniose de 75 % (haricot sec) et de 84 % (canola), ce qui était comparable au fongicide standard. D'autres travaux seront nécessaires en vue d'offrir cette souche sur les marchés. 2003-2007
Homologuer de nouveaux biofongicides Terminé Le Programme a fourni un appui réglementaire aux titulaires d'homologation pour aider à la collecte et à la soumission des données pour l'homologation au Canada des biofongicides Serenade Max (AgraQuest Inc.) et Contans (Prophyta GmbH). Serenade Max a été homologué en 2007 et Contans a été homologué en 2009. Les étiquettes des deux produits mentionnent qu'ils peuvent être utilisés pour de nombreuses cultures. 2006-2008
1.b Accroître l'accès aux méthodes culturales de lutte antiparasitaire Évaluer la technologie du taillage du feuillage de la carotte pour les cultures commerciales Terminé Le projet PRR06-310 visait à évaluer l'efficacité et la viabilité économique d'un appareil mécanique de taillage du feuillage des carottes pour lutter contre la sclérotiniose dans les champs en Î.-P.-É. À l'aide d'une faucheuse construite sur mesure, on a réussi à réduire la maladie sans recourir aux fongicides et sans nuire à la production. La méthode du taillage a fait l'objet de démonstrations dans des exploitations locales et de visites de champs. 2006-2009
Terminé Le projet PRR09-010 a permis de démontrer la viabilité économique de la technologie du taillage du feuillage pour lutter contre la sclérotiniose sous les conditions de production agricole de l'Ontario. À l'aide d'un appareil de fauchage adapté (du modèle de l'Î.-P.-É.), on a réussi à réduire efficacement l'incidence de la maladie sans nuire à la production. 2009-2012
Examiner les pratiques culturales de lutte pour le haricot sec et le canola Terminé Le projet PRR03-380 visait à évaluer l'efficacité du taux de semis (densité de plants) et les différences des variétés pour lutter contre la sclérotiniose du haricot sec et du canola. On a ainsi constaté que la maladie est moins fréquente pour les cultivars à port dressé et résistants à la verse et pour de plus faibles densités de plants. La sélection des cultivars et les taux de semis peuvent donc représenter d'importantes options de lutte afin de minimiser les risques de sclérotiniose. 2003-2007
Objectif 2. Réduire l'utilisation des fongicides par meilleurs processus de prise 2.a Améliorer la capacité des producteurs à identifier le pathogène et à cerner les risques de maladie Produire des guides pratiques illustrés Terminé Le projet PRR05-130 a élaboré une fiche d'identification des maladies du canola et d'évaluation des risques de sclérotiniose (PDF externe, en anglais seulement) afin d'aider les producteurs et les conseillers en culture à identifier les apothécies du S. sclerotiorum-italicize dans le champ, à évaluer le risque de maladie et à prendre des décisions de gestion éclairées quant à la nécessité des pulvérisations de fongicides et au moment propice pour le faire. Près de 15 000 exemplaires de la fiche ont été imprimés et distribués aux producteurs de canola, aux conseillers en culture et aux négociants agricoles. 2005-2006
2.b Préciser le moment de pulvérisation des fongicides Élaborer des mécanismes efficaces de prévision des maladies Terminé Le projet PRR03-380 visait à mettre à l'essai une version modifiée du système Bailey d'alerte et de prévision de la sclérotiniose afin de mieux prévoir le bon moment et minimiser les pulvérisations non nécessaires de fongicides sur le haricot sec. On est parvenu à mieux contrôler la maladie en trouvant le bon moment pour la pulvérisation, comme l'indique le modèle. De plus amples travaux seront nécessaires afin de commercialiser cet outil. 2003-2007
Objectif 3. Transférer des nouvelles solutions à risque réduit et en faciliter l'adoption par les producteurs Une cohorte de producteurs connaissant les nouvelles approches de lutte contre la sclérotiniose et capables de les mettre en oeuvre correctement Publier les résultats des projets Terminé Le projet PRR06-310 d'AAC a permis de diffuser des renseignements relatifs à la technologie du taillage du feuillage et à ses avantages grâce à la publication des fiches d'information L'effeuillage réduit la pourriture d'entrepôt de la carotte et Technologie du matériel utilisé pour faucher le feuillage des carottes. D'autres canaux de communication ont également été utilisés pour sensibiliser davantage les producteurs et promouvoir l'adoption de la technologie du taillage, notamment des visites des champs, des présentations de producteurs, des vidéos, des annonces radiophoniques et des articles de presse sur les exploitants agricoles. 2006-2009
Terminé Dans le cadre du projet BPI06-190 un certain nombre de présentations et une journée champêtre ont eu lieu pour démontrer les avantages de la lutte biologique au moyen de Contans et évaluer l'adoption éventuelle de cette technologie par les producteurs. 2006-2008
Démontrer la viabilité et l'utilisation intégrée des nouveaux outils et des nouvelles pratiques Terminé Dans le cadre du projet BPI08-030 on a procédé à des démonstrations à la ferme de l'utilisation des biofongicides récemment homologués (Contans et Serenade) dans le cadre d'une approche intégrée de lutte contre la sclérotiniose du haricot sec et du canola dans la région irriguée du sud de l'Alberta. Dans certains cas, l'utilisation combinée de Contans et de Lance a permis de bénéficier d'avantages supérieurs en matière de rendement. Les résultats du projet ont été communiqués aux producteurs par le truchement de journées champêtres, de marches d'inspection des cultures et de publications locales de vulgarisation agricole. 2008-2011

Résultats attendus

Les principaux résultats attendus de la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la sclérotiniose sont les suivants :

  • Le soutien offert par le Programme des pesticides à usage limité relativement à la production de données d'efficacité et à la soumission de dossiers réglementaires a permis l'homologation des cinq nouvelles utilisations de fongicides : Allegro (pour la carotte, le haricot sec et le haricot mange-tout), Scholar (pour la carotte) et l'ajout du canola sur l'étiquette de Lance.
  • L'aide relative à la réglementation qui a été fournie en vue de la préparation et soumission des dossiers de demande a mené à l'homologation de deux nouveaux biopesticides, Contans et Serenade Max, pour la lutte contre la sclérotiniose de dix et de quatre cultures, respectivement.
  • Le soutien fourni a permis de valider et de démontrer l'efficacité du taillage du feuillage comme pratique culturale permettant de minimiser, ou dans certains cas, remplacer la nécessité de procéder à des pulvérisations de fongicides pour lutter contre la sclérotiniose de la carotte. Le taillage du feuillage est désormais une pratique normalisée dans bon nombre d'exploitations agricoles de production de carottes des provinces de l'Atlantique et de l'Ontario, ainsi que de l'extérieur du Canada.
  • Des essais de démonstration et des activités de vulgarisation ont permis d'informer les producteurs à propos de l'utilisation des nouveaux biopesticides et de la technologie du taillage du feuillage des carottes.
  • Deux fiches d'information publiées par le Programme ont contribué à diffuser des renseignements sur la technologie du taillage du feuillage des carottes et à favoriser le transfert de cette technologie auprès des producteurs.
  • Le soutien fourni a permis de publier un guide de dépistage de la sclérotiniose et d'identification des risques de maladie pour aider les producteurs de canola à prendre des décisions de gestion éclairées dans les champs.
  • Par le truchement de consultations, de recherches concertées, de projets de démonstration et de la diffusion d'information à grande échelle, une vaste cohorte de producteurs et de conseillers en culture ont été sensibilisés aux nouveaux outils et informés à propos de la lutte durable contre la sclérotiniose.

Impacts de la stratégie : passées et présentes

Le travail effectué relativement à la présente stratégie et le soutien fourni par le Programme ont permis de diversifier l'éventail des produits, des outils et des pratiques à la disposition des producteurs, élargissant ainsi la trousse d'outils de lutte contre la sclérotiniose au Canada. Au moment de la mise en place de la stratégie, en 2003, les solutions de lutte adaptées aux cultures cibles ne comprenaient que six fongicides chimiques, dont quatre étaient de vieux produits devant être soumis à une réévaluation et dont aucun n'avait été homologué pour la carotte ou la fève de soja. Au terme d'un engagement soutenu de neuf ans envers l'application de cette stratégie, cinq nouveaux moyens d'action - portant à dix-neuf le total des utilisations de fongicides et de biopesticides-, ainsi que de nouvelles pratiques et de nouveaux outils de lutte ont été ajoutés à cette trousse d'outils, tandis que l'utilisation des fongicides à risque élevé a été graduellement éliminée.

Comme l'indique le tableau 2, la mise en œuvre de ces nouvelles solutions pourrait avoir des répercussions positives sur de vastes superficies de cultures aux chapitres de la réduction des risques liés aux pesticides et de la lutte durable contre la sclérotiniose.

Tableau 2 Éventuels impacts des solutions élaborées dans le cadre de la stratégie de lutte contre la sclérotiniose
Solution Mécanisme de réduction des risques liés aux pesticides Cultures* auxquelles la solution s'applique Surface cultivée totale** (millier d'hectares) Éventuelle superficie au la solution pourrait être adoptée (%) Avantages supplémentaires / Commentaires
*Ne comprennent que les cultures ciblées par la stratégie. Les répercussions pourraient être plus importantes si on envisage toutes les cultures mentionnées dans les recommandations d'utilisation indiquées sur les étiquettes des produits.
**Superficie de cultures indiquées ensemencée au Canada en 2012.
Nouveaux biopesticides (Contans et Serenade) Réduit la dépendance aux pesticides traditionnels Carotte, canola et haricot sec 8 720 100 Protection des organismes non ciblés et bénéfiques; mise en place de systèmes de lutte intégrée; rotation avec d'autres moyens d'action; gestion de la résistance; atténuation des problèmes liés aux délai de sécurité après le traitement (DSAT), délai d'attente avant la récolte (DAAR) et limites maximales de résidus (LMR).
Nouveaux fongicides Utilise des taux d'application inférieurs à ceux des vieux produits chimiques Carotte, canola et haricot sec 8 720 100 Rotation des nouvelles solutions et d'autres moyens d'action; gestion de la résistance.
Taillage du feuillage de la carotte Prévente la maladie et réduit la nécessité d'utiliser des produits de lutte antiparasitaire Carotte 20 85 Réduction des coûts de production grâce à l'utilisation réduite des fongicides appropriés aux productions traditionnelles et biologiques; potentiel d'adoption accru dans l'Est du Canada en raison des périodes prolongées de conditions d'humidité et d'entreposage.
Fiches d'information sur le taillage du feuillage de la carotte Augmente la probabilité d'adoption de la technologie du taillage du feuillage de la carotte par les producteurs Carotte 20 85
Sélection des meilleurs cultivars et densité de semis Prévente la maladie et réduit la nécessité d'utiliser des pesticides traditionnels Haricot sec et canola 8 700 100 Mise en place de systèmes de lutte antiparasitaire intégrée; gestion de la résistance.
Outil d'identification et d'évaluation des risques de maladie Évite les pulvérisations inutiles. Canola 8 600 100 Mise en place de systèmes de lutte antiparasitaire intégrée; amélioration du processus de prise de décisions; amélioration des calendriers de pulvérisation et de l'efficacité des produits de lutte.

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Stratégie à risque réduit pour la lutte contre la sclérotiniose (version PDF, 122 Ko)

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