Évaluation de méthodes de lutte à risque réduit contre les graminées annuelles infestant les champs de maïs sucré

Code de projet PRR07-040

Chef de projet Robert Nurse - Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Étudier l'utilisation de plantes protectrices en tant que méthode de lutte contre les mauvaises herbes dans la culture du maïs sucré; évaluer les bienfaits possibles pour l'environnement de cette méthode de lutte; communiquer les conclusions de l'étude

Sommaire des résultats

Contexte

Le maïs sucré est la culture légumière la plus abondamment cultivée au Canada, et la lutte contre les mauvaises herbes, que l'on mène à bien grâce à l'utilisation de pratiques culturales et de traitements aux herbicides, constitue une composante coûteuse de la production de maïs sucré. La culture d'une plante protectrice comme « plante de couverture » entre les rangs de maïs sucré peut constituer une solution de rechange aux pratiques culturales traditionnelle et à l'utilisation d'herbicides, offrant une protection contre le compactage et l'érosion du sol tout en éliminant les mauvaises herbes.

Les personnes qui profiteront principalement des renseignements recueillis dans le cadre de la présente étude sont les cultivateurs canadiens de maïs sucré. L'utilisation de traitements appropriés à la suite de cette étude pourrait réduire les coûts liés aux pesticides et l'utilisation de ceux-ci, et améliorer la sécurité environnementale.

Méthodes

Des essais de recherche ont été réalisés de 2007 à 2009 afin d'évaluer l'efficacité de plusieurs plantes protectrices pour la lutte contre les graminées annuelles dans la culture du maïs sucré. Les trois plantes protectrices évaluées étaient les haricots adzuki, le seigle d'automne (semailles du printemps), et les radis oléagineux; utilisées seules ou avec un herbicide. Les différents traitements ont été comparés à un champ témoin exempt de mauvaises herbes traité selon les normes de l'industrie. Les haricots adzuki ont été associés à une application en pré-levée de s-metolachlore et de linuron; le seigle d'automne a été associé au saflufénacil en pré-levée; et les radis oléagineux à la pendiméthaline en pré-levée. Un champ témoin exempt de mauvaises herbes (normes de l'industrie) a été établi en appliquant du s-metolachlor/atrazine en pré-levée et du nicosulfuron et de l'Agral 90 en post-levée. On a aussi comparé les résultats obtenus en traitant avec chaque herbicide seul, sans plante protectrice. Des essais ont été effectués dans deux régions canadiennes où le maïs sucré est principalement cultivé, en Ontario et au Québec. Deux endroits ont été choisis en Ontario pour représenter différentes unités thermiques de croissance et différents types de sols.

Résultats

En 2007, les plantes protectrices ont été plantées en même temps que le maïs, ce qui a entraîné un haut niveau de compétition interspécifique et des rendements inacceptables. Pour cette raison, les données de 2007 ont été rejetées de l'étude. Ce problème a été corrigé en 2008 au moyen de l'ensemencement excédentaire des plantes protectrices lorsque le maïs avait atteint le stade de 5 feuilles, qui correspond à la fin de la période critique sans mauvaises herbes.

Plantées seules et sans herbicide, les trois plantes protectrices ont permis de réduire la biomasse de toutes les espèces de mauvaises herbes faisant partie de l'étude, en comparaison avec un champ où l'on a utilisé des semences non traitées, mais pas en comparaison avec la norme de l'industrie ou les herbicides. Les meilleurs choix de plantes protectrices pour la lutte contre les mauvaises herbes sans utiliser d'herbicides étaient le seigle d'automne et le radis oléagineux. Lorsque les plantes protectrices étaient associées avec un herbicide, les haricots adzuki constituaient la plante protectrice la plus efficace. Les rendements globaux du maïs sucré avec l'utilisation de plantes protectrices étaient comparables aux traitements aux herbicides ou à la norme de l'industrie.

L'association d'un herbicide avec une plante protectrice a réduit d'environ 50 % les répercussions sur l'environnement du système de lutte contre les graminées annuelles. Alors que les systèmes de plantes protectrices utilisés seuls ont donné des résultats moindres par rapport à la norme de l'industrie, ils ont quand même donné lieu à des rendements équivalents et pourraient donc représenter une option sans pesticide pour les cultivateurs.

Cette étude a montré que le seigle d'automne semé au printemps et le radis oléagineux peuvent représenter de bons choix pour la lutte contre les mauvaises herbes au moyen de plantes protectrices, même sans l'utilisation d'un herbicide. Cela pourrait entraîner une réduction considérable des pesticides dans la culture du maïs sucré. De plus, les haricots adzuki ont considérablement réduit la biomasse de graminées annuelles lorsqu'ils étaient associés à un herbicide. À l'avenir, le travail devra porter sur l'atteinte de taux optimaux en ce qui a trait aux plantes protectrices utilisées en combinaison avec des taux réduits d'herbicides.

Les résultats de l'étude ont été diffusés grâce à divers moyens, dont une série de visites guidées, une présentation à la réunion de la Société canadienne de malherbologie et une affiche au salon des fruits et des légumes de l'Ontario.

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