Utilisation de plantes pièges comme option de lutte à risque réduit contre les thrips dans les serres ornamentales

Code de projet : MUR06-090

Chef de projet

Les Shipp - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Évaluer l'efficacité de plantes pièges traitées ou non avec un pesticide (Spinosad) contre le thrips des petits fruits dans les cultures de chrysanthèmes en pot

Sommaire de résultats

Le thrips des petits fruits (Frankliniella occidentalis Pergande) (Thysanoptera: Thripidae) est un important ravageur des plantes ornementales cultivées en serre. Dans les serres ornementales, la lutte contre ce ravageur repose principalement sur l'utilisation de pesticides chimiques, mais cette stratégie empêche l'introduction de méthodes de lutte biologique. Le thrips des petits fruits était en effet la cible de 68 % de tous les traitements insecticides réalisés par les producteurs de chrysanthèmes en pot. L'utilisation de plantes pièges (c.-à-d. plantes plus attractives pour le ravageur que les plantes cultivées) constitue une nouvelle option de lutte en serriculture ornementale et une précieuse addition aux stratégies existantes de lutte intégrée et de réduction des risques.

Dans le cadre de ce projet, nous avons étudié plusieurs facteurs qui peuvent influer sur l'efficacité des plantes pièges. Dans des essais avec choix, les chrysanthèmes à fleurs jaunes se sont révélés plus attractifs pour les thrips adultes que les gerberas ou les aubergines. Les chrysanthèmes en fleur ont également été préférés aux chrysanthèmes sans fleurs, en bouton ou en bouton en train d'éclater. Les chrysanthèmes en fleur peuvent donc être utilisés comme plantes pièges pendant presque tout le cycle de production. Les plantes pièges se sont révélées particulièrement attractives pour les thrips en dispersion, les thrips déjà installés sur une plante étant moins portés à se déplacer. Il est donc important de placer les plantes pièges dans des sections de la serre où les thrips se dispersent ou se déplacent activement, comme devant les panneaux de ventilation ou dans les entrées de porte ou encore entre des groupes de plantes en fleur et des groupes de plantes au stade végétatif. Des essais menés en serre dans de grandes cages ont montré que l'utilisation de chrysanthèmes en fleur comme plantes pièges peut entraîner l'élimination des populations de thrips dans les cultures de chrysanthèmes au stade végétatif et ainsi contribuer à réduire les dommages causés aux cultures. Un essai commercial réalisé chez un producteur de chrysanthèmes en pot appliquant des pratiques horticoles commerciales a montré que l'utilisation de plantes pièges permet de réduire les populations de thrips et les infestations naturelles de thrips. La pulvérisation d'un insecticide à risque réduit comme le spinosad (Success) sur les plantes pièges n'a pas donné de meilleurs résultats que le remplacement des plantes pièges chaque semaine. Ces résultats donnent à croire que les thrips demeurent sur les plantes pièges et ne retournent pas sur les plantes cultivées. Nous avons également évalué l'efficacité d'une stratégie alliant l'utilisation de plantes pièges à l'application d'un agent de lutte biologique (le champignon entomopathogène Beauveria bassiana ou l'acarien prédateur Amblyseius swirskii). Ces expériences se sont cependant révélées peu concluantes, et des essais plus poussés devront être entrepris.

Les résultats obtenus dans le cadre de ce projet indiquent que l'utilisation de plantes pièges pourrait permettre de réduire de 85 à 100 % les pulvérisations d'insecticides contre le thrips des petits fruits dans les serres ornementales. Une telle réduction permettrait aux producteurs d'utiliser un plus grand nombre d'agents de lutte biologique contre les autres ravageurs serricoles et d'ainsi réduire encore davantage les quantités de pesticides chimiques requises pour la production des cultures. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue commerciale Greenhouse Canada et la revue scientifique Environmental Entomology.

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