La biodiversité peut protéger les espèces en péril
Semaine canadienne de l'environnement - 31 mai au 5 juin, 2010
L'agriculture et la biodiversité peuvent coexister en harmonie. Vous n'avez qu'à le demander à Heather Wiebe, constamment émerveillée par les liens qu'elle découvre entre les écosystèmes naturels et la gestion agricole, dans son travail de spécialiste en vulgarisation de la biodiversité, à la Section des parcours naturels et de la biodiversité de Regina.
Ou encore, demandez à l'analyste de la biodiversité Erl Svendsen de Saskatoon, lui qui est bien conscient du défi que représente la tenue d'activités de recherche dans un cadre de protection des espèces en péril (EEP) pour les centres de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
C'est une question à laquelle le Programme des pâturages communautaires (PPC), institué dans les années 1930 pour remettre en état des zones de prairies gravement dégradées, vise à répondre. Ce programme dirigé par AAC gère 929 000 hectares de terres, qui renferment 85 grands pâturages communautaires en Saskatchewan, au Manitoba et en Alberta. C'est un des nombreux programmes d'AAC qui veillent à la protection et à l'amélioration de la biodiversité, par le biais de pratiques efficaces de gestion.
Le PPC englobe - et c'est ici qu'entre en jeu la part de la coexistence harmonieuse - le pâturage de 210 000 vaches, veaux, taureaux et chevaux sur des terres abritant des écosystèmes de pâturage fragiles et de nombreuses EEP. Le pacage du bétail est symbiotiquement lié à la survie de nombreuses EEP. En guise d'exemple, la chevêche des terriers choisit son habitat parmi les pâturages broutés suffisamment bas pour voir les prédateurs; en outre, elle dépend, pour enrober son nid, des excréments des grands herbivores comme le bétail.
AAC a élaboré pour le PPC des outils, comme un calendrier qui indique les périodes de l'année où les EEP sont le plus sensibles aux dérangements, des fiches techniques portant sur diverses espèces, des cartes interactives et des recommandations de retrait visant les infrastructures. La Section (qui fait partie de la Direction générale des services agroenvironnementaux) travaille aussi avec des centres de données provinciales sur la conservation et d'autres spécialistes pour s'assurer qu'ils utilisent la meilleure information disponible.
Les EEP peuvent aussi influencer la recherche qu'entreprend le Ministère, de façon très concrète et directe. À ce jour, 33 EEP ont été documentées sur sept terrains de recherches d'AAC en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et au Québec. Ces découvertes nous ont obligé à sensibiliser davantage les employés travaillant à ces endroits; elles ont des retombées en recherche, en gestion et en entretien de l'habitat à une plus grande échelle, selon M. Svendsen.
Ces centres de recherche d'AAC s'inscrivent dans une perspective d'ensemble : ce sont les zones sauvages et non cultivées des sites qui abritent des EEP parfois assez rares. Ainsi, un site de recherche en Alberta est le seul endroit au Canada où sont rassemblées des populations autonomes de quatre EEP interdépendantes à des fins de parasitisme ou de reproduction.
AAC a implanté un processus d'évaluation en quatre étapes dans ses fermes expérimentales afin de fournir aux décideurs de l'utilisation du sol l'information dont ils ont besoin pour protéger les EEP. Ces étapes comprennent l'examen des habitats de la faune, la cartographie des habitats par couches successives du Système d'information géographique (SIG), les relevés de terrain et la planification de la gestion.
Il y a aussi une autre partie des travaux de vulgarisation qui se rattache davantage à la recherche qui aidera le producteur agricole à accroître ses rendements tout en conservant la biodiversité.
C'est ainsi que l'écologiste Mark Wonneck de Calgary étudie des moyens par lesquels la biodiversité pourra apporter des bénéfices aux systèmes de production. Monsieur Wonneck dirige des recherches sur la valeur des pollinisateurs sauvages dans les systèmes de production du canola, dans le centre de l'Alberta, recherches qui s'appuient sur des études antérieures laissant croire que le fait de fournir un habitat aux abeilles (c.-à-d., des plantes à fleurs, des sites de nidification et du matériel) peut donner aux services de pollinisation un solide coup de main, qui se reflétera aussi bien sur les cultures que sur les rendements. Il contribue également à des recherches portant sur le rôle des pollinisateurs sauvages dans les écosystèmes de pâturages naturels au pied des Rocheuses. Il espère pouvoir bientôt enquêter sur le rôle de la biodiversité dans la lutte dirigée et contre les maladies, ainsi que sur la fertilité des sols, pour voir s'il existe des moyens qui permettraient aux producteurs de tirer encore un meilleur parti des effets possibles des pollinisateurs sur l'écosystème.
À ce jour, il a fait part de ses conclusions à des producteurs en Alberta, en Colombie-Britannique et dans les provinces de l'Atlantique.
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